Prenant la parole à l’ouverture de l’événement, le secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (Cea) a insisté sur l’urgence pour l’Afrique de repenser son modèle de développement face aux mutations mondiales. « L’avenir du continent sera déterminé non seulement par ce que nous extrayons, mais surtout par ce que nous inventons et créons », a déclaré Claver Gatete devant un parterre de ministres, experts, chercheurs et acteurs du secteur privé.
Le forum se tient dans un contexte international marqué par un ralentissement économique, des tensions financières croissantes, des chocs climatiques et une fragmentation géopolitique accrue. À cela s’ajoute une révolution technologique rapide portée par l’intelligence artificielle, les données, la biotechnologie et l’Internet des objets, qui redéfinit les modèles de production, de gouvernance et de compétitivité.
Pour l’Afrique, ces évolutions représentent à la fois une opportunité et un risque. « La marge pour attendre a disparu, et le coût de l’inaction ne cesse d’augmenter », a averti Claver Gatete.
Des défis structurels persistants
Malgré son potentiel, le continent accuse encore des retards significatifs. En 2025, seulement 36% de la population africaine avait accès à Internet, avec de fortes disparités entre zones urbaines et rurales, ainsi qu’entre hommes et femmes.
Par ailleurs, l’Afrique ne représente que 0,6% des dépôts mondiaux de brevets, bien qu’elle abrite près d’un cinquième de la population mondiale.
Ces chiffres traduisent à la fois l’ampleur des défis et l’immensité des opportunités à saisir pour positionner l’Afrique comme un acteur majeur de l’innovation mondiale.
Des exemples inspirants sur le continent
Le responsable de la Cea a toutefois mis en avant des initiatives prometteuses. Au Kenya, des technologies agricoles intelligentes face au climat permettent d’augmenter les rendements jusqu’à 20% tout en réduisant les coûts.
Au Rwanda, l’utilisation de drones pour la livraison de produits médicaux a réduit le gaspillage de 67% et amélioré significativement les chaînes d’approvisionnement. Ces exemples illustrent le potentiel d’une innovation alignée sur les besoins réels des populations.
Cinq priorités stratégiques pour transformer l’Afrique
Pour accélérer la transformation du continent, Claver Gatete a identifié cinq priorités majeures. Pour lui, il faut aligner l’innovation sur la transformation économique en faisant en sorte que la science et la technologie contribuent directement à la production, à la création de valeur et à l’emploi, à l’image du Maroc ou de l’Afrique du Sud.
Il s’agit ensuite d’investir dans les infrastructures numériques avec le développement des systèmes tels que l’identité numérique, les paiements interopérables et les plateformes de données pour favoriser le passage à l’échelle des innovations.
Le responsable de le Cea a dans la foulée indiqué qu’il faut renforcer les compétences. Pour ce faire il a suggéré d’adapter les systèmes éducatifs aux exigences de l’économie numérique, en mettant l’accent sur les sciences, l’ingénierie et l’intelligence artificielle, notamment dans des pays comme le Ghana ou le Nigeria.
M. Gatete a surtout recommandé d’accroître la coordination régionale en tirant parti de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) pour harmoniser les réglementations, développer des chaînes de valeur régionales et favoriser l’innovation à grande échelle.
Enfin, la dernière priorité majeure qu’il a citée est : garantir l’accès à une énergie durable dont il a considéré comme une condition essentielle pour soutenir les infrastructures numériques et les technologies émergentes.
Au-delà de ces priorités, le secrétaire exécutif de la Cea a insisté sur l’importance de la coordination entre les pays, les secteurs et les institutions. De son avis, sans une approche concertée, les innovations risquent de rester isolées et de ne pas produire d’impact systémique.
Il a également souligné l’importance des discussions à venir sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, qui offrent à l’Afrique une opportunité stratégique d’influencer les normes mondiales.
En conclusion, Claver Gatete a rappelé que les choix actuels détermineront la place de l’Afrique dans le monde de demain : « Le continent doit décider s’il veut être un simple consommateur de technologies ou un acteur clé de leur conception et de leur déploiement. »
À travers ce forum, la Commission économique pour l’Afrique réaffirme son engagement à accompagner les Etats africains dans la mise en œuvre de politiques concrètes, capables de transformer les ambitions en résultats mesurables et durables.
Bassirou MBAYE
Le forum se tient dans un contexte international marqué par un ralentissement économique, des tensions financières croissantes, des chocs climatiques et une fragmentation géopolitique accrue. À cela s’ajoute une révolution technologique rapide portée par l’intelligence artificielle, les données, la biotechnologie et l’Internet des objets, qui redéfinit les modèles de production, de gouvernance et de compétitivité.
Pour l’Afrique, ces évolutions représentent à la fois une opportunité et un risque. « La marge pour attendre a disparu, et le coût de l’inaction ne cesse d’augmenter », a averti Claver Gatete.
Des défis structurels persistants
Malgré son potentiel, le continent accuse encore des retards significatifs. En 2025, seulement 36% de la population africaine avait accès à Internet, avec de fortes disparités entre zones urbaines et rurales, ainsi qu’entre hommes et femmes.
Par ailleurs, l’Afrique ne représente que 0,6% des dépôts mondiaux de brevets, bien qu’elle abrite près d’un cinquième de la population mondiale.
Ces chiffres traduisent à la fois l’ampleur des défis et l’immensité des opportunités à saisir pour positionner l’Afrique comme un acteur majeur de l’innovation mondiale.
Des exemples inspirants sur le continent
Le responsable de la Cea a toutefois mis en avant des initiatives prometteuses. Au Kenya, des technologies agricoles intelligentes face au climat permettent d’augmenter les rendements jusqu’à 20% tout en réduisant les coûts.
Au Rwanda, l’utilisation de drones pour la livraison de produits médicaux a réduit le gaspillage de 67% et amélioré significativement les chaînes d’approvisionnement. Ces exemples illustrent le potentiel d’une innovation alignée sur les besoins réels des populations.
Cinq priorités stratégiques pour transformer l’Afrique
Pour accélérer la transformation du continent, Claver Gatete a identifié cinq priorités majeures. Pour lui, il faut aligner l’innovation sur la transformation économique en faisant en sorte que la science et la technologie contribuent directement à la production, à la création de valeur et à l’emploi, à l’image du Maroc ou de l’Afrique du Sud.
Il s’agit ensuite d’investir dans les infrastructures numériques avec le développement des systèmes tels que l’identité numérique, les paiements interopérables et les plateformes de données pour favoriser le passage à l’échelle des innovations.
Le responsable de le Cea a dans la foulée indiqué qu’il faut renforcer les compétences. Pour ce faire il a suggéré d’adapter les systèmes éducatifs aux exigences de l’économie numérique, en mettant l’accent sur les sciences, l’ingénierie et l’intelligence artificielle, notamment dans des pays comme le Ghana ou le Nigeria.
M. Gatete a surtout recommandé d’accroître la coordination régionale en tirant parti de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) pour harmoniser les réglementations, développer des chaînes de valeur régionales et favoriser l’innovation à grande échelle.
Enfin, la dernière priorité majeure qu’il a citée est : garantir l’accès à une énergie durable dont il a considéré comme une condition essentielle pour soutenir les infrastructures numériques et les technologies émergentes.
Au-delà de ces priorités, le secrétaire exécutif de la Cea a insisté sur l’importance de la coordination entre les pays, les secteurs et les institutions. De son avis, sans une approche concertée, les innovations risquent de rester isolées et de ne pas produire d’impact systémique.
Il a également souligné l’importance des discussions à venir sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, qui offrent à l’Afrique une opportunité stratégique d’influencer les normes mondiales.
En conclusion, Claver Gatete a rappelé que les choix actuels détermineront la place de l’Afrique dans le monde de demain : « Le continent doit décider s’il veut être un simple consommateur de technologies ou un acteur clé de leur conception et de leur déploiement. »
À travers ce forum, la Commission économique pour l’Afrique réaffirme son engagement à accompagner les Etats africains dans la mise en œuvre de politiques concrètes, capables de transformer les ambitions en résultats mesurables et durables.
Bassirou MBAYE


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