La question qui se pose aujourd’hui ne semble plus être de combien financer, mais plutôt comment structurer les financements de sorte qu’ils soient durables, inclusifs, efficaces.
Face aux besoins gigantesques, les mécanismes traditionnels de financement ne suffisent plus, en attestent le constat et le diagnostic qui ont été fait. L’heure est au mouvement, et le trio Invictus Capital & Finance, KF Titrisation, et Development Finance Advisory (DFA), est passé à l’action à travers l’organisation le 25 septembre 2025, de la première édition du SFA Forum (Structured Finance Africa) Forum, autour du thème : « Innovations financières et transformation structurelle des économies africaines : titrisation, financements durables et souveraineté ».
Ouvrant les travaux devant un aréopage de hautes personnalités représentant les autorités publiques, les institutions financières, investisseurs et partenaires internationaux, le ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba a présenté les financements structurés comme un « levier incontournable », qui selon lui, sont loin d'être de simples « montages financiers sophistiqués ». Un sentiment partagé par Félix Edoh Kossi Aménounvé, directeur général de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), qui soutient, quant à lui que « L'Afrique doit trouver en elle-même les voies et moyens pour répondre à ses défis financiers et économiques. » Ce d’autant plus que, face à un marché mondial de la finance structurée, qui pèse aujourd’hui 2 500 milliards de dollars, « L’Afrique reste marginalisée malgré des besoins criants en logement, électricité et adaptation climatique », a-t-il déploré.
Des défis chiffrés « à 4 000 milliards de dollars par an dont le continent aurait besoin pour atteindre ses objectifs de développement », selon Isaac Mbaye, directeur général d'Invictus Capital & Finance.
Pourtant, souligne Badanam Patoki, le Président de l’Autorité des marchés financiers de l’UEMOA (AMF-UEMOA), citant l’Africa Finance Corporation (AFC), le potentiel de financement se trouve en grande partie sur le continent et, justement, « L'Afrique dispose de près de 4 000 milliards de dollars dans des institutions comme les fonds de pension et les fonds souverains», clame –t-il. Une façon, selon lui, de rappeler la nécessité de saisir les opportunités considérables de l’épargne locale en progression constante, d’une part, une diaspora dynamique et prête à participer davantage au développement, d’autre part, et enfin une capacité appréciable de financement détenue par les investisseurs institutionnels africains.
Se faisant plus concret, M. Patoki évoque les instruments financiers novateurs tels que la titrisation, la finance islamique et la finance durable qui, ajoute-t-il, « démontrent déjà leur efficacité. » Mais, prévient-il, « aucune transformation durable ne sera possible sans des réformes structurelles profondes, incluant une refonte du secteur financier. »
De l’avis de Mme Nafissatou Diagne, directrice générale de Development Finance Advisory (DFA), « Financer la transformation structurelle de nos entreprises et de nos économies, nécessite un bon alignement des approches et des actions des parties prenantes ».
Face aux besoins gigantesques, les mécanismes traditionnels de financement ne suffisent plus, en attestent le constat et le diagnostic qui ont été fait. L’heure est au mouvement, et le trio Invictus Capital & Finance, KF Titrisation, et Development Finance Advisory (DFA), est passé à l’action à travers l’organisation le 25 septembre 2025, de la première édition du SFA Forum (Structured Finance Africa) Forum, autour du thème : « Innovations financières et transformation structurelle des économies africaines : titrisation, financements durables et souveraineté ».
Ouvrant les travaux devant un aréopage de hautes personnalités représentant les autorités publiques, les institutions financières, investisseurs et partenaires internationaux, le ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba a présenté les financements structurés comme un « levier incontournable », qui selon lui, sont loin d'être de simples « montages financiers sophistiqués ». Un sentiment partagé par Félix Edoh Kossi Aménounvé, directeur général de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), qui soutient, quant à lui que « L'Afrique doit trouver en elle-même les voies et moyens pour répondre à ses défis financiers et économiques. » Ce d’autant plus que, face à un marché mondial de la finance structurée, qui pèse aujourd’hui 2 500 milliards de dollars, « L’Afrique reste marginalisée malgré des besoins criants en logement, électricité et adaptation climatique », a-t-il déploré.
Des défis chiffrés « à 4 000 milliards de dollars par an dont le continent aurait besoin pour atteindre ses objectifs de développement », selon Isaac Mbaye, directeur général d'Invictus Capital & Finance.
Pourtant, souligne Badanam Patoki, le Président de l’Autorité des marchés financiers de l’UEMOA (AMF-UEMOA), citant l’Africa Finance Corporation (AFC), le potentiel de financement se trouve en grande partie sur le continent et, justement, « L'Afrique dispose de près de 4 000 milliards de dollars dans des institutions comme les fonds de pension et les fonds souverains», clame –t-il. Une façon, selon lui, de rappeler la nécessité de saisir les opportunités considérables de l’épargne locale en progression constante, d’une part, une diaspora dynamique et prête à participer davantage au développement, d’autre part, et enfin une capacité appréciable de financement détenue par les investisseurs institutionnels africains.
Se faisant plus concret, M. Patoki évoque les instruments financiers novateurs tels que la titrisation, la finance islamique et la finance durable qui, ajoute-t-il, « démontrent déjà leur efficacité. » Mais, prévient-il, « aucune transformation durable ne sera possible sans des réformes structurelles profondes, incluant une refonte du secteur financier. »
De l’avis de Mme Nafissatou Diagne, directrice générale de Development Finance Advisory (DFA), « Financer la transformation structurelle de nos entreprises et de nos économies, nécessite un bon alignement des approches et des actions des parties prenantes ».
La preuve par l’exemple
Le Forum SFA a permis de souligner l’importance d’instruments comme la Titrisation, la Finance islamique ou encore le Trade finance garanti et les Obligations vertes comme leviers de financement durable.
Pour rappel, la Titrisation, qui a fait l’objet d’un panel dont le thème était : « Comment permettre à la titrisation en Afrique de passer à l’échelle ? », est un mécanisme qui permet de transformer des actifs peu liquides (comme des créances futures ou des flux de revenus) en titres négociables, mobilisant ainsi du capital privé pour des projets à long terme. Exemple concret : Senelec vient de céder une partie de ses créances (factures échues et impayées) pour lever 215 millions $ sur le marché financier, à travers une opération de titrisation inédite dont les produits financeront à la fois la transition énergétique et l’élargissement de l’accès à l’électricité.
Ce thème du panel 1 procède du constat que depuis l’adoption du cadre réglementaire régional en 2010, la titrisation en Afrique de l’Ouest connaît une lente montée en puissance. Malgré des avancées notables (premières émissions privées, création de sociétés de gestion dédiées, implication accrue des banques et sociétés de crédit-bail), le potentiel reste encore largement sous-exploité.
En abordant la question cruciale de la titrisation, la Directrice d’UMOA-Titres, Mme Oulimata Ndiaye Diassé, a mis en lumière l'enjeu fondamental de la liquidité des actifs sous-jacents. Elle estime qu'une intégration accrue du marché financier et de ses institutions « est nécessaire pour bâtir une finance structurée robuste », rappelant à ce titre, que « la liquidité n'est pas innée mais, elle est définie par l'’ensemble des actions menées pour la structuration d'instruments standards. » Donc pour elle, le développement des infrastructures de marché (facilitation des transactions, systèmes d'échange) est indispensable car, « Non seulement ces infrastructures fluidifient la titrisation et le lend finance, mais elles rassurent également les acteurs du capital-investissement (private equity) qui recherchent des portes de sortie fiables. »
Reprenant la balle au rebond, Mouhamadou Moustapha Faye, Directeur général de KF Titrisation, une Société de Gestion de Fonds Communs de Titrisation de Créances agréée par l’Autorité des Marchés Financiers de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (AMF-UMOA), conjugue la titrisation au futur, avec une réelle ambition, et parle de « PPP Titrisable », se permettant-même d’ajouter un quatrième « P » qui renvoie aux Particuliers (Partenariat Public-Privé-Particulier). Selon lui, « Ce serait une réforme qui viendrait embarquer le grand public dans des opérations destinées à mobiliser des financements pour des infrastructures, par exemple ; vu le contexte, nous n’avons plus le choix et nous devons nous réinventer ; la question c’est comment et avec quoi », indique-t-il en soulignant, dans la foulée, que le concept existe bien dans d’autres espaces économiques.
En somme, à en croire M. Faye, le potentiel de la titrisation est encore largement inexploité dans l’espace UEMOA, qui regorge d’actifs recyclables. C ’est le cas notamment pour les créances hypothécaires, les contrats de leasing, etc. Le hic, selon, lui, c’est l’accompagnement politique, qui fait défaut, notamment à travers la fiscalité.
Le Forum SFA a permis de souligner l’importance d’instruments comme la Titrisation, la Finance islamique ou encore le Trade finance garanti et les Obligations vertes comme leviers de financement durable.
Pour rappel, la Titrisation, qui a fait l’objet d’un panel dont le thème était : « Comment permettre à la titrisation en Afrique de passer à l’échelle ? », est un mécanisme qui permet de transformer des actifs peu liquides (comme des créances futures ou des flux de revenus) en titres négociables, mobilisant ainsi du capital privé pour des projets à long terme. Exemple concret : Senelec vient de céder une partie de ses créances (factures échues et impayées) pour lever 215 millions $ sur le marché financier, à travers une opération de titrisation inédite dont les produits financeront à la fois la transition énergétique et l’élargissement de l’accès à l’électricité.
Ce thème du panel 1 procède du constat que depuis l’adoption du cadre réglementaire régional en 2010, la titrisation en Afrique de l’Ouest connaît une lente montée en puissance. Malgré des avancées notables (premières émissions privées, création de sociétés de gestion dédiées, implication accrue des banques et sociétés de crédit-bail), le potentiel reste encore largement sous-exploité.
En abordant la question cruciale de la titrisation, la Directrice d’UMOA-Titres, Mme Oulimata Ndiaye Diassé, a mis en lumière l'enjeu fondamental de la liquidité des actifs sous-jacents. Elle estime qu'une intégration accrue du marché financier et de ses institutions « est nécessaire pour bâtir une finance structurée robuste », rappelant à ce titre, que « la liquidité n'est pas innée mais, elle est définie par l'’ensemble des actions menées pour la structuration d'instruments standards. » Donc pour elle, le développement des infrastructures de marché (facilitation des transactions, systèmes d'échange) est indispensable car, « Non seulement ces infrastructures fluidifient la titrisation et le lend finance, mais elles rassurent également les acteurs du capital-investissement (private equity) qui recherchent des portes de sortie fiables. »
Reprenant la balle au rebond, Mouhamadou Moustapha Faye, Directeur général de KF Titrisation, une Société de Gestion de Fonds Communs de Titrisation de Créances agréée par l’Autorité des Marchés Financiers de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (AMF-UMOA), conjugue la titrisation au futur, avec une réelle ambition, et parle de « PPP Titrisable », se permettant-même d’ajouter un quatrième « P » qui renvoie aux Particuliers (Partenariat Public-Privé-Particulier). Selon lui, « Ce serait une réforme qui viendrait embarquer le grand public dans des opérations destinées à mobiliser des financements pour des infrastructures, par exemple ; vu le contexte, nous n’avons plus le choix et nous devons nous réinventer ; la question c’est comment et avec quoi », indique-t-il en soulignant, dans la foulée, que le concept existe bien dans d’autres espaces économiques.
En somme, à en croire M. Faye, le potentiel de la titrisation est encore largement inexploité dans l’espace UEMOA, qui regorge d’actifs recyclables. C ’est le cas notamment pour les créances hypothécaires, les contrats de leasing, etc. Le hic, selon, lui, c’est l’accompagnement politique, qui fait défaut, notamment à travers la fiscalité.
Plus loin que la titrisation
Face au durcissement des conditions de financement international, le ministre sénégalais de l'Agriculture, Mabouba Diagne, intervenant lors du panel d’ouverture portant sur le thème: « Surmonter le défi du financement : entre ambitions publiques et contraintes budgétaires », voit dans les difficultés budgétaires actuelles des pays africains « une opportunité ».
Selon lui, cette contrainte financière force les gouvernements à repenser en profondeur leur stratégie et donc à placer l'investissement agricole, vital pour la souveraineté alimentaire, au centre de leur modèle de développement économique. Il est temps, dit-il, « de mettre fin à la tendance consistant à se tourner systématiquement vers les capitales financières occidentales ou asiatiques pour le montage de grands projets. » Le moment est venu , ajoute-t-il, « de faire confiance et de mobiliser cette intelligence et ce capital africain pour garantir une soutenabilité économique véritable. »
Cette « intelligence », c’est d’user des instruments qui permettent de mutualiser les risques, d'allonger les maturités et de mobiliser l'épargne privée et locale. Comme l’a indiqué le Directeur général d’Invictus Capital & Finance : « Nous avons une responsabilité : inventer de nouvelles approches et le financement structuré constitue une voie crédible pour bâtir une architecture financière africaine plus robuste », a insisté Isaac Mbaye.
Pour aller plus loin, les panélistes ont évoqué au cours des échanges, l’émission d’e-Sukuk souverains, ces instruments islamiques de financement permettant de diversifier les sources de capitaux et d’attirer les investisseurs du Golfe et d’Asie ; la finance islamique régionale aurait d'ailleurs déjà permis à travers ce mécanisme, de mobiliser plus de 1 400 milliards FCFA avant même l'adoption de son cadre réglementaire officiel en 2022, témoignant de l'appétit du marché local.
Il a aussi été question de la structuration d’instruments hybrides, qui consiste à combiner financements publics, investissements privés et fonds multilatéraux pour des projets à impact (infrastructures, énergie, climat). Il s’agit également de mettre en place des contrats PPP nouvelle génération, plus souples et adaptés aux contraintes africaines, intégrant des clauses de partage des risques plus équitables.
Par ailleurs, des rapports de 2023, comme celui de l'African Export-Import Bank (Afreximbank), indiquent que les volumes d'affacturage (une forme de financement structuré) en Afrique pourraient atteindre 50 milliards d'euros d'ici 2025. En matière de financement vert et climatique, on parle de la création de véhicules d’investissement spécifiques pour l’adaptation et la résilience, notamment dans l’agriculture, l’énergie solaire et l’eau. Une niche d’opportunités donc.
Face au durcissement des conditions de financement international, le ministre sénégalais de l'Agriculture, Mabouba Diagne, intervenant lors du panel d’ouverture portant sur le thème: « Surmonter le défi du financement : entre ambitions publiques et contraintes budgétaires », voit dans les difficultés budgétaires actuelles des pays africains « une opportunité ».
Selon lui, cette contrainte financière force les gouvernements à repenser en profondeur leur stratégie et donc à placer l'investissement agricole, vital pour la souveraineté alimentaire, au centre de leur modèle de développement économique. Il est temps, dit-il, « de mettre fin à la tendance consistant à se tourner systématiquement vers les capitales financières occidentales ou asiatiques pour le montage de grands projets. » Le moment est venu , ajoute-t-il, « de faire confiance et de mobiliser cette intelligence et ce capital africain pour garantir une soutenabilité économique véritable. »
Cette « intelligence », c’est d’user des instruments qui permettent de mutualiser les risques, d'allonger les maturités et de mobiliser l'épargne privée et locale. Comme l’a indiqué le Directeur général d’Invictus Capital & Finance : « Nous avons une responsabilité : inventer de nouvelles approches et le financement structuré constitue une voie crédible pour bâtir une architecture financière africaine plus robuste », a insisté Isaac Mbaye.
Pour aller plus loin, les panélistes ont évoqué au cours des échanges, l’émission d’e-Sukuk souverains, ces instruments islamiques de financement permettant de diversifier les sources de capitaux et d’attirer les investisseurs du Golfe et d’Asie ; la finance islamique régionale aurait d'ailleurs déjà permis à travers ce mécanisme, de mobiliser plus de 1 400 milliards FCFA avant même l'adoption de son cadre réglementaire officiel en 2022, témoignant de l'appétit du marché local.
Il a aussi été question de la structuration d’instruments hybrides, qui consiste à combiner financements publics, investissements privés et fonds multilatéraux pour des projets à impact (infrastructures, énergie, climat). Il s’agit également de mettre en place des contrats PPP nouvelle génération, plus souples et adaptés aux contraintes africaines, intégrant des clauses de partage des risques plus équitables.
Par ailleurs, des rapports de 2023, comme celui de l'African Export-Import Bank (Afreximbank), indiquent que les volumes d'affacturage (une forme de financement structuré) en Afrique pourraient atteindre 50 milliards d'euros d'ici 2025. En matière de financement vert et climatique, on parle de la création de véhicules d’investissement spécifiques pour l’adaptation et la résilience, notamment dans l’agriculture, l’énergie solaire et l’eau. Une niche d’opportunités donc.
Du potentiel à la réalisation
Le SFA Forum de Dakar a permis certes d’ancrer un discours fort sur la souveraineté financière du continent. Face aux défis du financement classique, le ministre Cheikh Diba avait plus tôt, présenté les financements structurés comme un « levier incontournable », et insisté sur leur rôle essentiel en tant qu’outil de partenariat entre acteurs publics et privés , mais aussi sur leur rôle comme catalyseur d’innovation, combinant titrisation, obligations durables et Partenariats Public-Privé (PPP) , et accélérateur de croissance inclusive, en finançant des projets à fort impact social et environnemental (infrastructures, énergie, agriculture, digital).
En clair, à Dakar, les débats ont mis en lumière des pistes concrètes vers les opportunités. Cependant, comme l’a suggéré la Directrice d’UMOA-Titres, la transformation ne dépendra pas seulement d’outils innovants, mais de la capacité à instaurer la confiance via des cadres réglementaires solides, voire une transparence accrue et une gouvernance crédible. Elle a insisté, notamment sur le fait que si le capital est disponible, « il ne peut être pleinement mobilisé qu'au sein d'un cadre rassurant pour les investisseurs et il est impératif d'instaurer un environnement offrant transparence et assurance au marché. »
Le cadre réglementaire et fiscal est jugé assez peu attractif ou pas très clair pour les investisseurs internationaux, il y a donc un besoin de stabiliser les règles, d’assurer la transparence, et faciliter les notations. Par ailleurs, la problématique de la profondeur des marchés financiers africains, jugée insuffisante, est posée notamment du point de vue de leur liquidité, mais également des instruments de marché encore peu nombreux, et même de capacité limitée des investisseurs locaux à absorber des produits structurés…
Toujours est-il que pour passer du potentiel à la réalisation, la collaboration est indispensable ; et comme pour rappeler au réalisme, le ministre sénégalais des Finances et du Budget estime qu’« Aucune institution, aucun pays, aucun secteur ne peut à lui seul, apporter toutes les réponses aux problématiques qui se dressent à nous. Seule la complémentarité entre Etats, banques, investisseurs, entreprises privées et partenaires peut permettre d’imaginer et de mettre en œuvre des solutions durables et adaptés. »
Le SFA Forum de Dakar a permis certes d’ancrer un discours fort sur la souveraineté financière du continent. Face aux défis du financement classique, le ministre Cheikh Diba avait plus tôt, présenté les financements structurés comme un « levier incontournable », et insisté sur leur rôle essentiel en tant qu’outil de partenariat entre acteurs publics et privés , mais aussi sur leur rôle comme catalyseur d’innovation, combinant titrisation, obligations durables et Partenariats Public-Privé (PPP) , et accélérateur de croissance inclusive, en finançant des projets à fort impact social et environnemental (infrastructures, énergie, agriculture, digital).
En clair, à Dakar, les débats ont mis en lumière des pistes concrètes vers les opportunités. Cependant, comme l’a suggéré la Directrice d’UMOA-Titres, la transformation ne dépendra pas seulement d’outils innovants, mais de la capacité à instaurer la confiance via des cadres réglementaires solides, voire une transparence accrue et une gouvernance crédible. Elle a insisté, notamment sur le fait que si le capital est disponible, « il ne peut être pleinement mobilisé qu'au sein d'un cadre rassurant pour les investisseurs et il est impératif d'instaurer un environnement offrant transparence et assurance au marché. »
Le cadre réglementaire et fiscal est jugé assez peu attractif ou pas très clair pour les investisseurs internationaux, il y a donc un besoin de stabiliser les règles, d’assurer la transparence, et faciliter les notations. Par ailleurs, la problématique de la profondeur des marchés financiers africains, jugée insuffisante, est posée notamment du point de vue de leur liquidité, mais également des instruments de marché encore peu nombreux, et même de capacité limitée des investisseurs locaux à absorber des produits structurés…
Toujours est-il que pour passer du potentiel à la réalisation, la collaboration est indispensable ; et comme pour rappeler au réalisme, le ministre sénégalais des Finances et du Budget estime qu’« Aucune institution, aucun pays, aucun secteur ne peut à lui seul, apporter toutes les réponses aux problématiques qui se dressent à nous. Seule la complémentarité entre Etats, banques, investisseurs, entreprises privées et partenaires peut permettre d’imaginer et de mettre en œuvre des solutions durables et adaptés. »
Appel à l’ « Union »
La première édition du SFA FORUM 2025 a en tout cas transformé l’essai en réunissant un gotha de plus de 400 participants (alors que 250 attendus) comprenant banquiers, régulateurs, assureurs, investisseurs, fintech, décideurs et experts.
A la clôture de cette première édition, Mme Seynabou Fall Touré, directrice générale adjointe d’Invictus Capital & Finance, a rappelé que « Les marchés des capitaux – notamment via la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) – doivent être le moteur de la transformation. » Elle a notamment suggéré d’explorer de nouvelles classes d'actifs pour la titrisation, mais aussi de donner une véritable place aux PME et TPE dans les écosystèmes financiers, en les intégrant aux outils de financements structurés.
Mme Touré a aussi tenu à rassurer sur la gestion du risque. En effet, insiste-t-elle, « le risque existe, mais nous avons appris qu’il peut être structuré, partagé, maîtrisé. » Pour cela, dit-elle, des préalables sont indispensables à savoir : « Mettre en place des instruments crédibles et standardisés, ensuite structurer des partenariats public-privé (PPP) efficaces pour développer les infrastructures essentielles, enfin, accélérer la mise en œuvre de la finance durable avec des modèles reproductibles et mesurables, sans oublier de renforcer la régulation, la notation et la fiscalité pour créer un environnement de confiance ».
La directrice générale adjointe d’Invictus Capital & Finance a enfin lancé un appel à « l'union » pour, conclut-elle, traduire les idées et l'énergie du forum en action concrète : « Ce que nous construisons, ce ne sont pas seulement des instruments financiers, ce sont les fondations d’une Afrique nouvelle, d’un continent prospère qui tient toutes ses promesses. »
Certes, ce n’est pas encore la « révolution », mais Dakar a marqué un tournant symbolique, en posant les jalons d’une transformation par les finances structurées, avec l’ambition de renforcer la souveraineté financière du continent et d’accélérer son développement durable.
Lejecos Magazine Novembre 2025
La première édition du SFA FORUM 2025 a en tout cas transformé l’essai en réunissant un gotha de plus de 400 participants (alors que 250 attendus) comprenant banquiers, régulateurs, assureurs, investisseurs, fintech, décideurs et experts.
A la clôture de cette première édition, Mme Seynabou Fall Touré, directrice générale adjointe d’Invictus Capital & Finance, a rappelé que « Les marchés des capitaux – notamment via la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) – doivent être le moteur de la transformation. » Elle a notamment suggéré d’explorer de nouvelles classes d'actifs pour la titrisation, mais aussi de donner une véritable place aux PME et TPE dans les écosystèmes financiers, en les intégrant aux outils de financements structurés.
Mme Touré a aussi tenu à rassurer sur la gestion du risque. En effet, insiste-t-elle, « le risque existe, mais nous avons appris qu’il peut être structuré, partagé, maîtrisé. » Pour cela, dit-elle, des préalables sont indispensables à savoir : « Mettre en place des instruments crédibles et standardisés, ensuite structurer des partenariats public-privé (PPP) efficaces pour développer les infrastructures essentielles, enfin, accélérer la mise en œuvre de la finance durable avec des modèles reproductibles et mesurables, sans oublier de renforcer la régulation, la notation et la fiscalité pour créer un environnement de confiance ».
La directrice générale adjointe d’Invictus Capital & Finance a enfin lancé un appel à « l'union » pour, conclut-elle, traduire les idées et l'énergie du forum en action concrète : « Ce que nous construisons, ce ne sont pas seulement des instruments financiers, ce sont les fondations d’une Afrique nouvelle, d’un continent prospère qui tient toutes ses promesses. »
Certes, ce n’est pas encore la « révolution », mais Dakar a marqué un tournant symbolique, en posant les jalons d’une transformation par les finances structurées, avec l’ambition de renforcer la souveraineté financière du continent et d’accélérer son développement durable.
Lejecos Magazine Novembre 2025


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