Une décision "explosive" provoque un krach boursier en Suisse: "C'est un tsunami"

Vendredi 16 Janvier 2015

La Suisse a décidé jeudi de ne plus intervenir sur les marchés pour empêcher le franc de trop s'apprécier face à l'euro et au dollar, ce qui a provoqué un séisme sur les marchés boursiers et des devises.


Dans un communiqué laconique publié jeudi matin, la Banque nationale suisse (BNS), a annoncé que le taux plancher du franc suisse, fixé il y a 3 ans à 1,20 CHF pour 1 euro, était abandonné. Aussitôt, le franc suisse, désormais en roue libre, est parti en flêche et s'est apprécié de près de 30% par rapport à l'euro ou au dollar. A Londres, le franc suisse s'échangeait ainsi à 10h00 à 0,85 CHF pour 1 euro, au lieu de 1,20 CHF pour 1 euro avant l'annonce de la BNS.

La Bourse suisse a aussitôt accusé le coup et fait un énorme plongeon. Beaucoup d'entreprises suisses, cotées en bourse, sont fortement exportatrices, et la décision de la BNS les place en difficulté pour écouler leurs produits à l'étranger.

"Un tsunami"
A 12h30 locales, la Bourse suisse perdait ainsi 12,04%. Les plus fortes baisses sont affichées par les valeurs du luxe, telles que Swatch (Breguet, Longines, Tissot) ou Richemont (Cartier, Van Cleef....), dont les produits s'arrachent à l'étranger. Ces sociétés ont vu leurs actions reculer respectivement de -15,65% et -16,29%. En effet, du fait de la hausse du franc suisse, leurs produits sont devenus plus chers de 20 à 30% pour les étrangers, qui risquent de s'en détourner.
"Les mots me manquent. C'est un tsunami pour l'ensemble de la Suisse", a ainsi déclaré jeudi Nick Hayek, directeur général de Swatch Group, numéro un mondial de l'horlogerie.

Une décision trop "explosive"
Cette décision a pris de court les marchés financiers, surprenant fortement les investisseurs dans la mesure où la BNS avait encore réaffirmé ces derniers jours qu'elle n'abandonnerait pas le taux plancher. "La Banque Nationale Suisse a choqué les investisseurs", a réagi dans une note Connor Campbell, analyste chez Spreadex, relevant que la réaction avait été "explosive".

"Personne ne s'attendait à l'abandon du cours du plancher sans mise en garde préalable", a déclaré Benjamin Sasu, un autre analyste financier, soulignant les réactions immédiates du marché, qualifiées de "mini-krach".

Les frontaliers grands gagnants

Le Suisse moyen en revanche s'est réjoui de cette mesure. En effet, lors du change de francs suisses en euros. Le citoyen helvétique est large vainqueur.

Mais il y a encore mieux. Les dizaines de milliers de frontaliers français, italiens ou allemands, qui traversent chaque jour la frontière pour travailler en Suisse, sont les grands gagnants indirects de l'opération. En un instant, leur revenu mensuel a progressé de 30%. "Pourvu que ce taux de change tienne jusqu'à la fin du mois, quand je serai payée", a déclaré à l'AFP une Française frontalière travaillant à Genève.

Vent de panique à l'étranger, surtout en Pologne
La décision d'abolir jeudi le cours plancher du franc suisse face à l'euro a des répercussions dans d'autres pays. Ainsi, en Pologne, un vent de panique s'est levé car quelque 700.000 ménages détiennent des crédits immobiliers libellés en devise helvétique, le zloty décrochant de près de 20% face au franc. La bourse de Varsovie chutait ainsi jeudi de quelque 2% à la mi-journée.
Selon les experts, si la situation actuelle devait persister, la traite mensuelle pour un crédit immobilier moyen de 300.000 zlotys (69.000 euros) augmentera de quelques 200-300 zlotys (46-69 EUR).
rtl.be
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