REUNION DE COORDINATION ANNUELLE DE LA BSIC : Croissance, expansion et virage numérique en perspective

Mercredi 20 Mai 2026

Le Groupe bancaire panafricain Banque Sahélo-Saharienne pour l'Investissement et le Commerce (BSIC) réunit à Dakar qui abrite la holding régionale, l'ensemble de ses décideurs pour faire le point sur ses performances et tracer les grandes lignes de sa stratégie à moyen terme.


C'est dans la capitale sénégalaise qui abrite sa holding régionale UEMOA que le groupe Banque Sahélo-Saharienne pour l'Investissement et le Commerce (BSIC) a choisi de tenir sa réunion de coordination annuelle, regroupant autour d'une même table le président, le directeur général, la haute direction du groupe et les directeurs généraux de l'ensemble de ses filiales. Un format qui n'est pas anodin : il témoigne du rôle central que la  zone uemoa joue dans l'architecture opérationnelle d'un groupe présent dans 17 pays avec 14 filiales bancaires, 1 SGI, 2 bureaux de représentations).

Mamadou Diouf, Directeur Central du Pôle des participations du Groupe BSIC
Mamadou Diouf, Directeur Central du Pôle des participations du Groupe BSIC
Un bilan qui rassure, des perspectives qui ambitionnent

La réunion a d'abord été l'occasion d'un retour sur l'exercice écoulé et le premier trimestre de l'année en cours. Et les chiffres donnent le ton. Après une croissance de 23 % enregistrée en 2023, le groupe maintient une dynamique soutenue. « La croissance est continue. En 2024, on a connu une belle embellie qui s'est confortée en 2025. On est toujours autour de 15 à 20 % de croissance », a indiqué Mamadou Diouf, Directeur Central du Pôle des participations du Groupe, rencontré en marge des travaux. Des performances qui, souligne-t-il, surpassent la croissance moyenne des marchés financiers et celle des économies dans lesquelles le groupe opère.

Certaines filiales du Groupe semblent particulièrement stratégiques :
  • BSIC Côte d’Ivoire : probablement la locomotive actuelle du groupe dans l’UEMOA, avec une forte progression des activités et des résultats.
  • BSIC Capital : important relais de croissance sur les marchés financiers régionaux .
  • OmniBSIC Bank Ghana: montre la volonté du groupe de consolider et de s’ouvrir aux partenariats .
  • BSIC Sénégal : appelée à jouer un rôle de pilotage régional croissant.
  • BSIC Tchad qui conforte sa croissance dans l’espace CEMAC
 
Un modèle hybride, rare sur le continent

Ce qui distingue fondamentalement BSIC dans le paysage bancaire africain, c'est la combinaison de deux missions que la plupart des institutions séparent. Le groupe est à la fois banque de développement (avec un mandat confié par ses actionnaires, les États membres de la CEN-SAD qui regroupe 25 États africains du pourtour du Sahara et du Sahel) et tête d'un réseau de banques commerciales agréées, opérant dans leurs marchés respectifs avec tous les attributs d'une banque de détail classique.

À ce double levier s'ajoute BSIC Capital basée à Abidjan, qui joue un rôle clé dans l'accompagnement des émissions de titres publics sur le marché régional. « Ce ne sont pas de simples instruments de trésorerie, mais des emprunts obligataires sur des maturités longues, 7 à 10 ans, qui permettent aux États de financer de véritables projets de développement », précise Mamadou Diouf, insistant sur la dimension structurante de ces levées de fonds souvent perçues « à tort » comme de simples opérations de financement courant.

L'expansion comme horizon

Si le présent est jugé satisfaisant, c'est vers l'avenir que les regards se tournent lors de cette réunion dakaroise. Le groupe prépare une deuxième vague d'expansion géographique, après avoir consolidé une première génération de filiales déployées progressivement entre 2004 et 2012. L'Afrique centrale est dans le viseur immédiat : aux deux filiales existantes au Tchad et en République centrafricaine s'ajouteront trois nouvelles implantations à moyen terme, accompagnées d'une structure intermédiaire régionale, sur le modèle de ce qui existe déjà à Dakar pour la zone UEMOA. L'Afrique de l'Est constitue la prochaine frontière, avec des « pays cibles bien particuliers » que le groupe se garde encore de nommer publiquement.

Sur l’espace maghrébin, la stratégie est plus subtile : plutôt que d'installer des filiales bancaires dans des marchés déjà matures comme la Tunisie ou le Maroc, « BSIC privilégie les bureaux de représentation, dont la vocation est de fluidifier les relations entre les entreprises maghrébines en expansion vers l'Afrique subsaharienne et les acteurs locaux accompagnés par le groupe », souligne encore Mamadou Diouf.

Le caractère stratégique de cette vague d’expansion apparait davantage sur le Maroc, avec Casablanca Finance City qui est devenue une porte d’entrée vers l’Afrique, et plusieurs banques marocaines dominent déjà le continent. BSIC veut s’insérer dans cette dynamique d’intégration conformément à sa mission de développement.

PME, digitalisation et intelligence artificielle : les trois chantiers internes

Sur le plan opérationnel, la réunion a permis de dégager trois priorités pour la période à venir. La première est le financement des PME, qualifié de « mandat impératif » par les actionnaires.

D’ailleurs une initiative concrète et inédite à destination des PME sénégalaises serait annoncée bientôt, sans en dévoiler les contours. « C'est une primeur que le Directeur général de BSIC Sénégal  va certainement réserver aux acteurs PME », a glissé Mamadou Diouf, laissant planer une attente palpable autour d'un dispositif que la filiale sénégalaise prépare visiblement depuis plusieurs mois.

La deuxième priorité est la digitalisation des processus et des services bancaires, dans un contexte où la BCEAO pousse à l'interopérabilité entre tous les acteurs financiers de la zone. « Nous nous préparons à cette perspective qui va offrir beaucoup plus de choix et de commodités pour les ménages », a indiqué Mamadou Diouf, précisant que le groupe travaille activement à se mettre à niveau sur ce registre.

Troisième chantier, celui de l'intelligence artificielle et des crypto-actifs, abordé avec une prudence calculée. Sans minimiser les enjeux (la BCEAO vient justement de tenir une conférence internationale sur les crypto-actifs), Mamadou Diouf a opté pour une posture pragmatique : « Capitaliser sur ce qu'il y a de positif, circonscrire les effets négatifs. C'est la capacité d'adaptation aux évolutions qui fait la différence dans la durée. »

Sami GARGOURI, Directeur général de BSIC Sénégal
Sami GARGOURI, Directeur général de BSIC Sénégal
Dakar, hub stratégique d'un groupe qui s'affirme

Au-delà des chiffres et des annonces, c'est le choix de Dakar comme lieu de cette réunion stratégique qui mérite attention. La ville abrite déjà la structure intermédiaire régionale qui supervise les filiales de la zone UEMOA, et la filiale sénégalaise affiche les meilleures performances de croissance du réseau. Dans un contexte économique national difficile, marqué par les tensions budgétaires et les dégradations souveraines, BSIC Sénégal semble avoir trouvé sa trajectoire et entend bien la tenir.

Son directeur général, Sami Gargouri, en poste depuis cinq ans à Dakar, affiche une moyenne de croissance de 27 % sur les quatre dernières années. « On est parti de la 20e place et on est en train d'intégrer le top 10 des banques de la place », a-t-il indiqué, avec des parts de marché en nette progression.

En conformité avec le rôle important qu’elle joue pour le développement économique et social des pays où elle est présente : « BSIC Sénégal ne déroge pas à la règle », renchérit Sami Gargouri. « Nous œuvrons activement à la création de champions locaux dans divers secteurs d’activités à savoir l’industrie, l’agriculture, l’agro-industrie, les  mines, l’industrie pharmaceutique et les activités de services, parce que notre vision à BSIC Sénégal, est de promouvoir le « made in Senegal », à travers des conventions avec l’ADEPME, le FONGIP, et ceci dans l’objectif de développer le tissu de PME sénégalaises, en droite ligne de la Vision Sénégal 2050 », conclut M. Gargouri.

Cet accompagnement des PME sénégalaises se manifeste aussi à travers la salle des marchés de la BSIC à Dakar, pour lever des fonds, en relation avec BSIC Capital basée à Abidjan et qui devrait aboutir à un hub monétique au niveau du Sénégal.

Si le groupe réussit sa modernisation technologique et améliore encore sa gouvernance, BSIC peut devenir un acteur régional beaucoup plus influent dans les 5 à 10 prochaines années, surtout dans l’espace UEMOA, les financements publics/privés et le développement des échanges commerciaux et financiers africains.
Malick NDAW
Actu-Economie

La rédaction

Nouveau commentaire :

Actu-Economie | Entreprise & Secteurs | Dossiers | Grand-angle | Organisations sous-régionales | IDEE | L'expression du jour | Banque atlatinque





En kiosque.














Inscription à la newsletter