Davos est-il encore utile ?

Mercredi 4 Février 2015

Alors qu’il y a plus de 40 conflits dans le monde et que le Conseil de sécurité de l’ONU montre ses limites, les grands de ce monde se réunissent à Davos pour la 45ème édition du Forum économique mondial.


Abderrazzak Sitaïl, Directeur de Publication du Groupe Les Afriques
Abderrazzak Sitaïl, Directeur de Publication du Groupe Les Afriques
Pour cette édition, plusieurs questions sont à l’ordre du jour, notamment les conflits entre États, le réchauffement climatique et le chômage. 
Initié depuis 1971, le Sommet de Davos réunit chaque année les dirigeants politiques et les patrons de multinationales pour apporter des réponses aux problématiques de la planète. 45 ans après sa création, quel rôle pour le Sommet de Davos ? En effet, le monde a connu depuis des bouleversements idéologiques, économiques et sociaux, tels que l’effondrement de l’URSS, la chute du mur de Berlin, l’avènement de la mondialisation. De même, suite à la crise financière de 2008, nous constatons beaucoup de manifestations à connotation sociale dans plusieurs capitales : Madrid, Le Caire, Tunis, Athènes. Au moment où se tient ce Sommet, le parti de gauche Syriza, en Grèce, est en passe de remporter les législatives avec comme programme la suppression de la politique d'austérité dictée par Bruxelles, démontrant ainsi une forte quête d’équité sociale de la part des populations. Face à ce constat, il y a lieu de s’interroger sur l’opportunité pour l’élite politico- économique mondiale de tenir ce raout de Davos. Dans ce contexte de tensions sociales très fortes et d’instabilités géopolitiques majeures, environ 1 700 jets privés ont été mobilisés pour transporter les 2 500 participants qui ont payé un ticket d’entrée de 19 000 dollars chacun (sans compter les 52 000 $ que chaque participant doit verser à la Fondation du Forum économique mondial). 
 
Davos est devenu un simple outil de networking où les participants viennent exhiber leur réussite. Soulignons qu’en 2016, 1% des hommes les plus riches détiendront la moitié de la richesse mondiale. Davos risque de devenir ce hiatus entre riches et pauvres, symbolisant ainsi une élite déconnectée de la réalité sociale. Gageons que cette rencontre puisse intégrer les vraies réalités socioéconomiques des populations dans ses réflexions et ses actions pour que son existence ne soit pas inutile. 
Lesafriques
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