Organisé au Centre de conférences des Nations unies, cet atelier interrégional est porté par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (DESA), les commissions économiques pour l’Asie occidentale (CESAO) et pour l’Asie et le Pacifique (CESAP), ainsi que la Commission de l’Union africaine. L’Oxford Poverty and Human Development Initiative (OPHI) apporte son appui technique aux travaux.
À l’ouverture de la rencontre, Zuzana Schwidrowski, directrice de la Division du développement socio-économique de la CEA, a souligné le rôle de la protection sociale dans la satisfaction des besoins essentiels, la gestion des risques et la construction de moyens de subsistance durables. Elle a notamment plaidé pour des systèmes qui protègent les populations contre les crises tout en favorisant leur autonomie, grâce à des liens plus étroits avec l’emploi, la formation professionnelle et l’entrepreneuriat.
Elle a également insisté sur la nécessité d’étendre la couverture sociale aux travailleurs du secteur informel et aux travailleurs indépendants, souvent exclus des mécanismes classiques. Pour elle, les dispositifs de protection doivent être préparés avant la survenue des crises afin de permettre une réponse rapide et efficace.
La pauvreté multidimensionnelle au cœur des politiques sociales
Les discussions portent notamment sur la validation des lignes directrices relatives à l’utilisation de l’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) pour mettre en œuvre une protection sociale adaptative. Cette approche vise à dépasser les seules mesures de revenu pour prendre en compte les privations cumulées auxquelles les populations sont confrontées, notamment en matière d’accès aux services essentiels et de conditions de vie.
Représentant le DESA, Amson Sibanda, responsable de la branche chargée de l’analyse des politiques sociales et de la coordination de la recherche, a présenté l’analyse de la pauvreté multidimensionnelle comme un outil pratique d’élaboration des politiques publiques. Elle permet notamment de mieux identifier les populations laissées de côté, de cibler les interventions et d’orienter les ressources limitées vers les personnes confrontées aux formes de précarité les plus multiples.
Cette démarche doit également permettre aux gouvernements de mieux articuler les aides sociales avec les services essentiels et les registres administratifs, afin d’améliorer l’identification des bénéficiaires, la conception des programmes et le suivi des résultats.
Des financements et une meilleure gouvernance nécessaires
Au-delà du ciblage des bénéficiaires, l’efficacité des systèmes de protection sociale dépend de la qualité de leur gouvernance et de la disponibilité des ressources financières. Rajul Awasthi, spécialiste principal de la gouvernance à la Banque mondiale, a souligné l’importance d’une gestion rigoureuse des finances publiques, de responsabilités institutionnelles clairement définies et de mécanismes de reddition de comptes accessibles aux bénéficiaires.
La fiabilité des registres sociaux, l’existence de mécanismes de réclamation efficaces et le renforcement de la mobilisation des ressources intérieures figurent également parmi les priorités identifiées.
De son côté, Marco Schaefer, responsable de la section Protection sociale de la CESAO, a attiré l’attention sur les lacunes de couverture qui touchent les travailleurs informels. Certains ne bénéficient pas de l’assurance sociale tout en ne remplissant pas les critères d’accès aux programmes d’aide destinés aux personnes pauvres. Il a ainsi plaidé pour une combinaison entre transferts monétaires, accompagnement vers l’emploi, mesures de prévention et financements mobilisables en cas de crise.
Les participants doivent, au terme des travaux, identifier les mesures concrètes nécessaires à la finalisation et à l’application des lignes directrices, en s’appuyant sur le renforcement des capacités nationales, l’assistance technique et une répartition claire des responsabilités institutionnelles.
Cette rencontre s’inscrit dans la continuité d’un atelier interrégional organisé en 2025 à Livingstone, en Zambie, et de deux projets des Nations unies consacrés aux lacunes en matière de données et de couverture de la protection sociale en Afrique et dans la région arabe. L’enjeu est désormais de transformer les outils d’analyse de la pauvreté en politiques sociales plus inclusives, mieux financées et capables de protéger durablement les populations face aux crises.
Bassirou MBAYE
À l’ouverture de la rencontre, Zuzana Schwidrowski, directrice de la Division du développement socio-économique de la CEA, a souligné le rôle de la protection sociale dans la satisfaction des besoins essentiels, la gestion des risques et la construction de moyens de subsistance durables. Elle a notamment plaidé pour des systèmes qui protègent les populations contre les crises tout en favorisant leur autonomie, grâce à des liens plus étroits avec l’emploi, la formation professionnelle et l’entrepreneuriat.
Elle a également insisté sur la nécessité d’étendre la couverture sociale aux travailleurs du secteur informel et aux travailleurs indépendants, souvent exclus des mécanismes classiques. Pour elle, les dispositifs de protection doivent être préparés avant la survenue des crises afin de permettre une réponse rapide et efficace.
La pauvreté multidimensionnelle au cœur des politiques sociales
Les discussions portent notamment sur la validation des lignes directrices relatives à l’utilisation de l’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) pour mettre en œuvre une protection sociale adaptative. Cette approche vise à dépasser les seules mesures de revenu pour prendre en compte les privations cumulées auxquelles les populations sont confrontées, notamment en matière d’accès aux services essentiels et de conditions de vie.
Représentant le DESA, Amson Sibanda, responsable de la branche chargée de l’analyse des politiques sociales et de la coordination de la recherche, a présenté l’analyse de la pauvreté multidimensionnelle comme un outil pratique d’élaboration des politiques publiques. Elle permet notamment de mieux identifier les populations laissées de côté, de cibler les interventions et d’orienter les ressources limitées vers les personnes confrontées aux formes de précarité les plus multiples.
Cette démarche doit également permettre aux gouvernements de mieux articuler les aides sociales avec les services essentiels et les registres administratifs, afin d’améliorer l’identification des bénéficiaires, la conception des programmes et le suivi des résultats.
Des financements et une meilleure gouvernance nécessaires
Au-delà du ciblage des bénéficiaires, l’efficacité des systèmes de protection sociale dépend de la qualité de leur gouvernance et de la disponibilité des ressources financières. Rajul Awasthi, spécialiste principal de la gouvernance à la Banque mondiale, a souligné l’importance d’une gestion rigoureuse des finances publiques, de responsabilités institutionnelles clairement définies et de mécanismes de reddition de comptes accessibles aux bénéficiaires.
La fiabilité des registres sociaux, l’existence de mécanismes de réclamation efficaces et le renforcement de la mobilisation des ressources intérieures figurent également parmi les priorités identifiées.
De son côté, Marco Schaefer, responsable de la section Protection sociale de la CESAO, a attiré l’attention sur les lacunes de couverture qui touchent les travailleurs informels. Certains ne bénéficient pas de l’assurance sociale tout en ne remplissant pas les critères d’accès aux programmes d’aide destinés aux personnes pauvres. Il a ainsi plaidé pour une combinaison entre transferts monétaires, accompagnement vers l’emploi, mesures de prévention et financements mobilisables en cas de crise.
Les participants doivent, au terme des travaux, identifier les mesures concrètes nécessaires à la finalisation et à l’application des lignes directrices, en s’appuyant sur le renforcement des capacités nationales, l’assistance technique et une répartition claire des responsabilités institutionnelles.
Cette rencontre s’inscrit dans la continuité d’un atelier interrégional organisé en 2025 à Livingstone, en Zambie, et de deux projets des Nations unies consacrés aux lacunes en matière de données et de couverture de la protection sociale en Afrique et dans la région arabe. L’enjeu est désormais de transformer les outils d’analyse de la pauvreté en politiques sociales plus inclusives, mieux financées et capables de protéger durablement les populations face aux crises.
Bassirou MBAYE

chroniques

