PAYSAGE BANCAIRE DE L'UMOA : La carte des inégalités

Jeudi 2 Avril 2026

Selon la liste officielle rendue publique par la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), au 31 décembre 2025, 161 établissements de crédit agréés se partagent un marché de plus de 130 millions d'habitants répartis sur huit pays de l’UMOA. Mais cette apparente densité cache une concentration extrême : deux pays accaparent à eux seuls près de la moitié du gâteau.


PAYSAGE BANCAIRE DE L'UMOA : La carte des inégalités
Deux pays concentrent l'essentiel de l'activité bancaire de la zone UMOA : la Côte d’Ivoire, avec 33 établissements (29 banques + 4 établissements financiers) ; le Sénégal avec 33 établissements également (29 banques + 4 établissements financiers).

A elles seules, ces deux économies représentent 41% du secteur bancaire de l'UMOA qui compte 161établissements de crédit dont 136 banques et 25 établissements financiers à caractère bancaire, selon la liste officielle des établissements de crédit agréés, rendue publique par la BCEAO.

La géographie du secteur bancaire de l'Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA) dessine une carte implacable des inégalités économiques régionales.

Le peloton intermédiaire : entre 14 et 20 établissements

Derrière le duo de tête, un groupe de cinq pays affiche une densité bancaire relativement homogène :
  • Burkina Faso : 20 établissements (16 banques + 4 établissements financiers)
  • Niger : 20 établissements (14 banques + 6 établissements financiers)
  • Mali : 17 établissements (14 banques + 3 établissements financiers)
  • Togo : 17 établissements (14 banques + 3 établissements financiers)
  • Bénin : 15 établissements (14 banques + 1 établissement financier)
Ce groupe médian reflète des économies de taille moyenne avec des besoins bancaires diversifiés. Le Burkina et le Niger tirent leur épingle du jeu grâce notamment à un écosystème d'établissements financiers spécialisés.
 
Le cas particulier du Niger : champion des transferts d'argent

Avec 6 établissements financiers, le Niger se distingue nettement. Cette spécificité s'explique par l'importance cruciale des transferts de fonds de la diaspora nigérienne. Des structures comme NITA (Niger Transfert d'Argent), Al-Izza, Amana, ou Zeyna répondent à une demande massive de services .

Guinée-Bissau : le désert bancaire

À l'autre extrémité du spectre, la Guinée-Bissau fait figure de parent pauvre avec seulement 6 banques et aucun établissement financier. Pour un pays de près de 2 millions d'habitants, ce ratio dérisoire illustre l'ampleur du sous-développement financier.

Cette faiblesse structurelle a des conséquences dramatiques : exclusion financière massive de la population ; difficultés d'accès au crédit pour les entrepreneurs ; dépendance aux circuits informels ; obstacles au développement économique.

L'invasion silencieuse des groupes panafricains

Au-delà des chiffres bruts, une tendance lourde se dessine : la consolidation régionale via les succursales et filiales. Plusieurs groupes bancaires ont adopté une stratégie agressive d'expansion transfrontalière.

Orabank Côte d'Ivoire est le leader incontesté avec 5 succursales implantées au Burkina, en Guinée-Bissau, au Mali, au Niger et au Sénégal ; CBAO Groupe Attijariwafa Bank : 3 succursales (Bénin, Burkina, Niger) ; Coris Bank International : partie du Burkina, cette banque a essaimé avec 3 filiales (Côte d'Ivoire, Mali, Togo) et 1 succursale au Niger ; Banque de Développement du Mali (BDM) : ironie de l'histoire, cette banque malienne contrôle des filiales en Côte d'Ivoire et au Burkina, et des succursales au Sénégal et au Togo.
Malick NDAW
 
Actu-Economie

La rédaction

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