Développement des réseaux ferroviaires africains : La Banque africaine de développement s’allie à l’Allemagne

Vendredi 2 Octobre 2026

Le Groupe de la Banque africaine de développement a signé une lettre d’intention avec le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (Bmz) en vue d’une coopération sur le développement des réseaux ferroviaires africains et l’approfondissement de l’intégration économique régionale.


Selon un communiqué de presse, cette lettre d’intention a été signée lors du premier Dialogue industriel afro-européen sur les chemins de fer (« African European Industry Dialogue on Railways ») par Mike Salawou, directeur du Département des infrastructures et du développement urbain au sein du Groupe de la Banque, et Michael Krake, directeur général adjoint du Bmz chargé de la coopération économique.

Le Dialogue, qui s’est tenu dans le cadre du Salon international des technologies de transport InnoTrans, était organisé conjointement par l'Agence de coopération internationale allemande pour le développement (« Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit », Giz), la compagnie ferroviaire allemande Deutsche Bahn et l’initiative « Global Gateway » de l’Union européenne.

Les deux parties, explique-t-on, travailleront ensemble dans différents domaines : réduire les coûts de transport en Afrique ; améliorer l’interopérabilité transfrontalière ; promouvoir des solutions de transport à faible émission de carbone ; encourager et ancrer des politiques de transport durable ; et favoriser activement l’émergence d’un marché du travail local solide dans le secteur ferroviaire grâce au transfert de compétences, à la formation professionnelle et à la création d’emplois durables.

La coopération entre le Groupe de la Banque et le Bmz débutera par une étude de faisabilité conjointe pour un Centre de compétences ferroviaires africain mis en œuvre par la Giz. Avec un lancement prévu en octobre 2026, ce centre alliera innovation et formation pour moderniser et étendre les réseaux ferroviaires africains.

Dans son discours d’ouverture, M. Salawou a mis en avant les investissements soutenus par la Banque africaine de développement : corridor de Lobito, programme de chemin de fer à écartement standard en Afrique de l’Est, corridor de Nacala, corridor ferroviaire Nord-Sud en Algérie, réseau ferroviaire à grande vitesse au Maroc, projets de transport ferroviaire urbain au Sénégal et au Nigéria.

Le réseau ferroviaire africain ne représente aujourd’hui que 8 à 10 % du réseau mondial, mais la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) stimule une demande croissante en matière de transport transfrontalier de marchandises et de passagers sur un marché de plus de 1,4 milliard de personnes.

M. Salawou a également fixé cinq priorités pour le secteur : un marché continental porté par la Zlecaf ; des réformes favorisant le report modal ; des normes d’interopérabilité ; un financement attirant les capitaux privés ; et les compétences nécessaires à l’exploitation des réseaux une fois ceux-ci mis en place. « Construire une ligne ferroviaire ne représente que la moitié du travail, a-t-il déclaré. L’exploiter constitue la partie la plus difficile. ».

M. Krake a souligné l’engagement de longue date du Bmz en faveur du développement de l’Afrique. « Le Bmz s’engage à collaborer avec ses partenaires africains pour renforcer la connectivité régionale et soutenir un développement économique durable, a-t-il assuré. En partenariat avec le Groupe de la Banque africaine de développement, nous ferons progresser la coopération concrète en matière d’interopérabilité, de développement des compétences et d’autres priorités qui contribuent à bâtir un secteur ferroviaire plus solide. », a-t-il dit.

M. Salawou a conclu en appelant les principales parties prenantes à l’action. A son avis, les autorités ferroviaires et les gouvernements africains doivent définir une vision claire, commander des études de faisabilité crédibles, engager rapidement des réformes et offrir aux investisseurs une sécurité réglementaire ; l’industrie européenne doit proposer des partenariats à long terme, du contenu local et un transfert de compétences, plutôt que de se limiter à la fourniture d’équipements ; les bailleurs de fonds doivent s’impliquer dès la phase de préparation.
 
Adou FAYE
Actu-Economie

La rédaction

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