FMI : un candidat européen de consensus avant fin juillet pour remplacer Lagarde

Dimanche 21 Juillet 2019

La France va coordonner les discussions afin de s'accorder sur un profil "crédible" issu de l'UE avant la fin du mois pour succéder à Christine Lagarde au FMI. Les Américains n'ont pas remis en cause le choix d'un Européen. Mark Carney, d'origine canadienne, serait hors course.


L'Espagnole Nadia Calviño, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, le Portugais Mario Centeno et le Finlandais Olli Rehn sont pressentis comme les favoris pour la direction générale du FMI. (Crédits : Reuters)
L'Espagnole Nadia Calviño, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, le Portugais Mario Centeno et le Finlandais Olli Rehn sont pressentis comme les favoris pour la direction générale du FMI. (Crédits : Reuters)
Sous le ciel laiteux de Chantilly, les ministres des Finances des pays du G7 n'ont pas discuté que fiscalité, géants du numérique, cryptomonnaies et spécialités culinaires locales. A aussi été abordée la question urgente de la succession de Christine Lagarde à la tête du Fonds monétaire international (FMI), dont elle abandonnera officiellement la direction générale le 12 septembre prochain avant de prendre la présidence de la Banque centrale européenne (BCE), théoriquement le 1er novembre. Des noms circulent depuis l'annonce de la candidature de l'ex-ministre française le 2 juillet. Essentiellement européens selon une règle non écrite depuis 75 ans.

« Depuis que la création de ces institutions, un Américain a dirigé la Banque mondiale et un Européen le FMI » a rappelé Steve Mnuchin, le secrétaire au Trésor américain, interrogé sur le sujet à Chantilly.
L'Américain David Malpass, un fidèle de Donald Trump, a pris la tête du groupe Banque mondiale en avril dernier.

Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances, a expliqué lors de la conférence de presse de clôture ce jeudi 18 juillet que Paris se chargerait de piloter les discussions entre les pays de l'UE.
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« Un processus a été retenu : l'idée est de parvenir à une candidature européenne de consensus qui soit solide et crédible et qui permette à l'Europe de continuer de diriger le FMI. La France coordonnera ces efforts, car je rappelle que je ne suis pas candidat » a déclaré le ministre, qui a refusé de « jouer au name dropping, ce serait inélégant et inefficace. » L'objectif est de tomber d'accord sur un candidat de consensus « d'ici la fin du mois de juillet.»

Carney out, une femme dans le quatuor de tête

Bruno Le Maire était interrogé sur la candidature non officielle de la ministre espagnole de l'Economie et des Entreprises, Nadia Calviño Santamaria (50 ans), la seule femme sur la liste officieuse des pressentis. Directrice générale de la Concurrence en Espagne, elle a ensuite rejoint Bruxelles où elle a travaillé aux côtés de Neelie Kroes puis de Michel Barnier.

Très apprécié, reconnu sur la scène internationale, le Canadien Mark Carney (54 ans), gouverneur de la Banque d'Angleterre depuis 2013 après avoir été celui de la Banque du Canada, apparaissait comme le favori ces dernières semaines. Son mandat, qui a été prolongé à la tête de la Bank of England, arrive à échéance le 31 janvier 2020. Président du Conseil de stabilité financière de 2011 à 2018 et première grande personnalité du monde financier à sonner l'alerte sur le risque climat dans un discours  resté célèbre en 2015, le banquier central de 54 ans, diplômé d'Harvard et d'Oxford, est né au Canada mais possède aussi les nationalités britannique et irlandaise. Pas assez européen pur sucre : ce marathonien serait désormais hors de la course.

« Il a le mauvais passeport, autrement tout le monde l'adorerait » a déclaré une source bien informée à l'agence Reuters, en marge du G7.

Outre la ministre espagnole de l'Economie, trois autres noms circulent désormais.
Le ministre des Finances portugais, l'économiste Mário Centeno (52 ans), nommé président de l'Eurogroupe (la réunion informelle des ministres des Finances de la zone euro) en janvier 2018, est aussi considéré comme un excellent candidat. Son prédécesseur à la tête de l'Eurogroupe de 2013 à 2018, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem (53 ans), désormais à la tête de l'agence responsable des enquêtes sur les accidents aériens, routiers ou ferroviaires ou maritimes, serait aussi bien placé. Le gouverneur de la Banque de Finlande, Olli Rehn (57 ans), un des candidats déçus à la présidence de la BCE, est aussi cité dans le quatuor de tête.

D'autres personnalités avaient été évoquées ces dernières semaines, notamment la Bulgare Kristalina Georgieva, la directrice générale de la Banque mondiale, qui à 65 ans, dépasse l'âge limite des statuts du FMI, l'ex-ministre de l'Economie et des Finances et commissaire européen Pierre Moscovici ainsi que l'ex-Premier ministre et ministre des finances finlandais, Alexander Stubb.
 Latribune.fr
La rédaction
Actu-Economie


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