Pendant trois jours, responsables gouvernementaux, experts financiers, institutions multilatérales et investisseurs ont échangé sur les défis liés à la dette africaine, à la soutenabilité budgétaire et au financement du développement durable dans un contexte marqué par les pressions économiques et climatiques.
Prenant la parole lors de la rencontre, la secrétaire exécutive adjointe de la Cea chargée de l’appui aux programmes, Mama Keita, a estimé que la crise de la dette en Afrique dépasse désormais le simple cadre budgétaire.
« Le défi de la dette africaine est devenu une crise du développement, une vulnérabilité climatique et une urgence de gouvernance », a-t-elle déclaré, appelant à une réponse intégrée et coordonnée.
Selon elle, les gestionnaires africains de la dette jouent aujourd’hui un rôle stratégique dans la construction de l’avenir économique du continent. Elle a également plaidé pour une réforme du système mondial de la dette afin qu’il prenne davantage en compte les besoins de développement des populations africaines.
Le secrétaire exécutif de la Cea, Claver Gatete, avait auparavant alerté sur l’ampleur du poids de la dette extérieure africaine, estimée à près de 1 200 milliards de dollars. Dans plusieurs pays, plus du quart des recettes publiques est désormais consacré au service de la dette.
« Cela signifie des écoles non construites, des centres de santé sous-équipés et des emplois qui ne sont pas créés », a-t-il averti, soulignant que le développement du continent se retrouve fortement ralenti.
Les discussions ont porté sur les mécanismes permettant d’intégrer les enjeux climatiques et de développement durable dans les stratégies de gestion de la dette. Les participants ont notamment exploré des solutions innovantes liant stratégies d’endettement, analyses de soutenabilité et objectifs environnementaux et sociaux.
Le forum a également examiné les limites actuelles du cadre d’analyse de soutenabilité de la dette du Fmi, plusieurs experts estimant que les investissements réalisés pour renforcer la résilience climatique ne sont pas suffisamment pris en compte dans l’évaluation des risques.
La ministre d’État éthiopienne chargée de la coopération économique, Semereta Sewasew, a insisté sur le fait que la soutenabilité de la dette ne dépend pas uniquement de son volume, mais aussi de sa structure et de la crédibilité des politiques économiques mises en œuvre.
De son côté, le directeur général de Fsd Africa, Mark Napier, a appelé les pays africains à renforcer les stratégies de financement dédiées au climat et à la protection de la nature afin de bâtir une résilience durable.
Selon les données présentées lors du forum, le service total de la dette africaine a plus que doublé en dix ans pour atteindre 163 milliards de dollars. Dans trente pays africains, les paiements d’intérêts dépassent désormais les budgets alloués à la santé publique.
Face à cette situation, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les marchés financiers domestiques, d’améliorer les systèmes de gestion de la dette et de développer des mécanismes innovants de partage des risques avec les partenaires internationaux.
Le Forum africain sur la finance souveraine a réuni des représentants de ministères des finances et de structures de gestion de la dette de 18 pays africains, ainsi que des agences de notation, institutions financières régionales, investisseurs et experts du financement durable.
Bassirou MBAYE
Prenant la parole lors de la rencontre, la secrétaire exécutive adjointe de la Cea chargée de l’appui aux programmes, Mama Keita, a estimé que la crise de la dette en Afrique dépasse désormais le simple cadre budgétaire.
« Le défi de la dette africaine est devenu une crise du développement, une vulnérabilité climatique et une urgence de gouvernance », a-t-elle déclaré, appelant à une réponse intégrée et coordonnée.
Selon elle, les gestionnaires africains de la dette jouent aujourd’hui un rôle stratégique dans la construction de l’avenir économique du continent. Elle a également plaidé pour une réforme du système mondial de la dette afin qu’il prenne davantage en compte les besoins de développement des populations africaines.
Le secrétaire exécutif de la Cea, Claver Gatete, avait auparavant alerté sur l’ampleur du poids de la dette extérieure africaine, estimée à près de 1 200 milliards de dollars. Dans plusieurs pays, plus du quart des recettes publiques est désormais consacré au service de la dette.
« Cela signifie des écoles non construites, des centres de santé sous-équipés et des emplois qui ne sont pas créés », a-t-il averti, soulignant que le développement du continent se retrouve fortement ralenti.
Les discussions ont porté sur les mécanismes permettant d’intégrer les enjeux climatiques et de développement durable dans les stratégies de gestion de la dette. Les participants ont notamment exploré des solutions innovantes liant stratégies d’endettement, analyses de soutenabilité et objectifs environnementaux et sociaux.
Le forum a également examiné les limites actuelles du cadre d’analyse de soutenabilité de la dette du Fmi, plusieurs experts estimant que les investissements réalisés pour renforcer la résilience climatique ne sont pas suffisamment pris en compte dans l’évaluation des risques.
La ministre d’État éthiopienne chargée de la coopération économique, Semereta Sewasew, a insisté sur le fait que la soutenabilité de la dette ne dépend pas uniquement de son volume, mais aussi de sa structure et de la crédibilité des politiques économiques mises en œuvre.
De son côté, le directeur général de Fsd Africa, Mark Napier, a appelé les pays africains à renforcer les stratégies de financement dédiées au climat et à la protection de la nature afin de bâtir une résilience durable.
Selon les données présentées lors du forum, le service total de la dette africaine a plus que doublé en dix ans pour atteindre 163 milliards de dollars. Dans trente pays africains, les paiements d’intérêts dépassent désormais les budgets alloués à la santé publique.
Face à cette situation, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les marchés financiers domestiques, d’améliorer les systèmes de gestion de la dette et de développer des mécanismes innovants de partage des risques avec les partenaires internationaux.
Le Forum africain sur la finance souveraine a réuni des représentants de ministères des finances et de structures de gestion de la dette de 18 pays africains, ainsi que des agences de notation, institutions financières régionales, investisseurs et experts du financement durable.
Bassirou MBAYE

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