Prenant la parole à l’ouverture, Mama Keita, secrétaire exécutive adjointe chargée des programmes à la Commission économique pour l’Afrique (Cea), a dressé un constat préoccupant : les chocs climatiques, les pressions sur la dette et le resserrement des conditions financières constituent désormais des contraintes structurelles et interdépendantes pour les économies africaines.
Des défis interconnectés et urgents
Selon les données évoquées lors du dialogue, le déficit annuel de financement des Objectifs de développement durable (Odd) atteint 4 000 milliards de dollars à l’échelle mondiale, dont 1 300 milliards pour l’Afrique. Par ailleurs, les chocs climatiques entraînent déjà une réduction du Produit intérieur brut (Pib) allant de 2 à 5% par an dans les économies les plus vulnérables du continent.
A cela s’ajoutent les perturbations des routes maritimes, qui affectent l’approvisionnement en énergie et en engrais, avec des répercussions directes sur les prix alimentaires et la stabilité économique.
Face à ces défis, Mama Keita a posé une question centrale : « Peut-on lutter contre le changement climatique sans garantir la sécurité hydrique ? Assurer la sécurité alimentaire sans énergie fiable ? »
Vers une approche intégrée du développement
Pour la responsable de la Cea, les réponses sectorielles isolées ne sont plus adaptées. Elle a plaidé pour une approche intégrée fondée sur le nexus climat-eau-énergie-alimentation, permettant de maximiser les synergies entre secteurs et de réduire les arbitrages négatifs.
« Il ne s’agit plus de gérer des secteurs de manière séparée, mais de penser les systèmes dans leur globalité », a-t-elle souligné.
Des initiatives émergent déjà sur le continent, combinant gestion de l’eau, énergies renouvelables et agriculture durable. Toutefois, ces expériences restent encore limitées et peinent à être déployées à grande échelle.
Trois priorités pour accélérer la transformation
Pour traduire cette approche en actions concrètes, Mama Keita a identifié trois axes prioritaires. Il s’agit de renforcer la cohérence des politiques publiques en intégrant les différents secteurs dans les stratégies nationales de développement, à travers une meilleure coordination entre ministères et institutions.
Aussi, a-t-elle cité la mobilisation des financements innovants. En ce sens, elle a invité à recourir à des instruments tels que les financements mixtes, les obligations vertes et bleues ou encore les marchés carbones, tout en renforçant la mobilisation des ressources domestiques. Elle a également insisté sur la nécessité de lutter contre les flux financiers illicites, estimés à près de 88 milliards de dollars par an en Afrique.
La troisième priorité est, pour elle, investir dans les données, la science et les capacités institutionnelles. A l’en croire, cela est une condition indispensable pour concevoir des politiques efficaces, fondées sur des preuves et adaptées aux réalités locales.
Au-delà des recommandations techniques, ce dialogue met en lumière un choix stratégique pour les pays africains : poursuivre des approches fragmentées aux résultats limités, ou adopter des solutions intégrées capables de répondre à l’ampleur et à la complexité des défis actuels. « L’avenir de l’Afrique dépendra moins de la gestion isolée des secteurs que de notre capacité à gérer les interconnexions entre eux », a insisté Mama Keita.
Bassirou MBAYE
Des défis interconnectés et urgents
Selon les données évoquées lors du dialogue, le déficit annuel de financement des Objectifs de développement durable (Odd) atteint 4 000 milliards de dollars à l’échelle mondiale, dont 1 300 milliards pour l’Afrique. Par ailleurs, les chocs climatiques entraînent déjà une réduction du Produit intérieur brut (Pib) allant de 2 à 5% par an dans les économies les plus vulnérables du continent.
A cela s’ajoutent les perturbations des routes maritimes, qui affectent l’approvisionnement en énergie et en engrais, avec des répercussions directes sur les prix alimentaires et la stabilité économique.
Face à ces défis, Mama Keita a posé une question centrale : « Peut-on lutter contre le changement climatique sans garantir la sécurité hydrique ? Assurer la sécurité alimentaire sans énergie fiable ? »
Vers une approche intégrée du développement
Pour la responsable de la Cea, les réponses sectorielles isolées ne sont plus adaptées. Elle a plaidé pour une approche intégrée fondée sur le nexus climat-eau-énergie-alimentation, permettant de maximiser les synergies entre secteurs et de réduire les arbitrages négatifs.
« Il ne s’agit plus de gérer des secteurs de manière séparée, mais de penser les systèmes dans leur globalité », a-t-elle souligné.
Des initiatives émergent déjà sur le continent, combinant gestion de l’eau, énergies renouvelables et agriculture durable. Toutefois, ces expériences restent encore limitées et peinent à être déployées à grande échelle.
Trois priorités pour accélérer la transformation
Pour traduire cette approche en actions concrètes, Mama Keita a identifié trois axes prioritaires. Il s’agit de renforcer la cohérence des politiques publiques en intégrant les différents secteurs dans les stratégies nationales de développement, à travers une meilleure coordination entre ministères et institutions.
Aussi, a-t-elle cité la mobilisation des financements innovants. En ce sens, elle a invité à recourir à des instruments tels que les financements mixtes, les obligations vertes et bleues ou encore les marchés carbones, tout en renforçant la mobilisation des ressources domestiques. Elle a également insisté sur la nécessité de lutter contre les flux financiers illicites, estimés à près de 88 milliards de dollars par an en Afrique.
La troisième priorité est, pour elle, investir dans les données, la science et les capacités institutionnelles. A l’en croire, cela est une condition indispensable pour concevoir des politiques efficaces, fondées sur des preuves et adaptées aux réalités locales.
Au-delà des recommandations techniques, ce dialogue met en lumière un choix stratégique pour les pays africains : poursuivre des approches fragmentées aux résultats limités, ou adopter des solutions intégrées capables de répondre à l’ampleur et à la complexité des défis actuels. « L’avenir de l’Afrique dépendra moins de la gestion isolée des secteurs que de notre capacité à gérer les interconnexions entre eux », a insisté Mama Keita.
Bassirou MBAYE


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