Transformation structurelle, numérique et financement : Les priorités africaines réaffirmées à Tanger

Mercredi 1 Avril 2026

À l’occasion de la 58ème session de la Conférence des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique, tenue à Tanger, la secrétaire exécutive adjointe (Programmes) et économiste en chef de la Commission économique pour l’Afrique (Cea), Hanan Morsy, a livré un message au segment du Comité d’experts, mettant en lumière les grandes priorités pour accélérer le développement du continent.


S’adressant aux délégués, elle a salué la qualité des recommandations issues des travaux préparatoires, tout en insistant sur l’urgence de passer à l’action. « L’Afrique doit accélérer sa transformation structurelle grâce à une croissance tirée par l’innovation », a-t-elle déclaré, appelant les Etats à identifier rapidement les secteurs et technologies capables de générer des gains de productivité significatifs à court terme, notamment dans l’agriculture, l’industrie et les services.

Au cœur des enjeux, la question du numérique et de la souveraineté des données a été fortement soulignée. Hanan Morsy a plaidé pour la mise en place de systèmes robustes de gouvernance des données, soutenus par des infrastructures digitales solides, des législations adaptées et une cyber sécurité renforcée. L’objectif : permettre à l’Afrique de peser activement dans les choix technologiques qui façonneront son avenir.

Sur le plan financier, la responsable de la Cea a insisté sur la nécessité de mobiliser des ressources durables tout en renforçant la mobilisation des recettes internes et la gouvernance budgétaire. Elle a également appelé à une action collective pour réformer l’architecture financière mondiale, dans un contexte marqué par des niveaux d’endettement élevés dans plusieurs pays africains.
Autre priorité majeure : l’investissement dans la recherche, le développement et le capital humain. « Il est impératif de doter la jeunesse africaine des compétences numériques et technologiques adaptées à une économie mondiale en mutation rapide », a-t-elle affirmé, mettant en avant le rôle central de l’innovation inclusive.

La coopération régionale a également été identifiée comme un levier clé. La mise en œuvre accélérée de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), le renforcement des systèmes de données géospatiales et une meilleure coordination des positions africaines sur la scène internationale figurent parmi les axes prioritaires évoqués.

Hanan Morsy a également souligné l’importance d’aligner l’Agenda 2063 avec les Objectifs de développement durable, afin de rationaliser les politiques publiques et réduire les coûts pour les Etats.

Enfin, l’économiste a rappelé que « l’avenir de l’Afrique dépendra de sa capacité à innover, à exploiter les données et les technologies, et à traduire les connaissances en politiques économiques transformatrices ». Elle a exhorté les pays à transformer l’élan actuel en actions concrètes aux niveaux national, régional et continental.
Bassirou MBAYE
Actu-Economie

La rédaction

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