50ᵉ Assemblée générale de la FANAF : Le Sénégal, entre ambition présidentielle, rayonnement intellectuel et distinctions honorifiques

Lundi 16 Février 2026

La Côte d’Ivoire a accueilli, dans la symbolique de ses origines, le cinquantenaire de la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines. Au-delà de l’élection d’un nouveau Bureau exécutif, ces assises ont révélé la densité de la contribution sénégalaise à l’assurance continentale, sur le plan politique, pédagogique et honorifique. Bilan d’une participation remarquée.


Les lampions se sont éteints sur les festivités du cinquantenaire de la FANAF, tenu à Abidjan, en terre ivoirienne, là même où tout a commencé, un jour de mars 1976, à Yamoussoukro. Cinquante éditions, un demi-siècle de vie fédérative ininterrompue, le fait mérite d’être souligné tant il est rare, sur le continent africain, de voir une organisation professionnelle traverser cinq décennies avec une telle constance dans la démocratie interne, dans le renouvellement de ses dirigeants et dans la prise en charge des problématiques structurantes de son secteur.

Au-delà de la célébration, ces assises ont été le théâtre d’élections disputées, de panels de haut niveau et de distinctions honorifiques qui, ensemble, dessinent un tableau contrasté mais riche de la participation sénégalaise. Car si le Sénégal n’a pas décroché la présidence, il a imprimé sa marque, profondément, visiblement, durablement, sur le contenu comme sur la forme de cette assemblée historique.

Une élection présidentielle à trois, dans les règles de la démocratie fédérative

L’enjeu politique majeur de cette assemblée résidait dans le renouvellement du Bureau exécutif et, singulièrement, dans l’élection de son président. Trois candidatures se sont présentées devant les délégués : celle de Mamadou Koné, Directeur général de SanlamAllianz Côte d’Ivoire, Président de l’Association des Sociétés d’Assurances de Côte d’Ivoire (ASACI) et vice-président du Patronat, celle d’Eveline Fassinou, Présidente du conseil d’administration de Sunu Assurances Bénin et celle de Mamadou Faye, Directeur général de SEN Assurance Vie, vice-président de la FANAF, qui portait les couleurs du Sénégal.

À l’issue du scrutin, c’est Mamadou Koné qui l’a emporté, devant Eveline Fassinou, classée deuxième, et Mamadou Faye, troisième. Un résultat qui, au-delà des personnes, s’explique par la convergence de plusieurs facteurs objectifs qu’il convient d’analyser sans passion.
D’abord, la règle non écrite mais profondément ancrée dans la culture de la FANAF veut que la présidence alterne entre les deux grands pôles géographiques de la Fédération : l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Or, le dernier président ouest-africain était précisément un Sénégalais, Adama Ndiaye, actuel Directeur général de la Société Sénégalaise de Réassurance (SEN-RE), qui a dirigé la Fédération de 2014 à 2020 pendant deux mandats consécutifs. Reconduire un candidat du même pays, si tôt après cette présidence, constituait un handicap structurel que les qualités personnelles de Mamadou Faye, aussi réelles soient-elles, ne pouvaient aisément surmonter.

Ensuite, la Côte d’Ivoire n’avait plus occupé la présidence de la FANAF depuis le mandat de Jean Kacou Diagou, entre 1990 et 1996, soit trente ans d’absence du sommet de la Fédération. Pour un pays qui a vu naître la FANAF, qui en héberge le plus grand marché de la zone franc et qui accueillait de surcroît l’assemblée du cinquantenaire, la symbolique d’un retour au premier plan était puissante.

À ces facteurs structurels s’est ajouté un élément décisif : le soutien actif et assumé des autorités ivoiriennes à la candidature de Mamadou Koné. Le gouvernement de Côte d’Ivoire, pleinement conscient de l’enjeu stratégique que représente la présidence de la FANAF pour son secteur financier et pour son rayonnement régional, a apporté un appui logistique, diplomatique et politique sans équivoque au candidat national. Ce soutien institutionnel, mobilisé en amont et pendant les assises, a contribué à fédérer autour de sa candidature un nombre significatif de délégations. Il traduit une réalité que les marchés concurrents gagneraient à méditer : lorsqu’un État fait de l’assurance une priorité et accompagne ses champions avec détermination, les résultats suivent dans les urnes comme dans les chiffres d’affaires.

Enfin, c’est le projet porté par Mamadou Koné, plus que sa seule nationalité, qui a su fédérer les suffrages. Sa vision d’une FANAF modernisée, inclusive et résolument tournée vers la transformation numérique et la souveraineté assurantielle africaine a rencontré l’adhésion d’une majorité de délégués, jeunes dirigeants, formés en Afrique et ailleurs, qui ont compris que c’est à leur génération, et non celle d’avant, de tracer ensemble l’avenir  de l’assurance africaine.
 
« Ce n’est pas la personne qui a perdu, c’est le contexte qui a tranché. Les qualités intrinsèques de Mamadou Faye, homme et professionnel, n’ont jamais été en cause. »
 
Il faut d’ailleurs noter qu’aucun pays de la zone n’a le monopole de la présidence : le Bénin, le Togo, le Niger, le Mali, pour ne citer que ces voisins, n’ont jamais accédé à la magistrature suprême de la Fédération. L’alternance géographique reste un facteur déterminant dans une organisation qui se veut le miroir de la diversité de ses vingt-neuf pays membres, dont le cœur vibrant est constitué des quatorze pays de l’espace CIMA.

Il convient d’encourager Mamadou Faye à poursuivre son engagement au service de l’assurance africaine. Comme l’a rappelé le nouveau président dans son allocution de clôture, la FANAF aura besoin de toutes les compétences, de toutes les intelligences, de toutes les bonnes volontés. Le temps de l’élection est passé ; celui de la construction collective commence.

Un Sénégalais entre au Bureau exécutif : la percée d’El Hadj Amar Kébé

Si la présidence a échappé au Sénégal, les urnes ont en revanche consacré l’entrée remarquée d’El Hadj Amar Kébé au sein du Bureau exécutif de la FANAF. Cadre sénégalais dans la quarantaine, El Hadj Amar Kébé dirige actuellement AXA Sénégal. Son élection ne doit rien au hasard.

Amar, comme on l’appelle affectueusement, depuis ses années de Prytanée militaire de Saint-Louis, dont il était le capitaine de l’équipe des « génies en herbe », est reconnu pour son sérieux, sa connaissance fine du marché, son entregent et surtout les dossiers structurants qu’il a eu à piloter, tant pour le compte de la Fédération Sénégalaise des Sociétés d’Assurances (FSSA) dont il est le 1er Vice-président, pour la FANAF qui sollicite souvent son expertise en matière de sinistre, qu’en sa qualité de président du Conseil des Bureaux de la Carte Brune CEDEAO. Il incarne, du haut de ses 25 années d’expérience, cette nouvelle génération de dirigeants africains de l’assurance : décomplexés, compétents, connectés, ambitieux et impatients de transformer leur secteur.

Sa présence dans le Bureau garantit au Sénégal une voix au cœur de la gouvernance fédérative et lui confie la responsabilité d’accompagner Mamadou G. K. Koné dans la matérialisation de sa vision et de ses projets. C’est un signal positif pour le marché sénégalais tout entier.

Panels et expertises : la contribution intellectuelle de premier plan du Sénégal

Au-delà du volet électoral, c’est sur le terrain du contenu pédagogique et de la réflexion sectorielle que la délégation sénégalaise a brillé avec le plus d’éclat. Sur les quatre panels que comptait l’assemblée générale, trois ont vu intervenir des professionnels sénégalais, une proportion qui en dit long sur la densité du vivier d’expertise que recèle le marché dakarois.

Adama Ndiaye, éminent expert de l’assurance, a livré une présentation unanimement saluée sur le bilan et les perspectives de la FANAF, articulée autour de trois axes directeurs : la genèse de la Fédération, ses accomplissements à ce jour et les trajectoires d’avenir. Son intervention, structurée avec une rigueur intellectuelle remarquable, a dégagé des pistes concrètes qui ont d’ores et déjà fait l’objet d’articles spécialisés dans la presse sectorielle.

Mamadou Faye, candidat malheureux à la présidence mais panéliste applaudi, est intervenu sur le thème crucial de la régulation comme levier de développement. Son analyse a mis en lumière les tensions fécondes entre protection des assurés, exigences prudentielles et nécessité de libérer les énergies du marché pour que tous les acteurs, quelle que soit leur taille, puissent y trouver une place, une réflexion qui prolonge les travaux en cours sur la révision du Traité CIMA.

Ndiouga Kandji, Directeur fondateur du Cabinet de conseil SOREC, professionnel aguerri de l’assurance depuis plus de 40 ans, a quant à lui traité du règlement des sinistres comme levier de développement de l’assurance, un sujet qui touche au cœur de la confiance du public envers le secteur. Son intervention a rappelé avec force que l’assureur ne vaut que par sa capacité à tenir sa promesse au moment du sinistre, et que la rapidité et l’équité du règlement, renforcées par le recours à l’intelligence artificielle, sont les premiers ambassadeurs de la profession.
 
« Sur les quatre panels de l’assemblée, trois Sénégalais sont intervenus. C’est dire que notre secteur regorge de ressources humaines de qualité que le pays gagnerait à mieux valoriser. »
 
Distinctions ivoiriennes : quatre Sénégalais honorés dans l’Ordre national du Mérite

La Côte d’Ivoire a voulu profiter de la solennité du cinquantenaire pour distinguer les personnalités qui ont marqué l’assurance africaine de leur empreinte. Parmi les vingt-trois récipiendaires, dont huit non ivoiriens, la présence sénégalaise a été particulièrement notable.

Au grade de Commandeur dans l’Ordre national du Mérite ivoirien, deux Sénégalais figurent parmi les cinq personnalités distinguées :
  • Adama Ndiaye, ancien président de la FANAF (2014-2020), récompensé pour l’ensemble des services rendus à l’assurance en Afrique, dans la zone CIMA et au-delà. Une reconnaissance qui salue un parcours d’exception : commissaire contrôleur de la CIMA, cofondateur d’Aveni-Ré à Abidjan, professeur à l’Institut International des Assurances (IIA) de Yaoundé, membre de la Commission Régionale de Contrôle des Assurances et du Comité des Experts de la CIMA, administrateur de sociétés, Directeur général de la SEN-RE, six ans dans le Bureau exécutif puis six années de leadership à la tête de la Fédération, période charnière au cours de laquelle le secteur a connu ses réformes les plus structurantes ;
  • Seybatou Aw, distingué pour son impact dans le secteur de la réassurance en Côte d’Ivoire, où il est le fondateur et P-DG d’Aveni-Ré, une compagnie qui vient de fêter ses vingt ans et qui se développe, rayonne et s’impose comme un acteur de référence sur le marché africain. Preuve que l’expertise sénégalaise sait essaimer et fructifier bien au-delà des frontières nationales.

Au grade d’Officier, un autre compatriote a été honoré : Pape Ndiaga Boye. Le nom résonne comme un pan entier de l’histoire de la FANAF. Pendant trente-quatre ans, de 1982 à 2015, Pape Ndiaga Boye a été le Secrétaire général permanent de la Fédération. Aux côtés des présidents successifs, et en premier lieu de Diouldé Niane dont il fut le bras opérationnel, mais aussi de Paul Tsala, Jean Diagou, Richard Lowé, André Bayala et Protais Ayangma, il a donné à la FANAF sa structuration, son organisation, sa visibilité, sa crédibilité. Il a relevé le défi de la massification, transformant une organisation confidentielle qui tenait ses assemblées dans la suite d’un hôtel en un rendez-vous continental réunissant des centaines de délégués. Son œuvre est palpable et considérable.

Son successeur au Secrétariat général, notre compatriote Fransady Condé, a également été distingué, au grade de Chevalier dans l’Ordre du Mérite ivoirien, signe que la continuité de l’expertise sénégalaise dans l’appareil fédératif est reconnue et saluée.
 
« Quatre Sénégalais distingués par la Côte d’Ivoire dans son Ordre national du Mérite. Un fait rare qui témoigne du rayonnement de l’assurance sénégalaise sur le continent. »
 
Le Sénégal, deuxième marché de la zone CIMA : un potentiel immense, des défis persistants
Ce rayonnement extérieur n’est pas le fruit du hasard. Le Sénégal est, après la Côte d’Ivoire, le deuxième marché de l’assurance de la zone CIMA en termes de chiffre d’affaires, devant le Cameroun. Son secteur a fait preuve, au fil des décennies, d’une capacité d’innovation remarquable qui a souvent fait des émules dans le reste de la zone franc.

Le Sénégal a été pionnier à plusieurs égards : premier pays de la zone à avoir mis en place un Fonds de garantie automobile, premier à avoir créé un Pool d’assurance des risques de transport public de voyageurs, premier à avoir institué une compagnie d’assurance dédiée à l’agriculture, premier à avoir déployé un constat amiable assisté sous la forme innovante de TAXAWULEEN, premier à avoir créé dès 1988 une compagnie de réassurance nationale, la SEN-RE, bénéficiant de la cession légale et  premier à avoir mis en place un Observatoire de la Qualité des Services financiers (OQSF) avec un médiateur des assurances. Autant d’initiatives, qui ont été dupliquées ou adaptées par d’autres marchés de la sous-région à qui notre pays sert souvent de “sand box”.

Pourtant, ce dynamisme à l’international et cette capacité d’innovation peinent à se traduire pleinement sur le plan domestique. Plusieurs défis structurels continuent de freiner le plein épanouissement du secteur.

L’assurance du pétrole et du gaz, qui devrait constituer un relais de croissance majeur pour les compagnies sénégalaises, reste largement captée par le mécanisme du fronting, où les assureurs locaux servent de façade à des capacités internationales sans en tirer la pleine valeur ajoutée. Les taux de primes de toutes les branches, même celles qui sont obligatoires comme l’automobile, ou structurellement déficitaires comme la santé, érodés par une compétition débridée et mal régulée, ont chuté à la moitié des niveaux pratiqués à la fin des années 1990, comprimant les marges et fragilisant les bilans. Cette guerre tarifaire souterraine génère des effets pervers en cascade : lenteurs dans le règlement des sinistres, difficulté des acteurs à parler d’une même voix, perte de crédibilité auprès du public.

Pourquoi la Côte d’Ivoire creuse l’écart : les leçons d’un modèle d’accompagnement étatique

L’écart de chiffre d’affaires entre le marché ivoirien (700 milliards de F CFA de chiffre) d’affaires et le marché sénégalais (un peu moins de 300 milliards de F CFA), bien que les deux économies présentent des dynamiques comparables, ne s’explique pas uniquement par la taille des populations ou le niveau du PIB. Il tient, pour une large part, à des choix structurels de politique publique dont le Sénégal pourrait utilement s’inspirer.

En Côte d’Ivoire, le secteur des assurances bénéficie d’un cadre fiscal nettement plus favorable. La fiscalité appliquée aux primes d’assurance, aux placements des compagnies et aux opérations de réassurance y est conçue non comme un instrument de rendement budgétaire immédiat, mais comme un levier d’incitation au développement du marché. Cette approche vertueuse permet aux assureurs ivoiriens de dégager des marges suffisantes pour investir dans la distribution, l’innovation produit et le maillage territorial, là où leurs homologues sénégalais voient une part significative de leur valeur ajoutée absorbée par des prélèvements fiscaux, parafiscaux et des entraves à la liberté des transactions financières internationales qui alourdissent leurs charges, réduisent leur marge de manœuvre, sans contrepartie visible en termes d’accompagnement sectoriel.

Mais la différence la plus structurante réside sans doute dans la qualité de l’écoute et de l’accompagnement des hautes autorités ivoiriennes. En Côte d’Ivoire, l’assurance est traitée comme un secteur stratégique à part entière. Les pouvoirs publics entretiennent un dialogue permanent avec les acteurs du marché, associent les professionnels aux réflexions de politique économique et n’hésitent pas, comme on l’a vu lors de cette assemblée générale, à mobiliser l’appareil d’État pour soutenir le rayonnement de leur secteur à l’échelle régionale.

Cette proximité institutionnelle se traduit jusque dans l’architecture administrative. La Côte d’Ivoire dispose d’une Direction Nationale des Assurances, et non d’une simple Direction des Assurances, comme c’est le cas au Sénégal. La nuance n’est pas sémantique : elle est politique et opérationnelle. Une Direction nationale bénéficie d’un positionnement hiérarchique supérieur, de moyens renforcés, d’un accès direct aux arbitrages ministériels et d’une capacité d’impulsion que ne permet pas une direction technique noyée dans un organigramme plus vaste. C’est cette différence de calibrage institutionnel qui explique, en partie, la rapidité avec laquelle les réformes sont adoptées et mises en œuvre en Côte d’Ivoire, là où elles peinent parfois à aboutir au Sénégal.

Le constat est lucide mais il n’est pas accablant. Il appelle simplement le Sénégal à se poser une question essentielle : est-on prêt à accorder à l’assurance, dans l’appareil d’État et dans la stratégie nationale, la place qu’elle mérite ? Les compétences humaines sont là, comme l’ont prouvé les panels d’Abidjan. L’innovation est là, comme le montrent les multiples initiatives pionnières du marché sénégalais. Il ne manque que l’impulsion politique et le cadre fiscal pour libérer le potentiel d’un marché qui n’a rien à envier à son voisin ivoirien.
 
« Lorsqu’un État fait de l’assurance une priorité et accompagne ses champions avec détermination, les résultats suivent — dans les urnes comme dans les chiffres d’affaires. »
 
Le paradoxe sénégalais est là, tout entier : un marché qui rayonne à l’extérieur mais qui tarde à convertir son potentiel à l’intérieur. Pour inverser cette tendance, il faudra sans doute commencer par renforcer la Fédération Sénégalaise des Sociétés d’Assurances (FSSA), en faire un véritable partenaire des pouvoirs publics, capable de porter la voix du secteur auprès des décideurs politiques. Car dans un pays qui emprunte résolument la voie de l’émergence, on ne peut construire durablement sans un secteur des assurances fort, structuré, résilient et écouté.

Un vent de renouveau générationnel souffle sur la FANAF

L’un des enseignements les plus marquants de cette assemblée est la composition du nouveau Bureau exécutif. Alors que le bureau sortant comptait cinq membres sur sept âgés de plus de cinquante-huit ans, le nouveau bureau opère une rupture car, en dehors de son président, Mamadou Koné (55 ans), l’ensemble des membres élus se situe dans la quarantaine, voire dans la trentaine. C’est un retour à la configuration des origines où la FANAF était portée par des jeunes cadres, tous dans la quarantaine, voire moins.

Ce rajeunissement spectaculaire est porteur d’espoir. Il signale que le secteur de l’assurance africain ne se contente pas de célébrer son passé : il prépare activement son avenir. Ces jeunes dirigeants, natifs du numérique, rompus aux exigences de la gouvernance moderne et connectés aux réseaux internationaux, ont le profil requis pour accélérer la transformation d’une industrie qui en a besoin.

C’est cette dynamique de renouveau qu’il conviendrait d’accompagner et, si possible, de laisser contaminer positivement les marchés nationaux, à commencer par le Sénégal.
 
Au terme de cette 50e Assemblée générale, le bilan de la participation sénégalaise s’établit en clair-obscur, mais penche résolument vers la lumière. Non, le Sénégal n’a pas obtenu la présidence de la FANAF. Mais il a démontré, par la qualité de ses panélistes, par les distinctions honorifiques décernées à ses ressortissants et par l’entrée d’El Hadj Amar Kébé au Bureau exécutif, que l’assurance sénégalaise dispose d’un capital humain et d’un rayonnement continental qui forcent le respect.
Le défi, désormais, est de convertir ce prestige extérieur en impact intérieur. De faire en sorte que le deuxième marché de la zone CIMA pèse de tout son poids dans la construction nationale et sous-régionale. D’exiger que l’assurance du pétrole et du gaz profite pleinement aux compagnies du marché, à toutes les compagnies. De mettre fin à l’érosion tarifaire qui mine les fondamentaux du secteur. De redonner à la fédération le rôle de moteur du secteur et d’interlocuteur incontournable des pouvoirs publics.

La FANAF vient de souffler ses cinquante bougies, avec un bureau renouvelé, rajeuni, ambitieux, dans une atmosphère festive et une scénographie d’une production hollywoodienne. Au Sénégal de souffler, lui aussi, un vent de renouveau sur son propre marché. Les talents sont là, les compétences sont là, l’intelligence est là. Il ne manque que la volonté collective de les mobiliser pour regarder dans la même direction. “Il n’est de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va”.
Malick NDAW
 
Actu-Economie

La rédaction

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