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IBRAHIMA DIOUF DIRECTEUR DU BMN : « Il faut s’arrêter, faire le bilan, identifier les contraintes, dessiner le futur »

Vendredi 24 Octobre 2014

Avant la tenue des troisièmes journées de la mise à niveau , qui auront lieu les 28 et 29 octobre , au King Fahd Palace, le Directeur du Bureau de mise à niveau(BMN), Ibrahima Diouf, apporte des éclairages sur le bilan de ces 11 dernières années, sur les programmes phares mais aussi sur ce qui va se faire au cours de cette importante rencontre. Entretien


Ibrahima Diouf, directeur du Bureau  de Mise à Niveau des entreprises
Ibrahima Diouf, directeur du Bureau de Mise à Niveau des entreprises
M. Le Directeur,  pouvez-vous nous dresser un bilan sommaire des onze années d’existence du bureau de mise à niveau des entreprises du Sénégal ?
Tout d’abord le Programme National de Mise à Niveau a réussi à inculquer la culture de la mise à niveau aux chefs d’entreprises sénégalais. Aujourd’hui il est rare de ne pas entendre ou constater, un chef d’entreprise à fort potentiel qui ne soit pas intéressé à adhérer au Programme de Mise à Niveau.
Ensuite au plan quantitatif, la mise à niveau a accompagné, à travers les interventions de son bras  opérationnel le Bureau de Mise à Niveau, plus d’une centaine d’entreprises, exactement 115 entreprises de secteurs d’activités divers (Agro-Industrie, Service du Tourisme, l’hôtellerie et de la Restauration, de la Chimie  de la Métallurgie, de la Mécanique, des Tic, des BTP, des Transports, de la logistique …..
Ces interventions du  Bureau ont donné lieu à des plans de mise à niveau pour des investissements approuvés de l’ordre de 61 milliards de F CFA et de primes octroyées de 13 milliards dont 07 milliards effectivement décaissés et versés aux entreprises bénéficiaires.
Au plan de l’emploi, les 115 entreprises accompagnées ont vu leurs emplois permanents progresser de 9%  passant de 11200 à leur adhésion à 12 200 à la clôture de leurs plans de mise à niveau. Toujours parmi les entreprises bénéficiaires, 25% d’entre elles sont exportatrices nettes vers les marchés sous régionaux, et internationaux notamment européens.
Votre expérience est aujourd’hui considérée comme un modèle  Quels sont les pays qui s’inspirent de ce vous faites  et comment se fait les partenariats avec les BMN de ces Etats ?
 
En effet, le Programme Sénégalais de Mise à Niveau des entreprises commence à s’exporter dans la zone UEMOA et aujourd’hui en Afrique Centrale.
Il faut dire que c’est tout d’abord la Commission de l’UEMOA qui s’est largement inspirée du modèle sénégalais avec son Programme Régional de Restructuration et de Mise à Niveau de l’industrie des Etats membres en 2007 et qui aujourd’hui entre dans sa phase.
Ensuite des pays comme le Niger, le Togo, le Benin, le Cameroun ont réalisé des missions d’études et de benchmark qui, pour signer des conventions de partenariat et d’assistance avec le Bureau du Sénégal,  qui pour l’envisager dans un futur proche surtout pour les thématiques de l’Environnement et de l’efficacité énergétique qui constituent des innovations de taille pour notre Programme.
Vous êtes à la tête d’une équipe composée d’experts de haut niveau comment se passe concrètement la collaboration avec eux ?
Un climat de confiance et de responsabilité règne au sein du Bureau de Mise à Niveau entre la Direction dont j’ai l’honneur d’être à la tête et l’équipe d’Experts pointus qui m’accompagnent dans ma mission. Vous savez, lorsque vous disposez d’une équipe compétente, il faut savoir utiliser les hommes et les femmes qui la compose, en les responsabilisant, mais surtout en favorisant une ambiance d’adhésion collective aux orientations stratégiques et à la gouvernance du Programme.
Cette vision, combinée avec une politique de valorisation des ressources humaines en adéquation avec notre mission et nos moyens, donne les résultats qui nous valent aujourd’hui une reconnaissance internationale aussi bien en Afrique et dans le monde.
La signature des Ape est pour bientôt. Comment appréhendez-vous cette échéance en tant qu’organe d’appui et de conseil aux entreprises, si l’on sait aussi  que le Bmn a été créé quelque part à cause des Ape ?
La Mise en place au Sénégal en 2004, dans le cadre du PARCES (Programme d’Appui au Renforcement de la Compétitivité des Entreprises Sénégalaises) d’un Programme National de Mise à Niveau des Entreprises était perçue comme une réponse  à la libéralisation et à l’ouverture de nos économies.
La ratification prochaine des APE entre l’Afrique de l’Ouest et l’Union Européenne  est en quelque sorte  ce que   préparait déjà le PARCES avec l’avènement du Programme Sénégalais de Mise à Niveau. Il est question aujourd’hui, au regard des résultats acquis, de renforcer au plan humain, matériel et financier le Programme et le Bureau de Mise à Niveau et de le mettre en cohérence dans le double contexte du PSE et de l’APE. Ce faisant, le Programme de Mise à Niveau constituera davantage un puissant levier pour continuer de manière significative à la création d’emplois, à l’accélération et à la diversification des sources de la croissance, à la transformation structurelle de l’économie et à l’émergence économique.
Parlez-nous du programme spécial que le bureau de mise à niveau a prévu pour la Casamance mais aussi celui pour le Nord dans la zone de Saint Louis ?
Le Programme Spécial de Mise à Niveau des Entreprises de la Casamance obéit au souci exprimé par le Chef de l’Etat, lors de son dernier voyage à Ziguinchor, de donner un contenu à sa Vision des Pôles de Développement Economique. Il s’agit également pour le Bureau de Mise à Niveau, conformément aux orientations stratégiques issues de la « retraite de Saly » en juin 2013, de se déployer à l’intérieur du pays en adaptant l’offre de mise à niveau aux besoins des entreprises privées régionales.
La Casamance, comme zone à développement prioritaire, recèle d’énormes potentielles agricoles, agroforestières, halieutiques, touristiques etc… qu’il y’a lieu de valoriser d’autant plus que son tissu économique a été déstructuré par un conflit trentenaire.
Reconstruire la Casamance à travers la réhabilitation de l’entreprise telle est la philosophie qui anime et le Ministre du Commerce et le Comité de Pilotage du BMN qui ont instruit le Bureau de Mise à Niveau de mener à bien ce Programme expérimental et symbolique d’un montant de 700 millions de FCFA.
Comme pour le Sud, la région Nord va également bénéficier de notre contribution pour l’atteinte  des objectifs d’autosuffisance en riz grâce au renforcement de la productivité et de la compétitivité d’unités agro- industrielles modernes et pérennes.
Nous comptons intervenir dans ces zones respectives en y déployant le concept nouveau de mise à niveau spécifique avec des modes opératoires adaptés et allégés.
Vous allez organiser les 28 et 29 octobre prochains, au King Fahd Palace la 3éme édition des journées de la mise à niveau. Quel sens faut-il donner à ce rendez-vous ?
La troisième édition des Journées de la Mise à Niveau se veut pratique. Elle coïncide avec les 10 ans du Programme de Mise à Niveau des Entreprises Sénégalaises. Après  une décennie de pratique de mise à niveau, il faut s’arrêter, faire  le bilan, identifier les contraintes, dessiner le futur. Surtout il s’agit de partager l’expérience sénégalaise qui est la première expérience en Afrique au Sud du Sahara, avec les autres Bureaux Africains au moment où les APE vont devenir une réalité dans notre environnement économique et social immédiat.
A l’issue de ces journées, il sera mis en place le Premier Bureau du Réseau Africain des Bureaux de Mise à Niveau des Entreprises.
Il est temps pour l’Afrique, face aux nouveaux défis et paradigmes de son développement  de développer des stratégies gagnantes à l’échelle sous régionale et continentale. Il faudra parvenir à faire de l’intégration économique une donnée essentielle permettant  d’arrimer notre espace communautaire à l’économie mondiale et aux marchés émergents d’avenir.
Qu’est ce qu’il y aura au menu de ces journées et quels sont les objectifs que vous comptez atteindre ?
Au menu de ces journées, une réflexion poussée sera menée relativement au processus de pérennisation du Programme de Mise à Niveau, notamment la mobilisation des ressources auprès de l’Etat et des Partenaires Techniques et Financiers pour le financement du Fonds  de Mise à Niveau.
Le bilan et les perspectives de la mise en place de « lignes Vertes » pour financer à taux bonifié les investissements des entreprises mises à niveau qui intègrent les volets Environnement et Efficacité Energétique sera réalisé à cette occasion. L’importance des Programmes de Mise à Niveau comme réponse pour le secteur privé régional à l’entrée en vigueur prochaine des APE sera un thème très attendu lors de ces journées.
Le thème sur la mise à niveau est facilitation du commerce intra régionale constituera un moment fort eu égard à l’importance pour notre pays qui réalise plus de 50% de ses échanges commerciaux avec les Etats limitrophes. L’impact du Programme de Mise à Niveau sur les entreprises et l’économie fera l’objet d’une communication du siège de l’AFD lors de ces journées.
Tout le travail technique et scientifique de ces journées a été principalement menés par les membres du Comité Scientifique mis en place à cet effet et présidé par M. Aliou FAYE Directeur de Centre d’Etude de Politiques de Développement (CEPOD) du Ministère de l’Economie et des Finances.
Entretien publié dans Nouvel Horizon édition 931
 
La rédaction
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