Sur le papier, l'équation semble presque trop belle : mobiliser davantage de recettes fiscales sans augmenter la charge qui pèse sur les ménages et les entreprises. C'est pourtant l'objectif affiché par la Direction générale des Impôts et des Domaines, dans un contexte où le Sénégal affiche aujourd'hui un taux de pression fiscale légèrement inférieur à 19 %, avec une cible fixée à 20 % (un seuil considéré comme optimal dans la sous-région).
« L'objectif, en particulier, est de ne pas augmenter la charge fiscale sur les personnes physiques et sur les entreprises », a insisté le directeur général des Impôts et des Domaines, Jean Kone, lors de la rencontre organisée avec la presse, ce jeudi 3 septembre 2026.
Pour tenir cette promesse sans se contredire, l'administration fiscale mise sur un principe simple à énoncer, plus difficile à mettre en œuvre : récupérer ce qui échappe déjà au système plutôt que de demander davantage à ceux qui s'acquittent déjà de leurs obligations. Cela passe par l'intensification de la lutte contre la fraude et l'évasion fiscales, une meilleure identification des transactions non déclarées, et surtout un chantier de digitalisation présenté comme central : un nouveau système de gestion permettant la télé-déclaration et le télé-paiement, sans obligation de déplacement physique dans les services fiscaux. À cela s'ajoute la modernisation, annoncée avant la fin de l'année, du système de gestion foncière (un secteur traditionnellement difficile à tracer fiscalement, et donc propice à l'évasion).
Un pari qui se joue aussi sur l'attractivité
Ce chantier ne se limite pas à la seule collecte. Les autorités disent vouloir, en parallèle, revoir le cadre des affaires pour le rendre plus attractif à l'investissement national et international, en alignant certaines pratiques (notamment en matière de contrôle fiscal) sur les standards internationaux.
La logique sous-jacente est cohérente : un système fiscal perçu comme prévisible et équitable, qui cible la fraude plutôt que d'alourdir la norme, est aussi un argument de compétitivité pour attirer des capitaux à un moment où le pays cherche justement à retrouver la confiance des investisseurs.
Ce choix de ne pas actionner le levier fiscal classique s'inscrit dans la même logique que les engagements budgétaires pris par ailleurs sur la préservation des secteurs sociaux : les autorités sénégalaises cherchent visiblement à démontrer, sur tous les fronts, que le redressement des finances publiques exigé dans le cadre du programme conclu avec le FMI ne se traduira pas par un tour de vis généralisé sur les citoyens et les entreprises.
Reste à savoir si le seul élargissement de l'assiette (sans hausse de taux, ni nouvel impôt) suffira à combler l'écart de recettes nécessaire pour financer, dans le même temps, l'apurement des arriérés et le maintien des dépenses sociales et d'investissement annoncés.
Malick NDAW
« L'objectif, en particulier, est de ne pas augmenter la charge fiscale sur les personnes physiques et sur les entreprises », a insisté le directeur général des Impôts et des Domaines, Jean Kone, lors de la rencontre organisée avec la presse, ce jeudi 3 septembre 2026.
Pour tenir cette promesse sans se contredire, l'administration fiscale mise sur un principe simple à énoncer, plus difficile à mettre en œuvre : récupérer ce qui échappe déjà au système plutôt que de demander davantage à ceux qui s'acquittent déjà de leurs obligations. Cela passe par l'intensification de la lutte contre la fraude et l'évasion fiscales, une meilleure identification des transactions non déclarées, et surtout un chantier de digitalisation présenté comme central : un nouveau système de gestion permettant la télé-déclaration et le télé-paiement, sans obligation de déplacement physique dans les services fiscaux. À cela s'ajoute la modernisation, annoncée avant la fin de l'année, du système de gestion foncière (un secteur traditionnellement difficile à tracer fiscalement, et donc propice à l'évasion).
Un pari qui se joue aussi sur l'attractivité
Ce chantier ne se limite pas à la seule collecte. Les autorités disent vouloir, en parallèle, revoir le cadre des affaires pour le rendre plus attractif à l'investissement national et international, en alignant certaines pratiques (notamment en matière de contrôle fiscal) sur les standards internationaux.
La logique sous-jacente est cohérente : un système fiscal perçu comme prévisible et équitable, qui cible la fraude plutôt que d'alourdir la norme, est aussi un argument de compétitivité pour attirer des capitaux à un moment où le pays cherche justement à retrouver la confiance des investisseurs.
Ce choix de ne pas actionner le levier fiscal classique s'inscrit dans la même logique que les engagements budgétaires pris par ailleurs sur la préservation des secteurs sociaux : les autorités sénégalaises cherchent visiblement à démontrer, sur tous les fronts, que le redressement des finances publiques exigé dans le cadre du programme conclu avec le FMI ne se traduira pas par un tour de vis généralisé sur les citoyens et les entreprises.
Reste à savoir si le seul élargissement de l'assiette (sans hausse de taux, ni nouvel impôt) suffira à combler l'écart de recettes nécessaire pour financer, dans le même temps, l'apurement des arriérés et le maintien des dépenses sociales et d'investissement annoncés.
Malick NDAW

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