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Amélioration des conditions de travail et développement de l’agroalimentaire : Le Syntias porté sur les fonts baptismaux

Samedi 25 Juin 2022

Le Syndicat des travailleurs informels de l’agroalimentaire du Sénégal (Syntias) est porté sur les fonts baptismaux ce jeudi 23 juin à Dakar. L’objectif de la mise en place dudit syndicat est, selon sa secrétaire générale Mariama Mbodji Diouf, de se positionner comme « une force de propositions » afin d’accompagner les travailleurs informels du secteur mais aussi l’Etat pour le développement de l’agroalimentaire au Sénégal.


Syndicat des travailleurs informels de l’agroalimentaire du SénégalC’est le tout nouveau arrivé dans le paysage syndical au Sénégal. Il a été porté sur les fonts baptismaux ce jeudi 23 juin 2022 dans la capitale sénégalaise, Dakar.
 
Ce sont des travailleurs informels de l’agroalimentaire venant de l’ensemble des 14 régions du Sénégal qui se sont réunis en conclave pendant trois jours pour se former sur la syndicalisation et mettre en place, par la même occasion, leur syndicat, le Syntias.
 
« Le Syndicat, ce n’est pas que pour revendiquer, il compte se positionner en tant que force de propositions pertinentes adressées à l’Etat pour contribuer au développement de l’agroalimentaire mais aussi pour l’envol de notre économie nationale », a précisé la secrétaire générale du Syntias, Mariama Mbodji Diouf.
 
Par ailleurs directrice de Maria distribution Sarl, entreprise évoluant dans la transformation et la distribution des produits locaux, Mme Diouf confie : « Nous allons discuter, dialoguer, faire des propositions à l’Etat pour que le secteur de l’agroalimentaire puisse se développer. On est une force et on est conscient. »
 
Pour elle, le métier de la transformation des produits agroalimentaires rencontre des problèmes, notamment en ce qui concerne l’approvisionnement en céréales, l’emballage, l’accès aux engrais, à la terre entre autres.
 
Pour le moment, dit-elle, « le mil non décortiqué est à 350 mille et le maïs à 380 mille voire 400 mille la tonne ». « C’est exorbitant pour ceux qui sont dans la transformation », regrette la secrétaire du Syntias.
 
A l’en croire, il faut des solutions de subventions à l’achat. C’est-à-dire, explique Mme Diouf, si la tonne de mille dépasse 200 mille francs Cfa par exemple, le syndicat, étant une force de proposition et de recherche de solution, pourrait, en concertation avec l’Etat, aider à trouver des moyens pour que ces produits soient subventionnés à l’achat afin de faciliter l’accès aux populations.
 
Concernant la massification, l’objectif du syndicat est d’enrôler 2000 membres d’ici à fin décembre 2022, soit plus de 142 membres adhérés au niveau de chacune des 14 régions du Sénégal. Après la mobilisation des travailleurs informels de l’agroalimentaire, le Syntias prévoit de collaborer avec les services compétents de l’Etat du Sénégal pour procéder à la formalisation de ses membres.
 
Mariama Mbodji Diouf s’est, par ailleurs, dit fière et satisfaite de ses paires qui l’ont plébiscitée pour diriger ce nouveau syndicat qui se veut utile pour le développement socio-économique des travailleurs informels de l’agroalimentaire et du Sénégal de manière générale.
 
Œuvrer pour l’accès aux terres, à l’engrais, au Code Fra
 
Lors de leur assemblée générale, les travailleurs informels de l’agroalimentaire ont élaboré une feuille de route pour adresser les problèmes de leur secteur notamment concernant l’emballage des produits transformés, l’accès aux terres de production, aux engrais etc.
 
La secrétaire générale du Syntias souligne également leur engagement à contribuer à l’amélioration en quantité et en qualité de la viande et du lait produits par les membres qui sont dans l’élevage au profit des sénégalais.
 
Pour les jeunes et d’autres membres qui sont dans l’aviculture, Mme Diouf fait savoir que l’objectif est de voir comment organiser ces derniers pour qu’ils puissent travailler en synergie et développer leur activité.
 
« Nous avons un problème sérieux par rapport à l’engrais. Au début de la production tu paies l’engrais à 10000 francs, pour la deuxième étape tu paies encore 10000 francs mais à la troisième phase on te dit qu’il n’y plus d’engrais ou bien ça te coûte 23000 francs. Si on veut que les populations aient accès à des produits locaux de qualité à petits prix, il faut que l’Etat facilite aux producteurs l’accès à l’engrais, surtout bio », plaide l’une des femmes, productrice de produits locaux.
 
Elle ajoute : « Il faut consommer local mais il faut aussi que les producteurs locaux produisent des produits bio pour préserver la santé des populations. »
 
« Nous sommes contraints par l’accès au Code Fra. Tu payes mais pour avoir l’autorisation c’est tout un problème », révèle une autre transformatrice de produits agricoles locaux.
 
Pour rappel l’autorisation de fabrication et de mise en vente communément appelé (Code Fra) permet la fabrication, la transformation et le conditionnement en vue de la vente de tous produits destinés à l’alimentation humaine ou animale au Sénégal.
 
Cette autorisation relève du ministère en charge du commerce et plus précisément de la Direction du commerce intérieur par le biais de la Division de la consommation et de la sécurité des consommateurs.
 
Accorder plus d’attention au processus de transformation des produits pour préserver la santé publique
 
Les transformatrices de produits agricoles, surtout les responsables d’unités, sont par la même occasion appelées à accorder davantage d’attention au processus de transformation de ces produits agricoles locaux.
 
« Les gens viennent de partout pour acheter nos produits locaux, notamment l’anacarde, à prix moindres et s’en enrichissent au détriment des producteurs qui font le gros du travail », a fait remarquer un membre du Syntias.
 
Aussi, note-elle, « Il n’y a pas assez d’unités de stockage pour les produits horticoles au niveau de la vallée. Cela cause beaucoup de pertes de la production et les matériaux qui viennent de la part de l’Etat ne sont pas distribués avec équité. »
 
Enfin, une autre productrice de produits agricoles souligne qu’ « avant de parler de transformation, il faut d’abord s’intéresser à l’agriculture (la production). » A l’en croire, « les femmes n’ont pas accès à la terre pour l’agriculture au niveau de la vallée ».
 
Bassirou MBAYE
Actu-Economie


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