L’ONU lance un appel de fonds de 2 milliards de dollars pour lutter contre le Covid-19 dans le monde

Jeudi 26 Mars 2020

Les Nations Unies ont besoin de deux milliards de dollars afin de protéger des millions de personnes et d’empêcher le nouveau coronavirus de refaire le tour du monde. Une approche globale est la seule façon de lutter contre le Covid-19, déclare l’ONU lors du lancement du plan de réponse humanitaire mondial coordonné.


UN Photo/Pernaca Sudhakaran 1,8 milliard de personnes dans le monde sont sans abris et dans des logements inadéquats - ce qui les rend particulièrement vulnérables à la contraction du COVID-19
UN Photo/Pernaca Sudhakaran 1,8 milliard de personnes dans le monde sont sans abris et dans des logements inadéquats - ce qui les rend particulièrement vulnérables à la contraction du COVID-19
Selon le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, « le Covid-19 menace l’humanité tout entière - et c’est pourquoi l’humanité tout entière doit riposter ». Et « les réponses individuelles des pays ne suffiront pas », a-t-il ajouté, tout en insistant sur le fait que « c’est le moment d’agir pour les plus vulnérables ».

« Nous devons venir en aide aux personnes ultra-vulnérables - des millions et des millions de personnes qui sont les moins capables de se protéger. Il s’agit d’une question de solidarité humaine fondamentale. C’est également crucial pour combattre le virus », a plaidé le chef de l’ONU.

Le tableau de bord de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fait état de 16.362 morts dus au nouveau coronavirus, dont plus de 10.190 en Europe. Le Covid-19 a contaminé plus de 375.500 personnes dans 195 pays et territoires, dont plus la moitié en Europe (195.742). Avec 6.800 morts et 63.927 cas, l’Italie est le pays le plus touché devant la Chine (3283), foyer initial de la contagion, et l’Espagne (2.182).

Selon l’ONU, le virus est présent dans le monde entier et atteint maintenant « des pays qui étaient déjà confrontés à une crise humanitaire en raison de conflits, de catastrophes naturelles et du changement climatique ».
 

Propagation du virus dans des « pays aux systèmes de santé faibles »


Un plan d’intervention a été ainsi mis en œuvre par les agences des Nations Unies, les ONG internationales et un consortium d’ONG impliquées sur le terrain.

Pour tous les organismes humanitaires, la priorité est de fournir des équipements de laboratoire essentiel pour tester le virus et les fournitures médicales pour traiter les personnes. Ces fonds permettront d’installer des stations de lavage des mains dans les camps et diverses implantations.
Il s’agit aussi de lancer des campagnes d’information du public sur les moyens de se protéger et de protéger les autres contre le virus. L’ONU prévoit également d’établir des ponts aériens et des centres en Afrique, en Asie et en Amérique latine pour acheminer les travailleurs et les fournitures humanitaires là où ils sont le plus nécessaires.

« Ces pays ont besoin de notre soutien - par solidarité mais aussi pour nous protéger tous et contribuer à réprimer cette pandémie », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. Le Directeur général de l’OMS a surtout mis en garde sur le fait que le virus se propage actuellement « dans des pays dont les systèmes de santé sont faibles, y compris certains qui sont déjà confrontés à des crises humanitaires ».
Donc la priorité est d’aider ces pays à se préparer et de continuer à aider les millions de personnes qui dépendent de l’aide humanitaire des Nations Unies pour survivre.

« Laisser les pays les plus vulnérables à leur sort serait à la fois cruel et imprudent » - Lowcock

Correctement financé, cet effort d’intervention mondial dotera les organisations humanitaires des outils nécessaires pour combattre le virus, sauver des vies et aider à contenir la propagation du Covid-19 dans le monde.

« Laisser les pays les plus pauvres et les plus vulnérables du monde à leur sort serait à la fois cruel et imprudent. Si nous laissons le coronavirus se propager librement dans ces endroits, nous exposerons des millions de personnes à un risque élevé, des régions entières seront plongées dans le chaos et le virus aura la possibilité de refaire le tour du globe », a averti Mark Lowcock, Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires.

Et si le virus ne fait pas la différence entre les humains et n’a pas de frontières, mais pour les réfugiés et déplacés des zones de guerre, c’est la double peine.

« Le Covid-19 a déjà bouleversé la vie dans certains des pays les plus riches du monde. Il atteint maintenant des endroits où les gens vivent dans des zones de guerre, n’ont pas facilement accès à l’eau potable et au savon, et n’ont aucun espoir d’avoir un lit d’hôpital s’ils tombent gravement malades », a ajouté Mark Lowcock.

L’inquiétude est que la maladie se propage rapidement dans les zones à forte densité de population, notamment les zones urbaines, les camps et les installations de type campement. Cela conduirait à une surcharge dans des zones où « souvent les systèmes de santé sont faibles ».

Une façon pour l’ONU de rappeler que ce nouveau coronavirus ne fait pas de différence entre les milieux ou les saisons. « Si aucune mesure décisive n’est prise, des flambées massives se produiront dans le monde entier », mettent en garde les humanitaires.
 

Les populations les plus exposées au Burkina Faso


Pour illustrer cette menace, le document sur l’Appel de fond expose le sort des populations les plus touchés et les plus exposés au Burkina Faso.

Dans ce pays touché par les violences au Sahel, deux groupes particuliers sont exposés à « un risque accru ». Il s’agit des personnes qui connaissent une vulnérabilité individuelle liée à l’âge, aux maladies chroniques et à la malnutrition. Il y a également les personnes déplacées internes et les réfugiés (maliens), ainsi que « les personnes vivant dans des zones où les établissements de santé ont fermé en raison de l’insécurité ».

Lors du lancement virtuel du Plan mondial d’intervention humanitaire Covid-19, le Secrétaire général de l’ONU a été rejoint par liaison vidéo par M. Lowcock, Dr Tedros et la Directrice exécutive de l’UNICEF, Henrietta H. Fore.

Pour tous ces hauts responsables onusiens, le lancement de ce Plan de réponse ne doit pas être synonyme de « reléguer au second plan » les autres crises et urgences humanitaires. « Dans le même temps, nous ne devons pas lutter contre la pandémie au détriment des autres urgences sanitaires humanitaires », a plaidé Dr Tedros.

Les gouvernements sont donc invités à s’engager à soutenir pleinement le plan mondial d’intervention humanitaire, tout en maintenant le financement des appels humanitaires existants. Sinon cela créerait « un environnement dans lequel le choléra, la rougeole et la méningite peuvent prospérer, dans lequel encore plus d’enfants deviennent mal nourris et dans lequel les extrémistes peuvent prendre le contrôle - un environnement qui serait le parfait terrain de reproduction pour le coronavirus ».
Un.org
 
La rédaction
Actu-Economie


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