L’AFRIQUE PEUT SE DEVELOPPER EN PASSANT PAR LES PPP

Mardi 19 Mai 2020

A l’épreuve de la crise du Covid 19, l’on se rend compte que les infrastructures en Afrique sont très déficitaires : 93 Milliards de dollars de besoins annuels en infrastructures et 31 milliards de dollars à combler par an selon la Banque Mondiale.


A l’ère où il est exigé aux populations de se laver les mains, de rester chez soi, d’éviter les regroupements, de ne pas fréquenter les classes et les bureaux dans la mesure du possible, à l’ère du télétravail, du téléachat, de la télécommunication, du fintech, l’Afrique n’est pas au Rendez-vous ! 

Soixante-six (66) Milliards de FCFA de perte pour les états chaque jour, vingt (20 ) Millions d’emplois menacés, une dette publique en hausse avec des émissions de bons covid 19 pour lever plus de 1000 milliards dans la zone UEMOA, des emprunts au FMI, à la Banque Mondiale, des demande de moratoire et d’annulation de dettes, alors que l’Afrique a le moins de cas de covid 19 au monde avec une crise sanitaire, plus maîtrisée.

Le problème n’est-il pas la structure économique africaine au lieu de la crise du covid 19 elle-même ?
Le nouveau coronavirus n’a-t-il pas juste, comme pour les contaminés avec des pathologies cardio-vasculaires, fragilisé ou même assommé, les états africains ?

Dans certains coins reculés en Afrique, il est difficile de se protéger contre le covid 19 du fait du manque d’eau, le bien le plus universel au monde, du manque de savon, de connexion, d’internet, de nourritures, de routes, d’hôpitaux, d’infrastructures tout simplement ! D’INFRASTRUCTURES DE BASE en 2020.
Ce manque fait que les secteurs économiques prioritaires, sont aujourd’hui à l’arrêt ou en perfusé par l’endettement, les dons, bref, le budget de l’état, jusqu’au jour où l’Etat dira STOP !

En fait, ce manque d’infrastructures pouvait être comblé par une politique basée sur les PPP (Partenariat Public-Privé), qui permettrait à nos états de faire construire, dans les règles de l’art, des écoles, des routes, des hôpitaux, de fournir à toutes les populations un accès à l’eau, à l’électricité, à la connexion internet, d’équiper les élèves et étudiants de matériels technologiques ainsi que les fonctionnaires, de développer des entreprises locales, de créer un climat des affaires favorable à l’entreprenariat et aux investissements directs étrangers, bref de se DEVELOPPER !

Avec comme prétexte la crise du Covid 19, j’ai délibérément plus parlé des conséquences économiques et sociales des PPP pour se doter d’infrastructures de base que des PPP, eux-mêmes.

En effet, les états n’ayant pas la capacité de soutenir financièrement un besoin en infrastructures estimé à 93 Milliards de dollars par an, devraient collaborer avec des privés nationaux, spécialistes dans chaque secteur (eau, électricité, BTP, etc.) et internationaux et se partager les risques financiers, techniques, économiques, sociaux et juridiques sur la base de contrats win-win.

Cela permettrait aux états africains de combler quasiment leurs déficits infrastructurels et au terme desdits contrats, d’être de vrais états souverains, avec un environnement socio-économique stable.
Concrètement, cela permettra à toutes les populations de toutes les catégories sociales d’en bénéficier, cela permettra tout simplement une croissance inclusive, un développement inclusif !

Les élèves pourront suivre des cours à distance en cas de nécessité, les populations rurales pourront bénéficier d’un accès à l’eau, à l’électricité, aux loisirs, à la santé, avec un taux de chômage réduit car toute activité est potentiellement créatrice d’emplois, le trafic routier urbain sera fluide, les entreprises locales bénéficieront des divers transferts de technologies, la fierté et le patriotisme des peuples se développeront ainsi que l’admiration de nos pairs, à l’échelle internationale.

Malheureusement, tout cela ne sera possible qu’avec un engagement sans limite de tous les acteurs, une volonté politique accrue et un peuple patriote avec un savoir vivre catholique, éliminant donc, la corruption, la prévalence des intérêts personnels sur ceux collectifs et éradiquant la PAUVRETE !
Est-ce un noir désir ?
Mady SIDIBE, Banquier et Doctorant en économie
La rédaction
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