Commerce USA/Afrique : Les parlementaires américains approuvent la prorogation jusqu’en 2028 du régime AGOA

Samedi 17 Janvier 2026

Le pacte commercial, qui avait permis pendant 25 ans aux pays d’Afrique subsaharienne d’accéder au marché américain en franchise des droits de douane, avait pris fin le 1er octobre 2025. Mais le congrès semble décidé à la reconduire pour tenter de freiner l’influence croissante des rivaux des États-Unis sur le continent.


La Chambre des représentants américaine a approuvé, dans la soirée du lundi 12 janvier, un projet de loi portant sur la prorogation du programme AGOA (African Growth and Opportunity Act), un régime de préférences commerciales accordé depuis l’an 2000 par les États-Unis aux pays d’Afrique subsaharienne, jusqu’au 31 décembre 2028.

Le projet de loi a été adopté par 340 voix favorables sur 394 votants par cette chambre basse du Congrès américain. « L’AGOA Extension Act » sera ensuite soumise au Sénat. Un vote favorable de cette chambre haute du congrès devrait rétablir l’accès en franchise de droits pour un large éventail de produits issus des pays éligibles d’Afrique subsaharienne.

Le projet de loi comporte également une disposition prévoyant le remboursement des droits sur les articles provenant de pays éligibles de la région et entrés aux États-Unis après le 30 septembre 2025 et avant la date d'entrée en vigueur du texte.

Le dernier cycle de l’initiative a expiré le 1er octobre 2025, dans un contexte marqué par la mise en place de nouveaux tarifs douaniers par l’administration Trump. Les nouvelles dispositions sont d’ailleurs ambigues sur cette question. Si les nouvelles dispositions annulent les barrières douanières classiques, elles ne servent pas de bouclier contre les taxes spécifiques décidées directement par la Maison Blanche.

Aussi, des incertitudes planent sur le maintien d'Afrique du Sud dans la liste des pays bénéficiaires. La nation arc-en-ciel entretient actuellement des relations difficiles avec l'administration Trump, qui accuse Pretoria de persécuter les citoyens blancs. Washington reproche également à la première puissance économique africaine d’entretenir des relations étroites avec des puissances rivales des États-Unis, telles que la Chine, la Russie et l’Iran.

Les membres du congrès ont d’ailleurs récemment évoqué la « proximité » entre le pays le plus industrialisé du continent et des rivaux stratégiques des États-Unis, à l’occasion de la participation de la Chine, de la Russie et de l’Iran à des manœuvres navales au large des côtes sud-africaines.

Ne pas laisser le champ libre à la Chine

Le pragmatisme à tous crins du 47e président des USA pourrait l’amener à utiliser l’AGOA comme une « arme » pour pousser les pays éligibles à s’aligner sur les intérêts du pays ou pour sanctionner les « amis » des puissances rivales. Le texte le reconnaît explicitement.

« L'Afrique abrite environ 30 % des ressources mondiales en minerais critiques, et la Chine a investi entre 8 et 10 milliards de dollars sur le continent pour tenter de monopoliser ces chaînes d'approvisionnement essentielles. L'AGOA est l'un de nos outils les plus précieux pour garantir notre sécurité économique et nationale à long terme. Une interruption prolongée de l'AGOA porterait préjudice au leadership des États-Unis dans la région, créant un vide que des acteurs malveillants comme la Chine et la Russie chercheront à combler », peut-on lire dans le document.

Si l’AGOA est finalement reconduite, cela interviendra à un moment où les États-Unis continuent de perdre leur influence en Afrique face à la Chine, qui s’est empressée de supprimer tous les droits de douane sur ses importations provenant des 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques, après que Trump a augmenté les droits de douane l’année dernière.

Lancé en mai 2000, le programme AGOA permettait jusqu’au 30 septembre 2025 aux pays d’Afrique subsaharienne admissibles d’exporter plus de 1 700 produits vers les États-Unis sans payer de droits de douane. Chaque année, Washington actualisait la liste des pays éligibles à l'AGOA, en fonction notamment de leur attachement à l'économie de marché, au respect de l’État de droit et aux politiques de lutte contre la pauvreté. Le dispositif prend également en considération les avancées ou les reculs démocratiques des pays concernés.
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Actu-Economie

La rédaction

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