Transformation économique : Le gouvernement mise sur l’industrialisation verte, les Pme et les femmes

Mercredi 8 Juillet 2026

Le gouvernement entend accélérer l'industrialisation du Sénégal en faisant de la transition verte un levier de compétitivité pour les entreprises et d'autonomisation économique des femmes. C'est le message porté par le secrétaire général du ministère en charge de l'industrie et du commerce, Seydina Ababacar Ndiaye, à l'ouverture de l'atelier de restitution de l'étude stratégique sur l'industrialisation verte et l'autonomisation économique des femmes dans le secteur de la transformation agroalimentaire, réalisée par le Bureau de mise à niveau (Bmn).


Présidant la rencontre au nom du ministre Serigne Guèye Diop, M. Ndiaye a souligné que cette étude intervient à un moment décisif, marqué par la mise en œuvre de la nouvelle politique industrielle de l'Etat, inscrite dans la Vision Sénégal 2050.
 
« Cette étude vient à point nommé. Elle cadre parfaitement avec la Vision Sénégal 2050 et la nouvelle politique d'industrialisation portée par les nouvelles autorités », a-t-il déclaré devant les représentants de l'administration, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers.
 
Rompre avec des décennies de faible industrialisation

Pour le secrétaire général, le Sénégal paie aujourd'hui les conséquences d'un déficit historique de politique industrielle. Malgré les stratégies successives, la contribution de l'industrie au Produit intérieur brut (Pib) reste limitée, autour de 20%, un niveau jugé insuffisant pour soutenir une croissance inclusive et durable.
 
Il a également rappelé que le manque d'infrastructures industrielles dans les régions a « favorisé l'exode rural et l'émigration des jeunes », faute « d'opportunités économiques dans les territoires ».
 
Afin d'inverser cette tendance, le gouvernement mise sur un vaste programme de développement d'infrastructures productives, avec la création de 45 agropoles d'ici 2050 et de plusieurs zones industrielles destinées à accueillir investisseurs nationaux et étrangers.
 
« L'industrialisation sera difficile, mais elle est incontournable si nous voulons transformer durablement notre économie », a insisté M. Ndiaye.
 
L'agroalimentaire au cœur de la stratégie

Commissaire aux enquêtes économiques, M. Ndiaye a rappelé que l'agroalimentaire constitue le premier secteur industriel du pays. Il joue un rôle majeur dans la sécurité alimentaire, la création de valeur ajoutée, le développement des territoires et l'emploi.
 
L'étude du Bureau de mise à niveau confirme cette importance. En effet, elle révèle que le secteur industriel représente 25,4% du Pib, tandis que l'agroalimentaire rassemble plus de 2 150 entreprises, dont plus de 92% sont des Petites et moyennes entreprises (Pme). La transformation des produits agricoles contribue également à réduire les pertes post-récoltes, estimées entre 12% et 40% de la production, tout en offrant un important potentiel de création de richesse.

Les femmes, au cœur de la transformation

Le diagnostic met particulièrement en lumière le rôle déterminant des femmes dans les filières agroalimentaires. Elles représentent jusqu'à 95% des acteurs dans certaines activités de transformation des céréales et occupent une place prépondérante dans les filières halieutiques, fruitières ou encore oléagineuses.
 
Pour autant, ces entrepreneures restent confrontées à de nombreuses contraintes : accès limité au financement, équipements souvent obsolètes, faible accès aux technologies modernes et difficultés à intégrer les marchés à forte valeur ajoutée.
 
Le secrétaire général a rappelé que le tissu économique sénégalais est composé à près de 99% de Pme, mais que celles-ci ne captent moins de 10% des crédits bancaires, une situation qui freine leur développement et leur modernisation.
 
La transition verte comme levier de compétitivité

Face à ces défis, l'étude recommande une accélération de l'industrialisation verte, notamment par l'adoption d'équipements économes en énergie, le recours aux énergies renouvelables et la valorisation des déchets agricoles.
 
Selon les résultats présentés, les entreprises pourraient réaliser des gains d'efficacité énergétique compris entre 10% et 25%, réduisant ainsi leurs coûts de production, leur empreinte carbone et améliorant leur compétitivité sur les marchés internationaux.
Le rapport souligne également que, malgré un coût d'investissement initial plus élevé, les équipements verts offrent des retours sur investissement rapides et permettent d'accroître durablement la rentabilité des Pme.
 
« L'industrialisation verte ne doit pas être perçue comme une contrainte supplémentaire, mais comme un puissant levier de compétitivité, d'innovation et de création de richesse », a affirmé M. Ndiaye.
Bassirou MBAYE
Actu-Economie

La rédaction

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