Matières premières : Le marché mondial se renchérit en mai

Lundi 10 Août 2026

Le marché mondial des matières premières a connu une nette progression en mai 2026. Selon les données rendues publiques par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), l’ensemble des principaux produits suivis affiche une hausse de leurs cours par rapport au mois précédent, avec des augmentations particulièrement marquées pour le riz, le coton et le blé.


Sur un an, le pétrole brut se distingue par une envolée spectaculaire de 64%, tandis que les céréales et le coton enregistrent également des hausses significatives.

La tendance mensuelle est sans équivoque. En mai 2026, le cours du riz progresse de 13,2%, passant de 135,3 FCFA/kg en avril à 153,1 FCFA/kg. Le coton suit avec une hausse de 8%, à 93,3 cents de dollar la livre, contre 86,4 cents un mois auparavant.
Le blé affiche pour sa part une progression de 6,2%, à 674,1 cents de dollar pour un boisseau de 60 livres. Le sucre augmente de 5,7%, à 14,9 cents de dollar la livre. Le pétrole brut et le maïs enregistrent des hausses plus modérées, respectivement de 3,2% et 1,9%.

Le pétrole, principal facteur de renchérissement

Sur une base annuelle, la flambée des cours pétroliers constitue le principal fait marquant. Le prix moyen du pétrole brut est passé de 64,4 dollars le baril en mai 2025 à 105,6 dollars en mai 2026, soit une hausse de 64%.

Cette évolution intervient alors que le cours moyen sur les cinq premiers mois de 2026 s’établit à 88,2 dollars le baril, contre 71,9 dollars sur la même période de 2025, soit une progression de 22,6%.

Pour les économies fortement dépendantes des importations d’hydrocarbures, cette envolée représente un risque important pour les coûts de production, les dépenses de transport et, plus largement, pour les prix à la consommation. A l’inverse, les pays exportateurs de pétrole peuvent bénéficier d’une amélioration de leurs recettes extérieures et budgétaires.

Le blé et le coton poursuivent leur progression

Le blé s’inscrit également dans une dynamique haussière. Son cours augmente de 28,8% en glissement annuel, passant de 523,2 cents de dollar le boisseau en mai 2025 à 674,1 cents en mai 2026.

Le coton enregistre une progression annuelle de 19,6%, avec un cours passant de 78 à 93,3 cents de dollar la livre. Cette évolution pourrait favoriser les pays producteurs et exportateurs de coton, tout en exerçant une pression sur les coûts des industries utilisant cette matière première.

Le maïs connaît une évolution plus contenue. Son cours atteint 461,4 cents de dollar le boisseau en mai, contre 449,6 cents un an auparavant, soit une hausse annuelle de 2,6%.

Riz et sucre : des évolutions contrastées

Malgré leur progression mensuelle, le riz et le sucre restent moins chers qu’un an auparavant.
Le prix du riz recule ainsi de 7,2% en glissement annuel, passant de 164,9 FCFA/kg en mai 2025 à 153,1 FCFA/kg en mai 2026. Sur les cinq premiers mois de l’année, son cours moyen ressort à 137,4 FCFA/kg, contre 181,1 FCFA/kg sur la même période de 2025, soit une baisse de 24,1%.

Même scénario pour le sucre, dont le cours affiche une progression mensuelle de 5,7%, mais une baisse de 14,4% sur un an. Sur les cinq premiers mois de 2026, son cours moyen s’établit à 14,6 cents de dollar la livre, contre 18,7 cents sur la même période de 2025, soit une contraction de 22,3%.

Une pression potentielle sur l’inflation

Cette remontée généralisée des cours en mai intervient dans un contexte où les matières premières constituent un déterminant important des coûts d’importation et de production. Pour les économies africaines importatrices nettes de produits alimentaires et énergétiques, l’évolution du pétrole et des céréales mérite une attention particulière.

Le renchérissement du pétrole peut notamment se transmettre aux prix des carburants, du transport et de certains biens et services. La hausse du blé et du maïs peut, elle aussi, peser sur les coûts de l’alimentation animale et de certaines industries agroalimentaires.
Toutefois, l’évolution des prix domestiques ne dépend pas uniquement des cours internationaux. Les taux de change, les politiques fiscales et commerciales, les coûts de transport, les mécanismes de subvention et les conditions d’approvisionnement peuvent également amortir ou amplifier l’impact de ces fluctuations.

Un marché mondial à surveiller

Les données de mai 2026 dessinent ainsi un marché mondial marqué par une hausse mensuelle généralisée, mais par des situations très différentes selon les produits sur un an. Le pétrole apparaît comme le principal facteur de renchérissement, tandis que le blé et le coton affichent également de fortes progressions annuelles.

A l’opposé, le riz et le sucre demeurent orientés à la baisse sur douze mois, malgré leur rebond enregistré entre avril et mai.
Pour les économies africaines, notamment celles qui restent fortement exposées aux importations d’énergie et de denrées alimentaires, cette évolution des marchés internationaux constitue un indicateur à suivre de près. Elle pourrait avoir des répercussions sur les équilibres commerciaux, les coûts de production, les finances publiques et, in fine, sur le pouvoir d’achat des ménages.
Bassirou MBAYE
 
Actu-Economie

La rédaction

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