Travail familial au Sénégal : Un phénomène rural porté par les jeunes et les moins instruits

Mercredi 4 Mars 2026

Au niveau national, les travailleurs familiaux représentent 7,6% de la main-d’œuvre totale, illustrant une forme d’emploi encore significative dans l’économie sénégalaise. Ce phénomène demeure toutefois essentiellement rural, en lien étroit avec la structure productive du pays et le poids de l’agriculture dans les zones hors centres urbains.


En effet, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) fait savoir que le taux d’aides familiaux en milieu rural atteint 15,3%, un niveau nettement supérieur à celui observé en milieu urbain, où il ne s’établit qu’à 2,1%.

Cette disparité se reflète également dans la répartition géographique des travailleurs familiaux : plus de huit sur dix (83,6%) résident en zone rurale. Le recours au travail familial apparaît ainsi comme une caractéristique propre aux campagnes, fortement liée à l’importance de la main-d’œuvre agricole et aux modes d’organisation traditionnels de la production.

Selon le sexe, la part des travailleurs familiaux reste relativement équilibrée, bien qu’elle soit légèrement plus élevée chez les femmes (8,3%) que chez les hommes (7,1%). Toutefois, l’analyse de la structure globale des aides familiaux révèle une majorité masculine (54,5% contre 45,5% pour les femmes). Cette configuration met en évidence une participation notable des deux sexes à cette forme d’activité, avec une présence féminine importante, souvent associée aux activités domestiques et agricoles non rémunérées.

Le niveau d’instruction constitue également un facteur déterminant. Les personnes sans instruction affichent une proportion relativement élevée de travailleurs familiaux (9,7%). Cette situation est encore plus marquée dans la structure des aides familiaux, où 81,4% sont sans niveau d’instruction. Ces chiffres illustrent le lien étroit entre faible capital scolaire et recours au travail familial, ce dernier apparaissant comme une alternative face au manque d’opportunités dans le marché du travail formel.

L’analyse par groupe d’âge montre enfin que les jeunes de 15 à 24 ans sont les plus concernés par le travail familial. Ils enregistrent la part la plus élevée de travailleurs familiaux (17,5%) et constituent plus de la moitié des effectifs (50,3%) des aides familiaux. Cette forte implication s’explique à la fois par leur insertion progressive dans le marché du travail et par leur contribution aux activités domestiques et agricoles au sein des ménages. La proportion diminue ensuite avec l’âge pour atteindre 3,4% chez les adultes de 35 ans et plus, lesquels représentent néanmoins 22,7% des aides familiaux.
Bassirou MBAYE
 
Actu-Economie

La rédaction

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