Deux lignes obligataires ont été introduites sur le marché financier régional : « Fctc Croissance Agricole 8% 2025-2032 » et « FCTC Croissance Agricole 9% 2025-2032 », illustrant une innovation majeure dans la mobilisation de ressources à long terme au profit de l’agriculture.
A travers cette opération structurée sur le marché financier de l’UEMOA, la Banque Agricole du Sénégal (BA) a levé 80 milliards de francs Cfa, destinés exclusivement au financement des chaînes de valeur agricoles. Ces ressources devraient permettre de renforcer les interventions aussi bien en amont (intrants), qu’au niveau de la production, de la transformation et de la commercialisation.
Cette initiative traduit, pour la banque, une volonté de diversifier les sources de financement, en dépassant les circuits traditionnels.
Le recours au mécanisme de titrisation, via le FCTC, permet de mobiliser l’épargne du marché des capitaux et de la réorienter vers le secteur agricole. Cette approche favorise une participation plus large d’investisseurs privés et institutionnels, tout en offrant des conditions de décaissement plus souples.
Pour les responsables de la banque, cette première opération est un succès et ouvre la voie à d’autres interventions similaires pour soutenir durablement l’économie agricole.
Un bon produit de rendement
Structurée et arrangée par la Société de Gestion et d'Intermédiation Invictus Capital & Finance (ICF), KF Titrisation comme véhicule de placement et Development Finance Advisory(DFA) à titre de Cabinet conseil stratégique, cette opération renforce le segment des titres de créance et confirme le dynamisme du marché régional.
L'opération comprend deux tranches (Tranche A 8% et Tranche B 9% Mezzanine) pour un montant total de 80 milliards FCFA.
Avec des rendements compris entre 8% et 9%, ces obligations offrent des opportunités attractives pour les investisseurs, tout en contribuant au financement de l’économie réelle.
À la sonnerie de la cloche d’ouverture, le marché a utilisé un cours de référence de 9 286 FCFA pour les deux tranches de 8 % (FCAGS.O1) et 9 % (FCAGS.O2). Le titre cote ainsi « au-dessous du pair », c’est-à-dire en dessous du nominal. En d’autres termes, le remboursement du capital est progressif (amortissement), une partie du capital a déjà été “consommée” avant la cotation, et le prix s’ajuste mécaniquement à la valeur restante à rembourser.
Cependant, le rendement élevé (8 % ou 9 %) a de quoi attirer les investisseurs et le produit offre des revenus réguliers (coupons semestriels) ; par ailleurs l’actif est adossé à un secteur réel (agriculture) à un prix inférieur à 10 000 (ticket d’entrée “moins cher”).
En revanche, le produit structuré est plus complexe qu’une obligation classique et il y a un risque lié à la qualité des crédits agricoles, tandis que la liquidité BRVM est parfois limitée (on ne vend pas toujours instantanément).
Globalement, c’est un bon produit de rendement, mais pas un produit « ultra simple ». Pour l’investisseur, il faut accepter un peu de complexité et un risque modéré lié au sous-jacent agricole.
Un petit pas pour la souveraineté, un grand pour le marché
Présidant la cérémonie de cotation qui s’est déroulée à Dakar , le ministre sénégalais en charge de l’Agriculture, Mabouba Diagne, a salué une « innovation financière majeure » tout en soulignant que les besoins du secteur restent considérables.
Selon lui, près de 3 000 milliards de francs Cfa sont nécessaires pour atteindre la souveraineté alimentaire du Sénégal. Il a toutefois reconnu que cette levée de fonds constitue « un pas important dans la bonne direction ».
Le ministre a également insisté sur l’urgence d’investir dans la transformation agricole, les infrastructures de stockage et la réduction des pertes post-récolte.
Au-delà de cette opération, les autorités ont appelé les entreprises sénégalaises à recourir davantage au marché financier pour financer leur croissance. Le ministre a notamment encouragé le secteur privé à s’approprier les mécanismes boursiers afin de renforcer la compétitivité et la pérennité des entreprises locales.
Bassirou MBAYE
A travers cette opération structurée sur le marché financier de l’UEMOA, la Banque Agricole du Sénégal (BA) a levé 80 milliards de francs Cfa, destinés exclusivement au financement des chaînes de valeur agricoles. Ces ressources devraient permettre de renforcer les interventions aussi bien en amont (intrants), qu’au niveau de la production, de la transformation et de la commercialisation.
Cette initiative traduit, pour la banque, une volonté de diversifier les sources de financement, en dépassant les circuits traditionnels.
Le recours au mécanisme de titrisation, via le FCTC, permet de mobiliser l’épargne du marché des capitaux et de la réorienter vers le secteur agricole. Cette approche favorise une participation plus large d’investisseurs privés et institutionnels, tout en offrant des conditions de décaissement plus souples.
Pour les responsables de la banque, cette première opération est un succès et ouvre la voie à d’autres interventions similaires pour soutenir durablement l’économie agricole.
Un bon produit de rendement
Structurée et arrangée par la Société de Gestion et d'Intermédiation Invictus Capital & Finance (ICF), KF Titrisation comme véhicule de placement et Development Finance Advisory(DFA) à titre de Cabinet conseil stratégique, cette opération renforce le segment des titres de créance et confirme le dynamisme du marché régional.
L'opération comprend deux tranches (Tranche A 8% et Tranche B 9% Mezzanine) pour un montant total de 80 milliards FCFA.
Avec des rendements compris entre 8% et 9%, ces obligations offrent des opportunités attractives pour les investisseurs, tout en contribuant au financement de l’économie réelle.
À la sonnerie de la cloche d’ouverture, le marché a utilisé un cours de référence de 9 286 FCFA pour les deux tranches de 8 % (FCAGS.O1) et 9 % (FCAGS.O2). Le titre cote ainsi « au-dessous du pair », c’est-à-dire en dessous du nominal. En d’autres termes, le remboursement du capital est progressif (amortissement), une partie du capital a déjà été “consommée” avant la cotation, et le prix s’ajuste mécaniquement à la valeur restante à rembourser.
Cependant, le rendement élevé (8 % ou 9 %) a de quoi attirer les investisseurs et le produit offre des revenus réguliers (coupons semestriels) ; par ailleurs l’actif est adossé à un secteur réel (agriculture) à un prix inférieur à 10 000 (ticket d’entrée “moins cher”).
En revanche, le produit structuré est plus complexe qu’une obligation classique et il y a un risque lié à la qualité des crédits agricoles, tandis que la liquidité BRVM est parfois limitée (on ne vend pas toujours instantanément).
Globalement, c’est un bon produit de rendement, mais pas un produit « ultra simple ». Pour l’investisseur, il faut accepter un peu de complexité et un risque modéré lié au sous-jacent agricole.
Un petit pas pour la souveraineté, un grand pour le marché
Présidant la cérémonie de cotation qui s’est déroulée à Dakar , le ministre sénégalais en charge de l’Agriculture, Mabouba Diagne, a salué une « innovation financière majeure » tout en soulignant que les besoins du secteur restent considérables.
Selon lui, près de 3 000 milliards de francs Cfa sont nécessaires pour atteindre la souveraineté alimentaire du Sénégal. Il a toutefois reconnu que cette levée de fonds constitue « un pas important dans la bonne direction ».
Le ministre a également insisté sur l’urgence d’investir dans la transformation agricole, les infrastructures de stockage et la réduction des pertes post-récolte.
Au-delà de cette opération, les autorités ont appelé les entreprises sénégalaises à recourir davantage au marché financier pour financer leur croissance. Le ministre a notamment encouragé le secteur privé à s’approprier les mécanismes boursiers afin de renforcer la compétitivité et la pérennité des entreprises locales.
Bassirou MBAYE


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