- Monsieur l’Administrateur Général, il a été opéré une mutation institutionnelle du PROMISE avec la création du Fonds de Développement de la Microfinance Islamique (FDMI). Pouvez-vous nous rappeler les missions, le cadre et le modèle d’intervention du FDMI ? En termes d’innovation, qu’est ce qui a réellement changé à travers cette mutation ?
La mission principale du FDMI est de contribuer à la réalisation de l’inclusion socioéconomique des populations vulnérables à travers la microfinance islamique.
De manière plus spécifique, il s’agira de :
- promouvoir un environnement propice à l’essor de la microfinance islamique,
- fournir un accompagnement financier aux bénéficiaires finaux que sont les PME et les acteurs de l’économie sociale et solidaire
- fournir un accompagnement non financier aux bénéficiaires finaux et intermédiaires,
- établir des partenariats dynamiques avec les porteurs d’enjeux.
Modèle d’intervention
Le FDMI fournit des services financiers aux bénéficiaires finaux à travers les institutions de microfinance (IMF) exerçant une activité de finance islamique. Naturellement, l’accompagnement se fait avec les instruments de la finance islamique.
Toutefois, le FDMI fournit, au besoin, un accompagnement non financier à travers des activités d’éducation financière, de renforcement de capacités, d’assistance technique, de suivi, etc.
Pour accompagner les bénéficiaires finaux, le FDMI peut être amené à nouer des partenariats avec les structures de l’Etat qui interviennent dans l’encadrement et de renforcement de capacités.
Innovations
Le PROMISE est un projet avec une durée de vie limitée. En mettant en place le FDMI, qui est une personne morale de droit public, dotée d’une autonomie administrative et financière, les nouvelles autorités montrent leur volonté de faire de la microfinance islamique une option pérenne.
Ainsi, le FDMI peut participer à la mobilisation de ressources et il est appelé à concevoir des projets et produits innovants pour un meilleur impact sur les populations.
- Au terme de la période écoulée, quelle est l'incidence mesurable des financements octroyés via les Institutions de Microfinance Islamique partenaires (IMFI) en termes de création d'emplois durables et d'augmentation de revenus pour les bénéficiaires finaux (jeunes, femmes, AGR), et quels sont les indicateurs qui démontrent le plus clairement cette valeur ajoutée par rapport à la microfinance conventionnelle ?
Sur la période 2021 – 2023 le PROMISE a mobilisé 3,5 milliards de F CFA sur les ressources publiques pour des financement. Je ne dispose pas d’éléments quantifiés vérifiables quant aux impacts sur les bénéficiaires en l’absence d’une évaluation par un cabinet indépendant
Le recouvrement de ces ressources est un défi avec un taux de remboursement très faible. Nous avons enclenché des démarches pour externaliser les recouvrements.
- Comment le FDMI, en tant qu'instrument de financement, assure-t-il une parfaite cohérence et articulation avec les objectifs de la nouvelle phase de la Stratégie de Développement Economique et de l’agenda 2050 ?
Le FDMI est un instrument d’accompagnement financier et non financier au sein du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire (MMESS).
Le MMESS a mis en place :
- un cadre d’intervention pour se mettre en cohérence avec les objectifs de la SND 2025-2029 : le Pacte pour l’Inclusion financière universelle (PACTIFU -entre les instruments de financement du MMESS et les IMF), d’une part, et
- d’autre part, une stratégie dénommée Stratégie de Financement ciblé qui définit l’approche et les critères d’accompagnement. Ainsi avec cette approche, les bénéficiaires peuvent bénéficier d’un accompagnement qui part de l’appui pour la formalisation jusqu’à l’accès aux marchés, en passant par la formation et le financement.
La SND 2025-2029, prévoit de s’appuyer, entre autres, sur la finance islamique, en tant que financement innovant, pour financer le programme de transformation (Objectif stratégique 1.3. ).
Plus spécifiquement, le développement de la microfinance islamique est identifié comme un des leviers pour la réalisation de l’Effet attendu 1.3.7. « le renforcement de la microfinance et de l’inclusion financière ».
Les bénéficiaires finaux du FDMI sont les PME et les acteurs de l’économie sociale et solidaire.
Dans l’effet attendu 1.4.3. il est prévu le renforcement de l’offre de produits financiers adaptés aux besoins des entrepreneurs. Ainsi, le financement des PME devrait évoluer de 9% du total des crédits en 2023 à 14% en 2029.
Dans le même ordre d’idée, l’Objectif stratégique 3.6 du SND 2025-2029, prévoit de soutenir l'économie sociale et solidaire.
En tenant compte de ce positionnement stratégique, nous avons produit des drafts de documents stratégiques alignés aux objectifs de la SND. Il s’agit d’accompagnement de porteurs de projets à fort impact socioéconomique avec de nouveaux emplois créés ou consolidés, augmentation du revenu des bénéficiaires, renforcement de leur capacités techniques et financières en vue de leur autonomisation économique dans le moyen terme. Les instruments de la finance islamique sont efficaces pour y parvenir.
Plus spécifiquement, le développement de la microfinance islamique est identifié comme un des leviers pour la réalisation de l’Effet attendu 1.3.7. « le renforcement de la microfinance et de l’inclusion financière ».
Les bénéficiaires finaux du FDMI sont les PME et les acteurs de l’économie sociale et solidaire.
Dans l’effet attendu 1.4.3. il est prévu le renforcement de l’offre de produits financiers adaptés aux besoins des entrepreneurs. Ainsi, le financement des PME devrait évoluer de 9% du total des crédits en 2023 à 14% en 2029.
Dans le même ordre d’idée, l’Objectif stratégique 3.6 du SND 2025-2029, prévoit de soutenir l'économie sociale et solidaire.
En tenant compte de ce positionnement stratégique, nous avons produit des drafts de documents stratégiques alignés aux objectifs de la SND. Il s’agit d’accompagnement de porteurs de projets à fort impact socioéconomique avec de nouveaux emplois créés ou consolidés, augmentation du revenu des bénéficiaires, renforcement de leur capacités techniques et financières en vue de leur autonomisation économique dans le moyen terme. Les instruments de la finance islamique sont efficaces pour y parvenir.
- Au-delà de l'appui direct, quelle est la stratégie de sortie et de pérennisation du FIDM, visant à assurer l'autonomie financière et opérationnelle des IMFI et à garantir la durabilité de l'offre de produits de microfinance islamique, même après la fin du financement du projet ?
La durabilité des IMFI dépend de l’attractivité, de la compétitivité de leurs produits mais aussi de leur bonne gouvernance. Le FDMI accorde des lignes de financement islamique aux IMFI et participe aussi au renforcement des capacités des agents, particulièrement en matière de la finance islamique.
Le FDMI prévoit de mener des campagnes de communications et d’éducation financière pour mieux faire connaitre les produits de finance islamique et augmenter sensiblement l’épargne collectée par les IMFI.
En parvenant à mobiliser assez d’épargne auprès des populations et à les fidéliser, les IMFI auront fait un pas important vers la réalisation de la durabilité.
Le développement de produits innovants fait partie des missions du FDMI qui pourra accompagner les IMFI à rester attractives et compétitives.
- Le développement de la microfinance islamique nécessite un cadre réglementaire adapté. Quel est l'état d'avancement des réformes entreprises pour affiner ou compléter le dispositif réglementaire national afin de sécuriser et d'encourager l'innovation des produits islamiques (Takaful, Sukuk, etc.) pour une meilleure inclusion financière ?
La réglementation du secteur financier se fait au niveau communautaire.
En 2018, la BCEAO a publié des textes qui fixent les conditions d’exercice de l’activité de finance islamique mais aussi les caractéristiques des opérations de finance islamique.
Dans les nouvelles lois uniformes portant réglementation bancaire et de microfinance, des titres spécifiques sont dédiés à la finance islamique.
Il existe aussi des contrats types pour les instruments de la FI ainsi qu’un guide de gouvernance charia
Toutefois, il n’existe pas encore un cadre comptable et de référentiel prudentiel spécifiques à la finance islamique.
Le Takaful est réglementé depuis 2019 avec la publication du Livre IX portant Réglementation des opérations d’assurance Takâful dans les Etats membres de la Conférence interafricaine des marchés d'assurance.
Pour ce qui est des Sukuk, il existe désormais un cadre réglementaire dédié avec le RÈGLEMENT N° 10 /2022/CM/UEMOA relatif aux titres financiers islamiques, aux sociétés d’émission de Sukuk autogérées et aux fonds d’émission de Sukuk dans l’UEMOA.
- Quels sont les investissements prioritaires du FDMI pour le renforcement des capacités (techniques, gouvernance et conformité) du personnel des SFDI ? De plus, quelle est la stratégie du Fonds pour accélérer la digitalisation des services de microfinance islamique, afin d'améliorer l'accessibilité et de réduire les coûts opérationnels pour les populations éloignées ?
FDMI est un organisme de promotion et d’appui et ses prérogatives sont limitées.
Il revient aux IMFI d’élaborer leur stratégie de digitalisation. Toutefois, le FDMI dispose déjà de Plateforme d’enrôlement de financement depuis plus de 3 ans.
Il existe aussi un marché de SIG adapté à la finance islamique en cours de lancement que les IMFI de de petite taille pourront utiliser moyennant une redevance.
Lejecos Magazine Novembre 2025
Il revient aux IMFI d’élaborer leur stratégie de digitalisation. Toutefois, le FDMI dispose déjà de Plateforme d’enrôlement de financement depuis plus de 3 ans.
Il existe aussi un marché de SIG adapté à la finance islamique en cours de lancement que les IMFI de de petite taille pourront utiliser moyennant une redevance.
Lejecos Magazine Novembre 2025


chroniques

