Pour elle, la transition énergétique mondiale ouvre au continent une opportunité historique comparable à celle des indépendances. Toutefois, cette opportunité ne pourra produire des retombées économiques qu’à travers une stratégie industrielle ambitieuse.
Hanan Morsy a rappelé que l’Afrique détient environ 30% des réserves mondiales de minerais critiques, mais ne capte moins de 5% de la valeur ajoutée générée par ces ressources. Pour la responsable onusienne, le véritable défi n’est plus géologique, mais économique et institutionnel.
Trois changements stratégiques
Le premier consiste à passer d’une logique de nationalisme des ressources à une industrialisation régionale. Elle a estimé que les chaînes de valeur des batteries, qui nécessitent minerais, énergie, infrastructures, capacités industrielles, financements et marchés, dépassent largement les frontières nationales. Dans cette perspective, la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) constitue, selon elle, le cadre idéal pour développer des chaînes de valeur régionales permettant aux pays de se spécialiser selon leurs avantages comparatifs tout en captant davantage de valeur.
Deuxième priorité : repenser la notion de valorisation des minerais. Pour Hanan Morsy, la transformation locale ne doit pas se limiter au raffinage avant exportation. La véritable création de valeur réside dans les activités en aval, notamment les matériaux pour batteries, les composants industriels, la mobilité électrique, les engrais, l’acier vert, les industries manufacturières avancées, le recyclage et les activités fondées sur la connaissance. L’objectif doit être de créer des écosystèmes industriels complets plutôt que de simples usines de transformation.
Enfin, la responsable de la Cea a insisté sur la nécessité de rendre le financement aussi stratégique que les ressources naturelles elles-mêmes. A l’en croire elle, le continent dispose d’opportunités d’investissement, mais manque encore de projets suffisamment préparés et bancables pour attirer les capitaux de long terme.
Elle a salué des initiatives telles que le Critical Minerals Acceleration Facility et la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement, qui visent à financer non seulement l’extraction, mais également les écosystèmes industriels, tout en mobilisant davantage les fonds de pension, les fonds souverains et les institutions africaines de financement du développement.
Hanan Morsy a également souligné la complémentarité entre la Cea et la Banque africaine de développement. Alors que la Cea apporte son expertise en matière d’analyse économique, de politiques publiques et de conception des chaînes de valeur régionales dans le cadre de la Zlecaf, la Bad intervient dans la préparation des projets, leur financement, les garanties et la mobilisation des capitaux privés.
Elle a enfin appelé les participants à mesurer le succès du Forum non pas au nombre de déclarations adoptées, mais à des résultats concrets : davantage de chaînes de valeur régionales, une industrie manufacturière plus développée que l’extraction, une mobilisation accrue des capitaux africains au service de l’industrie du continent et un pouvoir de négociation renforcé dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Pour la Cea, le véritable avantage compétitif de l’Afrique ne réside plus uniquement dans l’abondance de ses minerais critiques, mais dans sa capacité à les intégrer au sein d’une stratégie industrielle continentale.
Bassirou MBAYE
Hanan Morsy a rappelé que l’Afrique détient environ 30% des réserves mondiales de minerais critiques, mais ne capte moins de 5% de la valeur ajoutée générée par ces ressources. Pour la responsable onusienne, le véritable défi n’est plus géologique, mais économique et institutionnel.
Trois changements stratégiques
Le premier consiste à passer d’une logique de nationalisme des ressources à une industrialisation régionale. Elle a estimé que les chaînes de valeur des batteries, qui nécessitent minerais, énergie, infrastructures, capacités industrielles, financements et marchés, dépassent largement les frontières nationales. Dans cette perspective, la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) constitue, selon elle, le cadre idéal pour développer des chaînes de valeur régionales permettant aux pays de se spécialiser selon leurs avantages comparatifs tout en captant davantage de valeur.
Deuxième priorité : repenser la notion de valorisation des minerais. Pour Hanan Morsy, la transformation locale ne doit pas se limiter au raffinage avant exportation. La véritable création de valeur réside dans les activités en aval, notamment les matériaux pour batteries, les composants industriels, la mobilité électrique, les engrais, l’acier vert, les industries manufacturières avancées, le recyclage et les activités fondées sur la connaissance. L’objectif doit être de créer des écosystèmes industriels complets plutôt que de simples usines de transformation.
Enfin, la responsable de la Cea a insisté sur la nécessité de rendre le financement aussi stratégique que les ressources naturelles elles-mêmes. A l’en croire elle, le continent dispose d’opportunités d’investissement, mais manque encore de projets suffisamment préparés et bancables pour attirer les capitaux de long terme.
Elle a salué des initiatives telles que le Critical Minerals Acceleration Facility et la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement, qui visent à financer non seulement l’extraction, mais également les écosystèmes industriels, tout en mobilisant davantage les fonds de pension, les fonds souverains et les institutions africaines de financement du développement.
Hanan Morsy a également souligné la complémentarité entre la Cea et la Banque africaine de développement. Alors que la Cea apporte son expertise en matière d’analyse économique, de politiques publiques et de conception des chaînes de valeur régionales dans le cadre de la Zlecaf, la Bad intervient dans la préparation des projets, leur financement, les garanties et la mobilisation des capitaux privés.
Elle a enfin appelé les participants à mesurer le succès du Forum non pas au nombre de déclarations adoptées, mais à des résultats concrets : davantage de chaînes de valeur régionales, une industrie manufacturière plus développée que l’extraction, une mobilisation accrue des capitaux africains au service de l’industrie du continent et un pouvoir de négociation renforcé dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Pour la Cea, le véritable avantage compétitif de l’Afrique ne réside plus uniquement dans l’abondance de ses minerais critiques, mais dans sa capacité à les intégrer au sein d’une stratégie industrielle continentale.
Bassirou MBAYE

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