Notation : L’agence GCR rehausse la note de long terme de l’ONATEL Burkina Faso

Lundi 26 Janvier 2026

L’agence GCR Ratings (GCR) dont le siège se trouve à Dakar, a rehaussé la note d’émetteur de long terme de l’Office National des Télécommunications du Burkina Faso (ONATEL)-SA, la faisant passer de A(WU) à A+(WU) sur son échelle régionale de notation.


La perspective est stable. En outre, l’agence a affirmé la note d’émetteur de court terme à A1(WU).
La note de l’ONATEL SA a une durée de validité d’un an, allant de décembre 2025-novembre 2026. Selon GCR, le rehaussement de la notation de ONATEL-SA repose sur « la capacité durable de l’opérateur à générer une rentabilité solide et des flux de trésorerie élevés, lesquels renforcent sa flexibilité financière et atténuent l’affaiblissement progressif de la liquidité lié à l’augmentation des besoins de financement des investissements et au maintien d’une politique de dividendes captive. »
 
L’agence est en outre d’avis que ces fondamentaux financiers robustes compensent largement la faiblesse du profil d’affaires de l’opérateur caractérisé par une position de challenger sur le marché de la téléphonie mobile au Burkina Faso.
 
Dans sa notation, GCR estime que le profil financier de ONATEL-SA demeure robuste en 2024, soutenu par une reprise modérée de l’activité. Les revenus ont enregistré une croissance de 2% sur l’exercice pour atteindre 142 milliards FCFA (253 millions USD) (2023 : 139 milliards FCFA ; 2022 : 146 milliards FCFA ; 2021 : 155 milliards FCFA ; 2020 : 157 milliards FCFA). Ce qui fait dire à l’équipe de notation que « cette amélioration reflète principalement la forte progression du segment très haut débit, en hausse de 152%, qui continue de se distinguer pour devenir le principal moteur de croissance de l’opérateur. »
 
Selon toujours GCR, les marges opérationnelles restent stables d’une année à l’autre, malgré un environnement sécuritaire difficile, avec une marge brute de 24% (inchangée par rapport à 2023) et une marge nette de 15 %. « Cette résilience traduit une bonne maîtrise des coûts et un positionnement commercial solide sur un marché concurrentiel. 
 
 Toutefois, GCR estime anticiper une pression accrue sur les marges de l’opérateur au cours des 12 à 18 prochains mois en raison de la croissance des charges d’approvisionnement en énergie et des dépenses de maintenance et de sécurisation des infrastructures dans les zones exposées aux risques sécuritaires.
 
GCR estime par ailleurs que la capacité bénéficiaire robuste de l’opérateur porte ses flux de trésorerie générés par l’exploitation qui sont très élevés et qui ressortent en hausse en 2024 grâce notamment à une amélioration de la gestion de son besoin en fonds de roulement.  
 
Toutefois, les pressions sur la liquidité observées en 2023 persistent en 2024 en raison de la politique attractive de dividendes et du besoin croissant du financement des investissements. Selon toujours GCR, le ratio de couverture stagne autour de 100% et devrait se maintenir à ce niveau au cours des 12 à 18 prochains mois, malgré une baisse anticipée des flux de trésorerie provenant de l’exploitation de la société.
Dans son analyse, GCR laisse entendre que ONATEL-SA conserve en 2024 un profil concurrentiel adéquat, soutenu par une large couverture réseau, un portefeuille de services convergents et l’appui opérationnel du groupe Maroc Telecom.
 
« La croissance du très haut débit et du Mobile Money continue de dynamiser l’activité, tandis que l’expansion du réseau contribue à l’augmentation de la base clients » souligne l’agence pour qui, toutefois, l’opérateur demeure challengé sur un marché dominé par le principal concurrent dont la position de leader exerce une pression tarifaire persistante. Les contraintes sécuritaires, qui génèrent des coûts supplémentaires de maintenance et d’énergie, continuent d’affecter la rentabilité. GCR s’attend au cours des 12 à 18 prochain mois à ce que la part de marché de l’opérateur reste stable en raison de sa large couverture réseau.
 
Concernant la classification des opérateurs suivant le revenu, l’équipe de notation de GCR souligne que ONATEL-SA affirme sa position de challenger sur le marché burkinabé avec une part de 26% derrière Orange Burkina Faso (62%) et devant Telecel (8%) pour une croissance de 4% du secteur des télécommunications représentant un revenu de 533 milliards de FCFA, malgré un contexte sécuritaire difficile. Son nombre d’abonnés atteint 12,023 millions contre 12,636 millions pour Orange sur un total de 27,455 millions dans le secteur.
 
Au regard de la dynamique de marché, GCR prévoit que la société maintiendra sa position de challenger, en dépit des stratégies mises en œuvre pour récupérer sa place de leader.
 
Dans sa notation, GCR affirme avoir intégrer une composante de support liée à l’appartenance de ONATEL au groupe Maroc Telecom. « En tant qu’actionnaire majoritaire, Maroc Telecom apporte à l’opérateur un appui opérationnel significatif, notamment à travers le partage d’expertise, les synergies techniques et la standardisation des processus au sein du groupe », souligne GCR. Selon l’agence, ce rattachement contribue à renforcer le profil de crédit de l’entreprise en améliorant la qualité de sa gouvernance opérationnelle et sa capacité à gérer les chocs externes.
 
Quant à la perspective stable attachée à la notation, l’équipe de GCR estime qu’elle se justifie par le fait que « l’opérateur devrait continuer à générer des marges de profit adéquats du fait de la stabilité de sa structure de coûts. » Ce qui soutiendrait de solides leviers financiers. En outre, la liquidité devrait rester sous pression du besoin d’investissements et des dividendes, pendant que la structure maintient sa position de challenger sur le marché. 
 
Selon GCR, un rehaussement de la notation de ONATEL-SA serait tributaire : i) d’un gain significatif et durable de parts de marché dans le segment de la téléphonie mobile permettant à l’opérateur de retrouver de façon durable sa place de leader ; ii) d'un maintien de sa profitabilité à des niveaux élevés ; iii) d’une baisse conséquente de son niveau d’endettement à même de porter ses ratios de flexibilité financière ; ou iv) d’une amélioration de sa liquidité.
 
 En revanche, GCR soutient qu’un abaissement de la notation de ONATEL-SA serait la conséquence : i) d’une perte structurelle de parts de marché sur le segment de la téléphonie mobile ; ii) d’une détérioration des marges ; iii) d’une hausse structurelle et non soutenable du niveau de sa dette ; ou iv) d’une baisse du niveau de ses liquidités.
 Oumar Nourou 
Actu-Economie

La rédaction

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