INVESTISSEMENT EN AFRIQUE : Comment Banjul se positionne sur la carte

Dimanche 25 Janvier 2026

En accueillant la 7ᵉ édition des Financial Afrik Awards, les 22 et 23 janvier 2025 à Banjul, la Gambie n’a pas seulement abrité une cérémonie panafricaine de distinction économique. Le pays a saisi l’opportunité pour dérouler sa stratégie de diplomatie économique, à travers la séquence dédiée « Investing in The Gambia », mettant en avant ses réformes, ses priorités sectorielles et son ambition d’attirer davantage de capitaux privés.


La tenue de l’événement sous le haut patronage du Président Adama Barrow a donné un signal politique clair. Dans un contexte régional marqué par une concurrence accrue entre États pour attirer les investissements directs étrangers, les autorités gambiennes entendent capitaliser sur la stabilité institutionnelle, la prévisibilité réglementaire et une ouverture affirmée aux partenariats avec le secteur privé.

En tant que patron de l'agence de promotion des investissements du pays hôte, Ousainou Senghore a profité de cette tribune pour mettre en avant la marque "Invest in The Gambia". Objectif : Présenter la Gambie non plus seulement comme une destination touristique, mais comme un hub logistique et financier stable en Afrique de l'Ouest.

Cette 7ème édition à Banjul était avant tout une vitrine opérationnelle pour Ousainou Senghore afin de concrétiser des accords B2B et B2G directement sur le terrain.

Il a supervisé la présentation de projets structurants (notamment dans l'agriculture et les infrastructures) aux investisseurs internationaux présents, s'alignant sur le thème de l'événement concernant les Partenariats Public-Privé (PPP).

Sous sa direction, la GIEPA tente de positionner Banjul comme une plateforme de services crédible, capitalisant sur la stabilité politique du pays pour attirer des capitaux étrangers (IDE).

Porte d’entrée vers la CEDEAO et ses 400 millions de consommateurs, la Gambie s’affirme comme une destination d’investissement stratégique. Le pays combine stabilité macroéconomique, volonté réformatrice et environnement favorable aux affaires, sous l’impulsion de la Gambia Investment & Export Promotion Agency (GIEPA).

Depuis 2017, le pays s’est engagé dans un programme de réformes visant à améliorer le climat des affaires, renforcer la gouvernance économique et moderniser ses infrastructures, avec l’appui de partenaires multilatéraux et régionaux.

Les partenariats public-privé comme levier central

Au cœur du message porté lors des Financial Afrik Awards : le rôle stratégique des partenariats public-privé (PPP). Dans un pays dont les capacités budgétaires restent contraintes, les autorités gambiennes misent sur ce modèle pour accélérer le développement d’infrastructures essentielles, notamment dans les transports, l’énergie, l’eau, le tourisme et l’agro-industrie.

Les échanges organisés à Banjul ont fait écho aux débats plus larges sur le continent, où les besoins annuels de financement des infrastructures sont estimés à plusieurs centaines de milliards de dollars, bien au-delà des capacités des finances publiques. Pour la Gambie, l’enjeu consiste à structurer des projets bancables, capables d’attirer investisseurs et institutions financières régionales.

Une économie de petite taille, mais à fort potentiel

Avec une population estimée à un peu plus de 2,5 millions d’habitants, la Gambie mise sur des secteurs ciblés plutôt que sur une stratégie de volume. Le tourisme, pilier historique de l’économie, reste prioritaire, mais les autorités cherchent à diversifier la base productive, notamment vers l’agriculture à valeur ajoutée, la logistique et les services, l’économie bleue, et les énergies renouvelables.

La position géographique du pays, enclavé dans le Sénégal mais ouvert sur l’Atlantique, est régulièrement présentée comme un atout logistique, à condition d’investir dans la connectivité et les infrastructures de transport.

Attirer l’investisseur régional et panafricain

Lors de la séquence « Investing in The Gambia », l’accent a été mis sur la volonté d’attirer non seulement les investisseurs internationaux, mais aussi les investisseurs africains et régionaux, dans une logique de coopération Sud-Sud. Une orientation en phase avec les débats tenus lors des Awards, notamment sur la mobilisation des capitaux africains et arabes pour financer le développement du continent.

Cette approche vise à réduire la dépendance aux financements extérieurs traditionnels et à encourager des partenariats plus équilibrés, intégrant davantage le secteur privé local et régional.

Les Financial Afrik Awards comme outil de visibilité stratégique

En accueillant plus de 400 décideurs économiques issus de 22 nationalités, la Gambie a bénéficié d’une exposition rare pour une économie de sa taille. Au-delà des distinctions remises, l’événement a servi de plateforme de mise en relation, de vitrine institutionnelle et de levier de crédibilité auprès des investisseurs.

Pour Banjul, l’enjeu est désormais de transformer cette visibilité en flux d’investissements concrets, en accélérant la préparation de projets structurants et en renforçant le cadre réglementaire des PPP.

Une ambition mesurée mais assumée

Sans prétendre rivaliser avec les grandes économies du continent, la Gambie affiche une ambition pragmatique : devenir une destination lisible, stable et accessible pour les investisseurs à la recherche d’opportunités ciblées en Afrique de l’Ouest.

En s’adossant à des événements panafricains comme les Financial Afrik Awards, la « Côte souriante de l’Afrique (The Smiling Coast of Africa) » cherche à inscrire son ambition dans une dynamique régionale et continentale plus large.
Malick NDAW
Actu-Economie

La rédaction

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