Dans un secteur où les intérêts sont multiples et parfois divergents, il aura su, au fil des années, imposer un style : celui du consensus construit, loin des postures, au plus près des réalités du terrain.
Avant d’être une figure du dialogue institutionnel, Souleymane Soumaré est d’abord un homme du sérail. Sa carrière, entièrement consacrée à la banque, l’a conduit à exercer dans plusieurs établissements de premier plan, avant de rejoindre la BSIC Sénégal comme Directeur général adjoint. Une trajectoire qui lui a permis d’embrasser l’ensemble des métiers bancaires (de l’exploitation au risque, en passant par la transformation digitale).
C’est cette expérience transversale qui le conduit, en 2014, à prendre la tête de l’APBEFS. Un poste charnière, à la croisée des établissements de crédit, des autorités monétaires et des pouvoirs publics.
Pendant 14 ans, il en deviendra l’un des piliers.
Au cœur des équilibres du système
À la tête de l’APBEFS, Souleymane Soumaré n’était pas seulement un représentant. Il était une interface stratégique. Réglementation, fiscalité, innovation, inclusion financière : les sujets n’ont cessé de se complexifier, dans un environnement marqué par la montée des exigences prudentielles et l’irruption de nouveaux acteurs, notamment les fintechs.
Dans ce contexte, son rôle a consisté à maintenir une ligne de crête : défendre les intérêts du secteur, tout en accompagnant ses transformations.
“Trouver des points d’équilibre plutôt que des rapports de force” (c’est cette logique qui aura guidé son action).
Transformer sans rompre
Sous son magistère, le secteur bancaire sénégalais a profondément évolué. Les indicateurs parlent d’eux-mêmes :
le nombre de clients a plus que doublé, les ressources se sont consolidées, les encours de crédit ont progressé, tandis que le réseau bancaire s’est densifié.
Mais au-delà des chiffres, c’est une mutation silencieuse qui s’est opérée. Transparence accrue vis-à-vis des clients, harmonisation des pratiques, modernisation des outils : le secteur a progressivement gagné en lisibilité et en crédibilité.
Avec l’appui de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), plusieurs réformes structurantes ont été menées : généralisation de l’information sur les frais bancaires, gratuité de certains services, ou encore renforcement des dispositifs de protection de la clientèle.
L’ère des réformes et de la modernisation
Le mandat de Souleymane Soumaré aura également coïncidé avec une montée en puissance des exigences réglementaires.
Adoption des normes Bâle II et III, mise en place du Bureau d’Information sur le Crédit (BIC), développement de l’interopérabilité des paiements : autant de chantiers qui ont contribué à renforcer la solidité et la transparence du système.
Plus récemment, le secteur bancaire a pris part à la mise en œuvre de la plateforme régionale de paiement instantané PI-SPI, marquant une accélération de la transformation digitale. Une évolution nécessaire, dans un environnement où les usages se redéfinissent rapidement.
La coordination, dans les moments critiques
C’est souvent dans les périodes de crise que les rôles se révèlent. Lors de la pandémie de Covid-19, l’APBEFS a orchestré une réponse collective du secteur : continuité des services, mesures d’allègement pour les clients, contribution à l’effort national.
Dans un autre registre, face aux tensions sécuritaires ayant affecté certaines agences, elle a assuré la coordination nécessaire pour maintenir l’activité.
En toile de fond, un objectif constant : préserver la stabilité du système.
Financer l’économie, en ligne de mire
Sous son impulsion, le secteur bancaire a renforcé son rôle dans le financement de l’économie.
PME, agriculture, logement, programmes publics : les banques ont été mobilisées sur plusieurs fronts, souvent en lien avec des mécanismes de garantie ou des dispositifs spécifiques. L’APBEFS a également accompagné les réflexions sur le recours aux instruments de marché, dans un contexte de besoins croissants de financement.
Acteur de l’intégration régionale
Au-delà du Sénégal, Souleymane Soumaré a contribué à plusieurs dynamiques à l’échelle de l’UEMOA : réformes réglementaires, harmonisation des pratiques, évolution des cadres relatifs aux relations financières extérieures.
Autant de chantiers qui participent à l’intégration progressive des systèmes financiers de la région.
Une ouverture vers le public
Dès le début de son mandat, une inflexion s’est opérée : celle d’une communication plus ouverte. Avec des initiatives comme les Jours de la Banque, le secteur a cherché à se rapprocher des usagers, à mieux expliquer ses mécanismes et à encourager la bancarisation.
Un tournant important, dans un contexte où la confiance et la pédagogie deviennent des enjeux centraux.
Une empreinte durable
Discret, mais incontournable. Souleymane Soumaré n’aura jamais cherché la lumière. Pourtant, pendant plus d’une décennie, il aura été au cœur des équilibres du système bancaire sénégalais.
L’homme du consensus quitte la scène, laissant un secteur plus structuré et plus résilient.
Son départ marque la fin d’un cycle. Mais il laisse aussi un héritage : un secteur plus structuré, plus résilient, et mieux préparé aux défis à venir.
Ismaila BA
Avant d’être une figure du dialogue institutionnel, Souleymane Soumaré est d’abord un homme du sérail. Sa carrière, entièrement consacrée à la banque, l’a conduit à exercer dans plusieurs établissements de premier plan, avant de rejoindre la BSIC Sénégal comme Directeur général adjoint. Une trajectoire qui lui a permis d’embrasser l’ensemble des métiers bancaires (de l’exploitation au risque, en passant par la transformation digitale).
C’est cette expérience transversale qui le conduit, en 2014, à prendre la tête de l’APBEFS. Un poste charnière, à la croisée des établissements de crédit, des autorités monétaires et des pouvoirs publics.
Pendant 14 ans, il en deviendra l’un des piliers.
Au cœur des équilibres du système
À la tête de l’APBEFS, Souleymane Soumaré n’était pas seulement un représentant. Il était une interface stratégique. Réglementation, fiscalité, innovation, inclusion financière : les sujets n’ont cessé de se complexifier, dans un environnement marqué par la montée des exigences prudentielles et l’irruption de nouveaux acteurs, notamment les fintechs.
Dans ce contexte, son rôle a consisté à maintenir une ligne de crête : défendre les intérêts du secteur, tout en accompagnant ses transformations.
“Trouver des points d’équilibre plutôt que des rapports de force” (c’est cette logique qui aura guidé son action).
Transformer sans rompre
Sous son magistère, le secteur bancaire sénégalais a profondément évolué. Les indicateurs parlent d’eux-mêmes :
le nombre de clients a plus que doublé, les ressources se sont consolidées, les encours de crédit ont progressé, tandis que le réseau bancaire s’est densifié.
Mais au-delà des chiffres, c’est une mutation silencieuse qui s’est opérée. Transparence accrue vis-à-vis des clients, harmonisation des pratiques, modernisation des outils : le secteur a progressivement gagné en lisibilité et en crédibilité.
Avec l’appui de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), plusieurs réformes structurantes ont été menées : généralisation de l’information sur les frais bancaires, gratuité de certains services, ou encore renforcement des dispositifs de protection de la clientèle.
L’ère des réformes et de la modernisation
Le mandat de Souleymane Soumaré aura également coïncidé avec une montée en puissance des exigences réglementaires.
Adoption des normes Bâle II et III, mise en place du Bureau d’Information sur le Crédit (BIC), développement de l’interopérabilité des paiements : autant de chantiers qui ont contribué à renforcer la solidité et la transparence du système.
Plus récemment, le secteur bancaire a pris part à la mise en œuvre de la plateforme régionale de paiement instantané PI-SPI, marquant une accélération de la transformation digitale. Une évolution nécessaire, dans un environnement où les usages se redéfinissent rapidement.
La coordination, dans les moments critiques
C’est souvent dans les périodes de crise que les rôles se révèlent. Lors de la pandémie de Covid-19, l’APBEFS a orchestré une réponse collective du secteur : continuité des services, mesures d’allègement pour les clients, contribution à l’effort national.
Dans un autre registre, face aux tensions sécuritaires ayant affecté certaines agences, elle a assuré la coordination nécessaire pour maintenir l’activité.
En toile de fond, un objectif constant : préserver la stabilité du système.
Financer l’économie, en ligne de mire
Sous son impulsion, le secteur bancaire a renforcé son rôle dans le financement de l’économie.
PME, agriculture, logement, programmes publics : les banques ont été mobilisées sur plusieurs fronts, souvent en lien avec des mécanismes de garantie ou des dispositifs spécifiques. L’APBEFS a également accompagné les réflexions sur le recours aux instruments de marché, dans un contexte de besoins croissants de financement.
Acteur de l’intégration régionale
Au-delà du Sénégal, Souleymane Soumaré a contribué à plusieurs dynamiques à l’échelle de l’UEMOA : réformes réglementaires, harmonisation des pratiques, évolution des cadres relatifs aux relations financières extérieures.
Autant de chantiers qui participent à l’intégration progressive des systèmes financiers de la région.
Une ouverture vers le public
Dès le début de son mandat, une inflexion s’est opérée : celle d’une communication plus ouverte. Avec des initiatives comme les Jours de la Banque, le secteur a cherché à se rapprocher des usagers, à mieux expliquer ses mécanismes et à encourager la bancarisation.
Un tournant important, dans un contexte où la confiance et la pédagogie deviennent des enjeux centraux.
Une empreinte durable
Discret, mais incontournable. Souleymane Soumaré n’aura jamais cherché la lumière. Pourtant, pendant plus d’une décennie, il aura été au cœur des équilibres du système bancaire sénégalais.
L’homme du consensus quitte la scène, laissant un secteur plus structuré et plus résilient.
Son départ marque la fin d’un cycle. Mais il laisse aussi un héritage : un secteur plus structuré, plus résilient, et mieux préparé aux défis à venir.
Ismaila BA

chroniques
