- Monsieur le Directeur général, vous venez récemment d’être nommé à la tête de la première filiale de la Bnde dédiée à la microfinance islamique, après avoir occupé antérieurement plusieurs postes de responsabilité en interne. Pouvez-vous revenir très brièvement sur les missions et activités de l’institution Al Rahma?
De prime abord , je dois rappeler que Al Rahma Microfinance islamique SA a été créée en 2019 et a obtenu son agrément seulement en 2023. Donc elle est très jeune, et aussi cette création répond, pour la Bnde, à des préoccupations traduites en missions confiées à Al Rahma.
Ces missions s’articulent autour de trois axes principaux à savoir :
- le renforcement de l’inclusion financière,
- la promotion d’un mode de financement éthique ;
- et la facilitation de l’accès des acteurs de l’économie social et solidaire aux services financiers.
Concernant ses activités, maintenant, il faut dire que Al Rahma réalise toutes les opérations dévolues aux institutions de finance islamique, dont principalement la collecte de dépôts et les opérations de financement.
- L’essor de la finance islamique reste un défi majeur face à la faiblesse du taux de bancarisation et de l’accès au financement au Sénégal ? Que représente le modèle Al Rahma dans l’inclusion financière ?
Votre question relève, en amont, plus d’un constat, à savoir l’immense chantier pour la finance islamique relativement aux enjeux de l’inclusion financière ; même s’il faut reconnaitre que des avancées sont notées ces dernières années, avec l’obtention par certaines institutions dont Al Rahma d’un agrément ou d’une autorisation d’exercer des activités de finance islamique.
A cet effet, Al Rahma se veut une structure agile et par conséquent se positionne comme un catalyseur de l’inclusion financière. Son modèle repose essentiellement sur des piliers telle que, l’offre de produits et services financiers innovants, adaptés aux besoins et aspirations des populations cibles. L’autre socle du modèle de notre institution c’est la digitalisation, qui est la pierre angulaire dans la dynamique de recherche de l’efficience opérationnelle et stratégique, au cœur de laquelle est nichée la satisfaction des clients.
Par ailleurs Al Rahma se positionne aussi comme un partenaire privilégié des projets et programmes de développement de l’Etat et de toutes les institutions, qui requièrent pour leur exécution une conformité aux principes de la finance islamique.
- Comment cela se passe-t-il concrètement pour les clients qui souhaitent se financer sur des lignes de crédit conformes à la charia?
Pour être beaucoup plus explicite, on peut aller au-delà des lignes de crédit, qui dénotent une portée bien déterminée. En effet, Al Rahma en tant que Sfd exerçant à titre exclusif l’activité de finance islamique est sensée se conformer à la charia pour toutes ses opérations. Donc au-delà des lignes de crédit, nous veillons à la conformité chariatique de toutes nos offres de financement. Ses offres sont essentiellement adossées à des instruments de vente, de participation ou de location.
Présentement le contrat le plus usité chez nous, c’est la Mourabaha, qui permet à nos clients d’acquérir des marchandises, des équipements ou services. Pour rappel la finance islamique est intrinsèquement liée à l’économie réelle : elle bannit l’intérêt et autorise le commerce. Ainsi, Al Rahma opérationnalise la Mourabah, qui consiste à acheter d’abord un actif avant de revendre au client.
Dans cette opération, le client produit en plus des documents servant à l’analyse de sa solvabilité et sa rentabilité, une facture pro-forma ou une promesse de vente.
Si le dossier remplit les critères fixés, Al Rahma procède à l’achat du bien choisi par le client et le lui revends en étalant le paiement sur une durée correspondant à son cycle d’exploitation.
Par conséquent, Al Rahma remet au client des actifs tangibles en lieu et place de l’argent.
Présentement le contrat le plus usité chez nous, c’est la Mourabaha, qui permet à nos clients d’acquérir des marchandises, des équipements ou services. Pour rappel la finance islamique est intrinsèquement liée à l’économie réelle : elle bannit l’intérêt et autorise le commerce. Ainsi, Al Rahma opérationnalise la Mourabah, qui consiste à acheter d’abord un actif avant de revendre au client.
Dans cette opération, le client produit en plus des documents servant à l’analyse de sa solvabilité et sa rentabilité, une facture pro-forma ou une promesse de vente.
Si le dossier remplit les critères fixés, Al Rahma procède à l’achat du bien choisi par le client et le lui revends en étalant le paiement sur une durée correspondant à son cycle d’exploitation.
Par conséquent, Al Rahma remet au client des actifs tangibles en lieu et place de l’argent.
- Certains acteurs opposent souvent à tort ou à raison la finance islamique à l’islamisation des fonds. Que leur répondez -vous ?
Je crois que c’est une confusion qui relève d’une méconnaissance de la finance islamique. En effet, la finance islamique est un système financier et qui dit système parle d’acteurs, de règles, d’instruments et marchés. Pour la finance islamique l’ensemble de ces éléments se croisent sur le même piédestal à savoir le recours indispensable à la charia pour entériner toute action. La finance islamique conjugue l’économie, le droit musulman des affaires et l’éthique. Donc, elle est vraiment loin de se cantonner à une quelconque islamisation même des fonds. D’ailleurs, elle est inclusive et profite même à ceux qui ne sont pas de confession musulmane.
N’a-t-on pas dit que Londres est la capitale de la finance islamique en Europe alors que les musulmans y constituent une petite minorité ?
Certes, c’est une finance qui obéit aux critères de la charia et qui peut même être qualifié de finance ‘Ibrahimique, car faut-il le rappeler, l’interdiction du Riba est présente dans toutes les trois religions révélées.
Il s’avère alors important pour l’ensemble des acteurs de l’écosystème de la finance islamique de relever le défi de la communication, afin que pareille allégation ne puisse prospérer.
N’a-t-on pas dit que Londres est la capitale de la finance islamique en Europe alors que les musulmans y constituent une petite minorité ?
Certes, c’est une finance qui obéit aux critères de la charia et qui peut même être qualifié de finance ‘Ibrahimique, car faut-il le rappeler, l’interdiction du Riba est présente dans toutes les trois religions révélées.
Il s’avère alors important pour l’ensemble des acteurs de l’écosystème de la finance islamique de relever le défi de la communication, afin que pareille allégation ne puisse prospérer.
- Conformément à votre offre de services financiers, l’institution Al Rahma dispose en son sein d’un Conseil de conformité interne (Cci). Quelles sont les spécificités de ce dispositif par rapport à une institution financière classique ?
La conformité est vraiment la colonne vertébrale de la finance islamique et le Cci en est l’assurance et la garantie.
D’ailleurs, l’instruction 03-03-2018 de la Bceao sur les dispositions particulières applicables aux Sfd exerçant une activité de finance islamique l’exige même dans le dossier de demande d’agrément.
Cette entité qui est le Cci n’est pas un organe de Al Rahma. Il lui fournit juste une prestation de service, en termes de certification des produits et services, de contrôle et d’audit de conformité de l’activité.
C’est une spécificité de la gouvernance des institutions de finance islamique. C’est en effet, une entité qui bénéficie d’une certaine autonomie, conseille le Sfd, analyse toutes ses opérations, examine et approuve les rapports d’audit, le tout en termes de respect des principes et règles de la finance islamique.
En plus, l’instruction précitée a défini le statut, le profile et les rôles et responsabilités des membres qui la composent.
D’ailleurs, l’instruction 03-03-2018 de la Bceao sur les dispositions particulières applicables aux Sfd exerçant une activité de finance islamique l’exige même dans le dossier de demande d’agrément.
Cette entité qui est le Cci n’est pas un organe de Al Rahma. Il lui fournit juste une prestation de service, en termes de certification des produits et services, de contrôle et d’audit de conformité de l’activité.
C’est une spécificité de la gouvernance des institutions de finance islamique. C’est en effet, une entité qui bénéficie d’une certaine autonomie, conseille le Sfd, analyse toutes ses opérations, examine et approuve les rapports d’audit, le tout en termes de respect des principes et règles de la finance islamique.
En plus, l’instruction précitée a défini le statut, le profile et les rôles et responsabilités des membres qui la composent.
- Quelle est votre stratégie de déploiement géographique pour atteindre vos cibles ? Quelle est la place du digital dans la gestion de la relation clientèle ?
La proximité client est d’une importance majeure pour Al Rahma. Par ailleurs, comme mentionné plus haut nous avons l’ambition d’être un catalyseur de l’inclusion financière à l’échelle de tout le territoire national. La stratégie de déploiement est guidée par la volonté d’être très proche de nos clients dans la quête permanente de leur satisfaction.
C’est ainsi que nous envisageons l’ouverture d’agences dans la mesure du possible partout où le besoin se fera sentir. En outre nous attachons un intérêt particulier à l’innovation. Je vous signale par ailleurs, qu’une kyrielle de solutions digitales, qui concourent à combler les exigences des clients sont maintenant disponibles. Ainsi, Al Rahma compte recourir à ces outils pour être au rendez-vous. Il en découle alors, naturellement, une réponse à votre deuxième question. Nous accordons, en effet, une place importante à la digitalisation, d’où l’ambition manifestée dans notre plan d’orientation stratégique de devenir une institution 100% digitale.
C’est ainsi que nous envisageons l’ouverture d’agences dans la mesure du possible partout où le besoin se fera sentir. En outre nous attachons un intérêt particulier à l’innovation. Je vous signale par ailleurs, qu’une kyrielle de solutions digitales, qui concourent à combler les exigences des clients sont maintenant disponibles. Ainsi, Al Rahma compte recourir à ces outils pour être au rendez-vous. Il en découle alors, naturellement, une réponse à votre deuxième question. Nous accordons, en effet, une place importante à la digitalisation, d’où l’ambition manifestée dans notre plan d’orientation stratégique de devenir une institution 100% digitale.
- La rigidité de la réglementation n’est-elle pas un handicap pour les institutions financières islamiques par rapport à la concurrence ?
Je pense tout d’abord qu’il faut saluer les efforts déployés pour l’amélioration du cadre réglementaire concernant la finance islamique, notamment à travers la publication dès 2018, des instructions de la Bceao . Et ensuite l’adoption de la nouvelle loi portant réglementation de la microfinance qui intègre des préoccupations de la finance islamique.
Par ailleurs, je trouve que la réglementation de la finance islamique est assez permissive en rendant disponible un large éventail d’instruments ou contrats pouvant être utilisés pour adresser les besoins variés des différents types de clients.
Nonobstant ces considérations, il faut reconnaitre qu’il y a encore beaucoup d’attentes sur les aspects règlementaires pour permettre à la finance islamique d’occuper la place appropriée dans notre zone.
Maintenant, tout se jouera aussi dans l’ingénierie et l’innovation, dont chaque acteur du secteur fera preuve pour tirer son épingle du jeu dans un marché du reste très concurrentiel.
Pour sa part, Al Rahma s’inscrit dans une dynamique de proximité et d’intelligence avec ses cibles pour faire des propositions innovantes.
Par ailleurs, je trouve que la réglementation de la finance islamique est assez permissive en rendant disponible un large éventail d’instruments ou contrats pouvant être utilisés pour adresser les besoins variés des différents types de clients.
Nonobstant ces considérations, il faut reconnaitre qu’il y a encore beaucoup d’attentes sur les aspects règlementaires pour permettre à la finance islamique d’occuper la place appropriée dans notre zone.
Maintenant, tout se jouera aussi dans l’ingénierie et l’innovation, dont chaque acteur du secteur fera preuve pour tirer son épingle du jeu dans un marché du reste très concurrentiel.
Pour sa part, Al Rahma s’inscrit dans une dynamique de proximité et d’intelligence avec ses cibles pour faire des propositions innovantes.
- Quels sont les chantiers et projets de l’institution Al Rahma?
Nous avons un certain nombre de chantiers stratégiques dont le parachèvement de notre transformation digitale et le renforcement du capital de Al Rahma.
La réalisation de notre grande ambition est tributaire de ces deux chantiers. En effet, pour être présent sur tout le territoire national et atteindre toutes nos cibles, nous devons disposer d’un levier financier en phase avec le dispositif prudentiel.
Lejecos Magazine Novembre 2025


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