Le dynamisme de ce compartiment repose sur des acteurs spécialisés : les SVT (Spécialistes en Valeurs du Trésor), les Investisseurs Institutionnels (compagnies d'assurance, caisses de retraite et fonds de placement) et la BCEAO.
L'analyse de la dynamique du Marché Secondaire des Titres Publics de l'UEMOA sur la période 2016-2025 révèle un contraste à relever : alors que le marché primaire a connu une croissance exponentielle, le marché secondaire est resté, pendant une grande partie de la décennie, le chantier inachevé de l'intégration financière régionale.
Au début de la décennie (2016-2019), le marché secondaire était quasi inexistant en termes de volumes transactionnels : 359 milliards de FCFA (2016) ; 272 milliards de FCFA (2017) ; 671 milliards de FCFA (2018) ; 1 078 milliards en FCFA (2019).
Les banques commerciales, qui détiennent l'essentiel des titres, adoptaient une stratégie de « Hold-to-Maturity » (conservation jusqu'à l'échéance). Les titres publics étant peu risqués et offrant un bon rendement, les banques préféraient les garder en bilan plutôt que de les échanger. Pour un investisseur, revendre un titre avant son terme était complexe et coûteux, faute de contreparties actives.
Avec la période des réformes de dynamisation (2020 - 2022) sous l'impulsion d'UMOA-Titres et de la BCEAO, il a été noté une tendance haussière à un rythme plus soutenu des opérations : 1 583 milliards de FCFA (2020) ; 2 820 milliards (2021) ; 2 868 milliards de FCFA (2022).
Plusieurs leviers ont été actionnés pour favoriser la circulation des titres. Le cahier des charges des Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT) a été renforcé avec des obligations strictes de cotation et d'animation du marché secondaire. En outre, l'amélioration des outils de reporting et de dénouement des transactions a permis de donner plus de visibilité sur les prix pratiqués entre banques. Enfin, la multiplication des titres (Bons COVID, OdR) a créé un gisement de papier financier plus diversifié, incitant certains acteurs à ajuster leurs portefeuilles plus fréquemment.
La fin de la décennie 2023 – 2025 (virage du resserrement monétaire) a marqué une rupture brutale dans la dynamique des prix sur le secondaire. Suite aux hausses de taux de la BCEAO pour contrer l'inflation, les titres anciens (émis à taux bas entre 2018 et 2021) ont vu leur valeur chuter sur le marché secondaire.
A cet égard, il a été observé une augmentation progressive du volume des transactions : 2 073 milliards de FCFA (2023) ; 3 439 milliards de FCFA (2024) ; 5 477 milliards de FCFA (2025).
Malgré les efforts, le marché secondaire fait face à trois obstacles majeurs. D’abord, le refinancement de la BCEAO : Tant que les banques peuvent nantir leurs titres auprès de la Banque Centrale pour obtenir de la liquidité, elles sont peu incitées à les vendre définitivement sur le marché secondaire.
Ensuite, le marché reste trop interbancaire. Le manque d'investisseurs non-bancaires (fonds de pension, particuliers) limite la diversité des anticipations qui crée normalement le volume d'échange.
Enfin, les disparités de traitement fiscal selon la nature de l'investisseur ou le pays de résidence freinent parfois la fluidité des transactions transfrontalières au sein de l'Union.
Le défi majeur de la période 2026-2030 sera de créer une véritable profondeur de marché, essentielle pour établir une courbe des taux de référence fiable pour toute l'économie régionale.
Lejecos Magazine Mai 2026
L'analyse de la dynamique du Marché Secondaire des Titres Publics de l'UEMOA sur la période 2016-2025 révèle un contraste à relever : alors que le marché primaire a connu une croissance exponentielle, le marché secondaire est resté, pendant une grande partie de la décennie, le chantier inachevé de l'intégration financière régionale.
Au début de la décennie (2016-2019), le marché secondaire était quasi inexistant en termes de volumes transactionnels : 359 milliards de FCFA (2016) ; 272 milliards de FCFA (2017) ; 671 milliards de FCFA (2018) ; 1 078 milliards en FCFA (2019).
Les banques commerciales, qui détiennent l'essentiel des titres, adoptaient une stratégie de « Hold-to-Maturity » (conservation jusqu'à l'échéance). Les titres publics étant peu risqués et offrant un bon rendement, les banques préféraient les garder en bilan plutôt que de les échanger. Pour un investisseur, revendre un titre avant son terme était complexe et coûteux, faute de contreparties actives.
Avec la période des réformes de dynamisation (2020 - 2022) sous l'impulsion d'UMOA-Titres et de la BCEAO, il a été noté une tendance haussière à un rythme plus soutenu des opérations : 1 583 milliards de FCFA (2020) ; 2 820 milliards (2021) ; 2 868 milliards de FCFA (2022).
Plusieurs leviers ont été actionnés pour favoriser la circulation des titres. Le cahier des charges des Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT) a été renforcé avec des obligations strictes de cotation et d'animation du marché secondaire. En outre, l'amélioration des outils de reporting et de dénouement des transactions a permis de donner plus de visibilité sur les prix pratiqués entre banques. Enfin, la multiplication des titres (Bons COVID, OdR) a créé un gisement de papier financier plus diversifié, incitant certains acteurs à ajuster leurs portefeuilles plus fréquemment.
La fin de la décennie 2023 – 2025 (virage du resserrement monétaire) a marqué une rupture brutale dans la dynamique des prix sur le secondaire. Suite aux hausses de taux de la BCEAO pour contrer l'inflation, les titres anciens (émis à taux bas entre 2018 et 2021) ont vu leur valeur chuter sur le marché secondaire.
A cet égard, il a été observé une augmentation progressive du volume des transactions : 2 073 milliards de FCFA (2023) ; 3 439 milliards de FCFA (2024) ; 5 477 milliards de FCFA (2025).
Malgré les efforts, le marché secondaire fait face à trois obstacles majeurs. D’abord, le refinancement de la BCEAO : Tant que les banques peuvent nantir leurs titres auprès de la Banque Centrale pour obtenir de la liquidité, elles sont peu incitées à les vendre définitivement sur le marché secondaire.
Ensuite, le marché reste trop interbancaire. Le manque d'investisseurs non-bancaires (fonds de pension, particuliers) limite la diversité des anticipations qui crée normalement le volume d'échange.
Enfin, les disparités de traitement fiscal selon la nature de l'investisseur ou le pays de résidence freinent parfois la fluidité des transactions transfrontalières au sein de l'Union.
Le défi majeur de la période 2026-2030 sera de créer une véritable profondeur de marché, essentielle pour établir une courbe des taux de référence fiable pour toute l'économie régionale.
Lejecos Magazine Mai 2026

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