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IBRAHIMA DIOUF DIRECTEUR DU BMN : « Le programme de mise à niveau spécifique Casamance vise à rendre les entreprises plus compétitives sur tous les marchés »

Lundi 16 Mars 2015

Après avoir procédé au lancement officiel du programme spécifique de mise à niveau des entreprises de la Casamance, le mardi 10 mars 2015, à Ziguinchor, le Directeur du bureau de mise à niveau des entreprises revient avec lejecos.com sur des points importants concernant ce nouveau programme, dont le but est d’aider les entreprises de la région Sud à faire décoller l’économie de la Casamance.


IBRAHIMA DIOUF,  Directeur du Bureau  de  Mise à  Niveau des entreprises
IBRAHIMA DIOUF, Directeur du Bureau de Mise à Niveau des entreprises
Le programme spécifique de mise à niveau des entreprises de la Casamance est un programme important dans le processus de relance des activités économiques de la région. En ce sens que c’est un programme qui  aujourd’hui poursuit un objectif de rendre les entreprises de la Casamance,  notamment les petites et moyennes entreprises  plus compétitives sur leurs marchés  et sur les marchés internationaux. Ce programme se justifie amplement, parce que tout simplement, la région naturelle de Casamance  est une région qui recèle de potentialités économiques énormes, dans l’agriculture, l’agroforesterie, dans l’agro alimentaire de manière générale mais également dans le secteur du tourisme et de l’hôtellerie. Même dans la restauration et aussi dans le secteur de la pêche et des produits de la mer. Ce sont ces secteurs là qui polarisent l’essentiel  de l’économie régionale. Et ce qu’on a constaté aussi,  c’est qu ‘il y a des entreprises qui certes ont du potentiel  mais elles manquent de soutient spécifique leur permettant de se hisser à un niveau supérieure de performance. C’est pourquoi, après le programme de mise à niveau globale, qui a démarré depuis 2004, les autorités ont constaté que le bureau de mise à niveau devait adapter l’offre de mise à niveau à cette cible des petites et moyennes entreprises et que ses interventions devaient aussi se dérouler dans des régions à développement prioritaire. C’est un programme test, un programme pilote sur trois ans 2015/ 2017, et qui vise l’ambition d’atteindre 85 entreprises de la région dont 75 entreprises petites et moyennes et 10 entreprises de plus grande taille. Je pense que, si les résultats escomptés sont atteints, sans nul doute, l’économie régionale s’en trouvera un petit peu boostée.
On sait que l’accès au financement est difficile pour les entreprises  en Casamance, Et pour ce programme spécifique Casamance, vous avez décidé de les aider en procédant à un nantissement de la prime pour garantir les prêts au niveau des banques. Comment cela se fera t il ?
On a essayé d’innover parce que comme vous l’avez dit, la question de l’accès des Pme au crédit est une contrainte de taille pour cette catégorie d’entreprises qui en plus de la contrainte d’accès aussi connaît souvent des contraintes de coût du crédit. Nous avons pensé que, très souvent l’exigence de garanties est consécutive au risque que constitue la Pme. C’est pourquoi, l’accompagnement du bureau de mise à niveau atténue les risques. En ce sens que le bureau  procède à un diagnostic de l’entreprise. Un diagnostic stratégique évalue ses forces et faiblesses et ses menaces et propose à l’entreprises un plan stratégique d’investissements. Je crois que si ce travail là en amont est fait par le bureau de mise à niveau, les risques inhérents à la Pme sont amoindris. Et mieux, on a pensé aussi que lorsque le banquier est assuré que la prime qui va sanctionner l’effort  d’investissement du chef d’entreprise sera domiciliée chez elle, je pense que automatiquement la banque est  encline à octroyer le crédit avec moins de risque.
Qu‘est ce qui sera fait pour solutionner le problème de la disponibilité des primes ? 
Pour la disponibilité des primes, je crois qu’il faut dire que l’Agence française de développement et l’Etat du Sénégal qui sont  Co financeur de ce programme de mise à niveau spécifique des entreprises de la Casamance, ont dores déjà mobilisé la totalité des ressources financières. 1,9 milliards de francs CFA, pour l’Afd et  de 700 millions pour le gouvernement du Sénégal. Je crois que les ressources étant disponibles, il s’agit maintenant, au plan du traitement des dossiers,  au niveau de l’éligibilité, d’aller vite. Mais  une fois que le Comité de pilotage validera les plans de mise à niveau, les primes seront très rapidement disponibles et décaissées au profit de ces entreprises. Très souvent dans le cadre du schéma global, le versement des primes est consécutif au niveau de réalisation de l’investissement. C’est peut être là où , on va apporter des innovations pour que une fois que le dossier est approuvé que l’on passe rapidement à l’octroi des primes et au versement des primes dans les comptes bancaires des entreprises.
Quel est le dispositif qui sera mise en place à Ziguinchor pour faciliter la tâche aux opérateurs économiques qui veulent adhérer au programme de mise à niveau spécifique  Casamance ?
Effectivement, je pense que  c’est une question importante. Les autorités ont instruit la direction du Bureau de mise à niveau d’aller vite. Parce que les exigences de remettre l’économie de la région sur les rails sont tel qu’on ne peut pas se payer le luxe de traîner les pieds. Même s’il n ‘y a pas péril en la demeure. Pour palier justement à cette exigence, le bureau de mise à niveau va laisser déjà dans un premier temps, une équipe d’experts pour rapidement instruire les dossiers d’éligibilité après la cérémonie officielle de lancement du programme. Ensuite le bureau va s’attacher les services   d’un point focal qui sera basé à la chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Ziguinchor pour collecter, recevoir les dossiers d’adhésion au programme de mise à niveau spécifique Casamance. Une fois le premier traitement fait, les dossiers seront remontés au niveau de Dakar. Mais à Dakar aussi, un dispositif léger est mis en place consistant à l’existence d’un Comité de pilotage restreint composé du Directeur du bureau de mise à niveau des représentants du secteur bancaire, du secteur privé et de l’Etat. Mais ce comité de pilotage restreint aura la particularité de se réunir tous les mois. Et tous les trois mois, i fera un reporting au grand comité de pilotage. Et l’avantage de ce comite de pilotage restreint, c’est qu’il pourra traiter 5, 10 jusqu’à 15 dossiers par réunion. Ce qui fait que l’instruction des dossiers se fera à un rythme assez soutenu.
La balle aujourd’hui est dans le camp du secteur  privé local et dans le camp des entrepreneurs locaux et des entreprises locales. Elles doivent adhérer au programme. Elles doivent porter ce programme et y croire. Nous sommes juste une sorte de croie de transmission. On instruit les dossiers, on les défend auprès du Comité de pilotage, on octroie les primes et l’accompagnement. Il y a aussi un aspect important qui est le suivi évaluation. On voudrait qu’au bout de trois ans que l’on puisse dire voilà ce que le programme a apporté à l’économie locale, en terme de création d’emploi, de valeur ajoutée et de richesses. Bref, nous voulons que le produit local régional puisse être porté sur des taux aussi importants et qui permettront l’émergence d’un tissu de Pme denses innovantes et compétitives dans la région.  
Propos recueillis par Ismaila BA
La rédaction
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