Notation : GCR rehausse la note de long terme de la société SUCRIVOIRE.

Jeudi 29 Janvier 2026

Au terme d’un processus de notation valable pour un an (novembre 2025-octobre 2026), l’agence de notation GCR ratings (GCR) a rehaussé la note d’émetteur de long terme qu’elle avait donnée à la société ivoirienne Sucrivoire qui produit et commerciale du sucre granulé et en morceaux.


Notation : GCR rehausse la note de long terme de la société SUCRIVOIRE.
Cette note passe de BB(WU) à BB+(WU) sur son échelle régionale avec une perspective stable. Par contre, GCR affirme la note d’émetteur de court terme à B(WU).
 
Selon l’équipe de GCR, le rehaussement de la notation de long terme de Sucrivoire repose sur « une amélioration significative de la performance opérationnelle de la société sucrière lui ayant permis en 2024 de renouer avec la rentabilité après plusieurs années successives de pertes. » Cette équipe est d’avis que Sucrivoire bénéficie d'une croissance notable de ses revenus (+28% en 2024) et d'une expansion substantielle de ses marges, soutenues par l'augmentation de la production et la revalorisation des prix du sucre. « Cette performance a permis une amélioration sensible des métriques de crédit » a encore laissé entendre l’équipe de notation de GCR pour qui, ces facteurs positifs sont cependant contraints par un profil de liquidité qui demeure sous pression et une flexibilité financière modeste.
 
GCR note qu’en 2024, Sucrivoire a enregistré un redressement opérationnel marqué, soutenu par une hausse de la production de canne et une meilleure efficacité industrielle. Le volume de canne broyée a progressé de 9% pour atteindre 1,04 million de tonnes, tandis que la production de sucre a augmenté de 19% à 88 694 tonnes, traduisant une amélioration des rendements et des performances de l’usine. Les investissements dans la replantation, l’irrigation et la modernisation des équipements ont renforcé la productivité et réduit les arrêts techniques.

Ces avancées, combinées à une revalorisation par le Gouvernement ivoirien des prix plafonnés du sucre (+7% en moyenne en 2024), ont permis une hausse de 28% du chiffre d’affaires à 87,2 milliards FCFA et une amélioration significative de la rentabilité opérationnelle, l’EBITDA bondissant de 178% à 20,3 milliards FCFA et le résultat d’exploitation redevenant positif après deux exercices déficitaires. « Dans ce contexte, la marge d'EBITDA enregistre une évolution notable de 10,7% à 23% et la marge nette, négative depuis 2021, revient en territoire positif à 3% en 2024 (2023 : -15,2% ; 2022 : -12,8% ; 2021 : -10,5%). 

 GCR anticipe, au cours des 12 à 18 prochains mois, une poursuite favorable du plan de restructuration qui devrait permettre d’accroitre la production, améliorer la productivité et réduire les importations de sucre par la société.
 
GCR note que la flexibilité financière de SUCRIVOIRE s'est significativement renforcée en 2024, mais demeure encore perfectible en raison d’un niveau de dette nette élevé. La combinaison d'une croissance de l'EBITDA et d'une baisse des dettes financières de 16% a conduit à une forte amélioration des métriques de crédit. « Cette dynamique a conduit à une amélioration notable du levier financier, avec un ratio Dette nette/EBITDA se repliant à environ 2,1x contre 6,2x en 2023 », analyse encore GCR. Parallèlement, la couverture des intérêts (EBITDA/Frais financiers) s'est renforcée, passant de 1,6x en 2023 à 4,4x en 2024 à 4,4x contre 1,6x un an plus tôt, reflet d’une performance opérationnelle robuste alors que les charges financières sont demeurées stables à 4,6 milliards FCFA. Malgré ces performances, GCR considère toutefois que la dette nette demeure élevée et que sa couverture par les cash-flows générées restera contrainte au cours des 12 à 18 prochains mois par le programme d’investissements en cours et l’emprunt obligataire de 36 milliards FCFA émis au premier semestre 2025.
 
Selon toujours GCR, la liquidité de Sucrivoire demeure sous pression, principalement en raison du poids des investissements récents et des obligations de remboursement de dettes. L’agence de notation estime par ailleurs qu’au cours des trois dernières années, le ratio de couverture des engagements par les ressources à court terme est resté inférieur à 100 %. Ce qui limite la flexibilité financière de l’entreprise.
 
Sucrivoire demeure un acteur clé sur le marché ivoirien du sucre, un secteur caractérisé par une croissance soutenue, un cadre réglementaire protecteur et une concentration élevée avec seulement deux principaux opérateurs. GCR note que la société bénéficie d’une forte notoriété et d’une marque bien établie. Ce qui lui confère un avantage concurrentiel notable. Sucrivoire dispose de capacités de production diversifiées et en expansion, notamment à Borotou et Zuenoula, lui permettant de répondre à la demande nationale croissante et de réduire les besoins d’importations supplémentaires.

Dans l’entendement de l’équipe de GCR, l’amélioration continue des capacités industrielles constitue un levier stratégique pour sécuriser l’approvisionnement et maintenir la compétitivité face aux fluctuations du marché. Sucrivoire, majoritairement détenue par le groupe SIFCA, bénéficie d'une vision industrielle de long terme, permettant à sa direction de se concentrer sur les défis structurels malgré la volatilité à court terme. GCR note que la stratégie ESG (Environnement, Social, Gouvernance) du groupe, axée sur la responsabilité sociale et environnementale, continue de guider les initiatives et la gouvernance de Sucrivoire. Ce qui contribue à renforcer sa réputation et à sa position sur le marché.

GCR estime par ailleurs que la notation de Sucrivoire intègre le soutien opérationnel et financier de son actionnaire de référence qui a renoncé à réclamer le remboursement de ses créances jusqu'en décembre 2024 et a promis un soutien financier en cas de difficultés de trésorerie.
 
La perspective stable est justifiée par « la combinaison de sa solide position concurrentielle sur le marché ivoirien du sucre et de la reprise robuste de sa performance opérationnelle. » Selon GCR, la récente revalorisation des prix du sucre renforce les marges et contribue à l’amélioration des résultats opérationnels, tandis que les investissements en cours visent à accroître la production et la productivité. Par ailleurs, avance toujours GCR, la levée de fonds récente devrait permettre à l’entreprise de poursuivre son programme d’investissement et de soutenir sa croissance. « Cette combinaison de facteurs opérationnels, financiers et stratégiques devrait permettre à Sucrivoire de maintenir sa résilience face aux contraintes de liquidité et aux besoins d’investissement » souligne GCR.
 
Que dire des déclencheurs d’un changement de notation ? A ce niveau, GCR note qu’un rehaussement de la notation de Sucrivoire serait la conséquence : i) d’un renforcement de ses marges portées par une hausse structurelle des revenus en raison de volumes de production et de vente importants ; ii) d’une baisse significative de la part de sucre importé dans le volume des ventes à même de réduire les pertes liées à la commercialisation du sucre importé ; iii) d’une tendance au désendettement se traduisant par un taux de couverture de ses dettes par l’EBITDA en dessous de 2x et un taux de couverture des intérêts au-delà de 5x ; ou (iii) d’une amélioration de la couverture de ses besoins de liquidité par les sources de liquidité dont dispose le société pendant un an.

D’après toujours GCR, un abaissement de la notation de Sucrivoire serait la conséquence : i) d’une baisse des marges en raison de l’incapacité de l’exploitation à être profitable et/ou des pressions exercées par de charges financières élevées; ii) d’une hausse non soutenable du niveau des dettes entrainant une dégradation supplémentaire du taux de couverture de ses dettes et des intérêts d’emprunt par l’EBITDA ; iii) d’une baisse de ses liquidités de nature à dégrader davantage la couverture des besoins de liquidité par les sources de liquidité ; ou iv) d’une absence de croissance significative des volumes de production en accord avec ‘plans-cadres’ signés avec les autorités, qui pourrait remettre en cause la protection de marché, et donc abaisser son positionnement concurrentiel.
Oumar Nourou
Actu-Economie

La rédaction

Nouveau commentaire :

Actu-Economie | Entreprise & Secteurs | Dossiers | Grand-angle | Organisations sous-régionales | IDEE | L'expression du jour | Banque atlatinque





En kiosque.














Inscription à la newsletter