Les capitales de l'UEMOA étouffent sous la pression d'une urbanisation non maîtrisée. Les chiffres égrenés par Cheikh Oumar Emmanuel Barry, directeur du département Santé, Éducation et Immobilier de la BOAD (Banque ouest-africaine de développement), cité par Confidentiel Afrique, donnent le tournis : la région accuserait aujourd'hui un déficit structurel de quatre millions d'unités de logements durables. Pire, pour simplement stabiliser la situation face à la poussée démographique, il faudrait construire « 250 000 logements supplémentaires chaque année ».
L’enjeu est devenu central pour les économies ouest-africaines : comment financer des villes durables dans un contexte de forte pression démographique et de transition énergétique ?
C’est la réflexion autour de laquelle la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) convie les décideurs publics, les investisseurs ainsi que les partenaires techniques,
La BOAD considère désormais l’habitat durable comme un levier transversal de croissance économique ; d’inclusion sociale ; de création d’emplois ; de résilience climatique ; et de souveraineté énergétique. Les BOAD Development Days dont la deuxième édition consécutive se tient les 11 et 12 juin 2026 dans la capitale togolaise, traduisent cette volonté.
L'équation à trois inconnues
Trois défis à résoudre en même temps. La forte croissance démographique dans l'espace UEMOA est mécanique et exige de construire massivement, vite et bien.
Cette forte croissance démographique entraîne une pression accrue sur les villes, notamment en matière d'accès à un logement de qualité, créant des défis structurels majeurs liés à l'urbanisation, au financement de l'habitat et à la durabilité énergétique.
L'intégration des enjeux énergétiques dans le bâtiment devient essentielle pour réduire les coûts pour les ménages et renforcer la souveraineté énergétique des États. Le logement construit aujourd'hui sera le consommateur d'énergie de demain : si l'on construit mal thermiquement, on verrouille des décennies de charges énergétiques insoutenables pour des ménages déjà fragiles.
Construire 250 000 logements par an avec des matériaux importés, des techniques énergivores et sans normes thermiques, c'est programmer une bombe carbone. Il faut ainsi réduire l'empreinte environnementale pour éviter le désastre climatique. D'où l'enjeu central des BOAD DAYS.
Dans ce contexte, la BOAD tente de démontrer que la transition énergétique africaine ne se jouera pas seulement dans les grandes centrales solaires en plein désert, mais d'abord au cœur des foyers et des quartiers de l'Afrique de l'Ouest. C'est le renversement de perspective au cœur de cette édition.
Ce que la BOAD met sur la table
Les échanges porteront sur quatre axes : repenser le logement dans l'UEMOA avec une vision intégrée ; mobiliser les financements verts et sociaux via l'ingénierie financière et les marchés de capitaux ; développer le logement énergétiquement souverain pour réduire les charges des ménages par l'efficacité et l'innovation ; et travailler à l'énergie et la performance du bâtiment en vue d'un label UEMOA pour l'habitat durable.
Ce dernier point est potentiellement le plus structurant : la création d'un label UEMOA pour l'habitat durable est inscrite à l'agenda du Panel 2 sur l'énergie et la performance du bâtiment. Un label régional commun permettrait d'harmoniser les normes de construction, d'orienter les financements verts et de crédibiliser les émissions d'obligations sociales et vertes auprès des investisseurs internationaux.
Les leviers financiers mobilisés
Les discussions se concentreront sur les mécanismes innovants de financement, les instruments de finance verte, les partenariats public-privé, et de nouveaux leviers comme les fintechs pour élargir l'accès au financement. Concrètement, cela recouvre : les green bonds adossés à des portefeuilles de logements certifiés, le refinancement hypothécaire (permettre aux banques de se délester de leurs portefeuilles immobiliers pour relancer le crédit), et les obligations sociales ciblées sur les ménages à revenus intermédiaires (le segment le plus déficitaire et le plus difficile à atteindre).
Le vrai défi : la solvabilité de la demande
La problématique posée par la BOAD est techniquement juste mais achoppe sur un angle mort : construire durable coûte plus cher à la construction, même si cela revient moins cher sur le cycle de vie. Dans des économies où le crédit immobilier est rare, cher et à court terme, et où la grande majorité des ménages urbains ne sont pas bancarisés, la question n'est pas seulement "comment construire durable", c'est "comment rendre la demande solvable" pour que ce logement durable trouve preneur. C'est probablement le nœud gordien que les participants de Lomé devront trancher.
Malick NDAW, Envoyé spécial à Lomé
L’enjeu est devenu central pour les économies ouest-africaines : comment financer des villes durables dans un contexte de forte pression démographique et de transition énergétique ?
C’est la réflexion autour de laquelle la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) convie les décideurs publics, les investisseurs ainsi que les partenaires techniques,
La BOAD considère désormais l’habitat durable comme un levier transversal de croissance économique ; d’inclusion sociale ; de création d’emplois ; de résilience climatique ; et de souveraineté énergétique. Les BOAD Development Days dont la deuxième édition consécutive se tient les 11 et 12 juin 2026 dans la capitale togolaise, traduisent cette volonté.
L'équation à trois inconnues
Trois défis à résoudre en même temps. La forte croissance démographique dans l'espace UEMOA est mécanique et exige de construire massivement, vite et bien.
Cette forte croissance démographique entraîne une pression accrue sur les villes, notamment en matière d'accès à un logement de qualité, créant des défis structurels majeurs liés à l'urbanisation, au financement de l'habitat et à la durabilité énergétique.
L'intégration des enjeux énergétiques dans le bâtiment devient essentielle pour réduire les coûts pour les ménages et renforcer la souveraineté énergétique des États. Le logement construit aujourd'hui sera le consommateur d'énergie de demain : si l'on construit mal thermiquement, on verrouille des décennies de charges énergétiques insoutenables pour des ménages déjà fragiles.
Construire 250 000 logements par an avec des matériaux importés, des techniques énergivores et sans normes thermiques, c'est programmer une bombe carbone. Il faut ainsi réduire l'empreinte environnementale pour éviter le désastre climatique. D'où l'enjeu central des BOAD DAYS.
Dans ce contexte, la BOAD tente de démontrer que la transition énergétique africaine ne se jouera pas seulement dans les grandes centrales solaires en plein désert, mais d'abord au cœur des foyers et des quartiers de l'Afrique de l'Ouest. C'est le renversement de perspective au cœur de cette édition.
Ce que la BOAD met sur la table
Les échanges porteront sur quatre axes : repenser le logement dans l'UEMOA avec une vision intégrée ; mobiliser les financements verts et sociaux via l'ingénierie financière et les marchés de capitaux ; développer le logement énergétiquement souverain pour réduire les charges des ménages par l'efficacité et l'innovation ; et travailler à l'énergie et la performance du bâtiment en vue d'un label UEMOA pour l'habitat durable.
Ce dernier point est potentiellement le plus structurant : la création d'un label UEMOA pour l'habitat durable est inscrite à l'agenda du Panel 2 sur l'énergie et la performance du bâtiment. Un label régional commun permettrait d'harmoniser les normes de construction, d'orienter les financements verts et de crédibiliser les émissions d'obligations sociales et vertes auprès des investisseurs internationaux.
Les leviers financiers mobilisés
Les discussions se concentreront sur les mécanismes innovants de financement, les instruments de finance verte, les partenariats public-privé, et de nouveaux leviers comme les fintechs pour élargir l'accès au financement. Concrètement, cela recouvre : les green bonds adossés à des portefeuilles de logements certifiés, le refinancement hypothécaire (permettre aux banques de se délester de leurs portefeuilles immobiliers pour relancer le crédit), et les obligations sociales ciblées sur les ménages à revenus intermédiaires (le segment le plus déficitaire et le plus difficile à atteindre).
Le vrai défi : la solvabilité de la demande
La problématique posée par la BOAD est techniquement juste mais achoppe sur un angle mort : construire durable coûte plus cher à la construction, même si cela revient moins cher sur le cycle de vie. Dans des économies où le crédit immobilier est rare, cher et à court terme, et où la grande majorité des ménages urbains ne sont pas bancarisés, la question n'est pas seulement "comment construire durable", c'est "comment rendre la demande solvable" pour que ce logement durable trouve preneur. C'est probablement le nœud gordien que les participants de Lomé devront trancher.
Malick NDAW, Envoyé spécial à Lomé

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