Banque africaine de développement : Le président Akinwumi Adesina en roue libre pour un second mandat

Lundi 3 Février 2020

Elu en 2015, Akinwumi Adesina est parti pour rempiler à la tête de la Banque africaine de développement (Bad). A la clôture des candidatures, seule sa candidature a été enregistrée. Son bilan est jugé très satisfaisant par de nombreux observateurs.


Seul le travail paie. Le président de la Banque africaine de développement (Bad) est sûr d’obtenir un second mandat à la tête de l’institution qu’il dirige depuis 2015.  En effet à la date de clôture des dépôts de candidatures, seule celle du président sortant a été enregistrée selon une source digne de foi.
 
Pour rappel, il faut dire que l’appel à candidatures a été lancé depuis le 1er juillet 2019, soit 6 mois au cours desquels de probables candidatures étaient pronostiquées.
 
Au 31 janvier 2020, il ne fait plus aucun doute qu’on s’achemine tout droit vers un nouveau mandat du nigérian Adesina, seul candidat à sa propre succession.
 
Ceci il le doit à son bilan, qui plaide largement en faveur de sa réélection et donc de la continuité de son programme, qu’il avait décliné en 2015 lors de la présentation de sa candidature au poste.

A l’époque, faut-il le signaler il brossait les grandes lignes de sa vision en ces termes. « Ma vision est d’aider à bâtir une nouvelle Afrique caractérisée par une croissance durable et partagée dans la prospérité, qui est unie, en paix et en sécurité, intégrée sur le plan régional et compétitive sur le plan mondial ; un continent d’espoir, d’opportunités et de liberté, où la prospérité est partagée par tous.
Une Afrique ouverte au monde, dont les Africains sont fiers ».
 
Dès son élection et sa prise de fonction, il avait commencé à mettre en œuvre sa vision pour l’Afrique en lançant ses cinq priorités. A savoir : éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie, nourrir l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie des Africains.

Le 8ème président de la Bad a, également au titre de son bilan, lancé le « New Deal pour l'énergie en Afrique ».  Pour la mise en œuvre de ce programme, il a apporté une mise de départ avec un budget de 45 à 50 milliards de dollars supplémentaires, avec pour objectif, financer le raccordement de 130 millions d'Africains au réseau électrique et équiper 75 millions de personnes en systèmes fonctionnant hors réseaux.

En février 2019 à Abidjan devant des membres du corps diplomatique accrédités en Côte-d’Ivoire, Akinwumi Adesina avait dressé le bilan et les perspectives de l’institution financière sur le continent. Il disait : « La Banque africaine de développement est au centre des actions menées
pour la réussite de cette zone de libre-échange continentale.
Nous avons investi plus d’un milliard de dollars pour soutenir le financement du commerce en Afrique », avait confié M. Adesina.
 
Il a rappelé que la Banque a notamment investi un milliard de dollars de plus dans AfreximBank, dont 650 millions constituent des lignes de crédit pour le financement du commerce et 350 millions en assurance.

Les High 5 ou cinq grandes priorités de la Bad 
 
Au titre des High 5 de la Bad, Adésina avait saisi le prétexte de la rencontre d’Abidjan avec le corps diplomatique pour révéler les ambitions claires de la BAD. C’est ainsi qu’Il a   révélé, que la Bad continue d’investir dans les infrastructures, pour mieux interconnecter les pays et améliorer ainsi leur compétitivité.
 
L’institution a ainsi soutenu la Cedeao à hauteur de 16 millions de dollars pour la préparation d’études de faisabilité du corridor Lagos-Abidjan a-t-il indiqué. Elle a assuré également le financement de 1 000 kilomètres de route entre
Addis-Abeba et Mombasa, qui ont multiplié par cinq les échanges entre l’Éthiopie et le Kenya. Elle a été partie prenante de la construction historique du pont sénégambien reliant la Gambie au Sénégal, inauguré le 21 janvier 2019, sans compter que son intervention a permis au portefeuille d’investissement de la Banque en Côte d’Ivoire d’être multiplié par 3, ces trois dernières années, pour atteindre 1,8 milliard de dollars en 2018.

« Les High 5 de la Banque, nos cinq grandes priorités, sont en train de produire des effets significatifs partout sur le continent », avait soutenu le président Akinwumi Adesina.
 
Poursuivant son bilan toujours, le Président de la BAD avait ajouté, en écho à la priorité « Éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie », qu’en 2018, 4,5 millions de personnes ont été raccordées au réseau électrique. « Près de 20 millions ont accédé à des technologies agricoles améliorées « Nourrir l’Afrique ». Dans le même temps les investissements dans le secteur privé ont bénéficié à 1,1 million de personnes sous la priorité « Industrialiser l’Afrique ».
 
Quelque 14 millions ont eu accès à des services de transport améliorés dans le cadre de la priorité « Intégrer l’Afrique », quand 8 autres millions de personnes, elles ont bénéficié d’un meilleur accès à l’eau et à l’assainissement en exécution de l’axe prioritaire « Améliorer la qualité de vie des populations africaines », selon le patron de la Bad.

Sous son initiative, il faut le reconnaitre, la Bad a lancé l’Africa Investment Forum, dont la première édition a eu lieu en novembre 2018 à Johannesburg en Afrique du Sud, autour de 2 000 personnes comprenant des investisseurs venus de 53 pays à travers le monde, des fonds de pension et des fonds souverains.

La grande prouesse du patron de la Bad durant son premier mandat, a été d’avoir réussi l’augmentation du capital de l’institution. Répondant à la question   de savoir si la triple A n’était pas en péril sans une augmentation conséquente du capital de la Bad lors de la conférence de presse de clôture des assemblées annuelles de la BAD à Malabo, il affirmait sans ambages que « La banque africaine de développement est solide » Avant de poursuivre ; notre banque est extrêmement solide et de dresser la feuille de route qui doit sanctionner cette augmentation du capital ».
 
Comme une prophétie, le 31 octobre 2019, la Bad annonce une augmentation de son capital à hauteur de 125%. Il passe ainsi de 93 à 208 milliards de dollars sur dix ans, de 2020 à 2030.
 
Qui est le patron de la BAD ?

Akinwumi Adesina, est né le 6 février 1960 au Nigéria. Il est ministre de l'Agriculture et du Développement rural de son pays de 2011 à 2015, avant d'être nommé président de la Banque africaine de développement (Bad) le 28 mai 2015. Il est issu d'une famille d'agriculteurs de l'Etat d'Ogun. Il effectue des études en économie agricole à l'Université de Ife et obtient sa licence en 1981. Il poursuit ses études aux États-Unis et passe une thèse de doctorat en économie agricole à l'Université Purdue dans l'Indiana aux États-Unis en 1988.

Après ses études, Akinwumi Adesina occupe des fonctions d’économiste dans des institutions agricoles internationales, notamment la Fondation Rockefeller, l’Alliance pour la révolution verte en Afrique (Agra).

Ministre de l’Agriculture et du Développement rural du Nigeria de 2011 à 2015, Akinwumi Adesina s’est fait connaître au Nigeria dans la lutte contre la corruption. Sous son mandat ministériel, grâce à une meilleure gestion des ressources agricoles, les importations alimentaires du pays ont chuté de moitié en 3 ans.
Oumar Nourou
 
La rédaction
Actu-Economie


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