S’exprimant au nom du secrétaire exécutif de la Cea, Claver Gatete, M. Aboubakri Diaw, chef de cabinet de l’institution, a souligné que la santé constitue désormais une priorité qui doit mobiliser l’ensemble des pouvoirs publics. Il intervenait lors de la 76ème session du Comité régional de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) pour l’Afrique.
Un financement sous forte pression
La Cea relève plusieurs contraintes qui fragilisent les systèmes de santé africains. L’aide extérieure destinée à la santé a notamment diminué de près de 30%, tandis que, dans le pays à faible revenu médian, le service de la dette absorbe désormais 7,5% des dépenses publiques, contre seulement 6% consacrés à la santé.
A cette pression financière s’ajoute le poids des dépenses directement supportées par les ménages. Celles-ci représentent en moyenne 35% des dépenses courantes de santé dans la région, dépassant largement le seuil de 20% considéré comme une référence par l’Oms. Selon les dernières estimations disponibles citées par la Cea, 150 millions de personnes ont été poussées dans la pauvreté ou dans une pauvreté plus profonde en raison de paiements directs liés aux soins.
Pour la Cea, le défi africain n’est donc pas uniquement celui du manque de financements. Il s’agit également d’un déficit de confiance, qui limite la capacité des pays à mobiliser efficacement des ressources publiques, privées et extérieures.
Faire de la santé un investissement productif
Face à cette situation, la Cea préconise notamment de repositionner la santé comme un investissement économique productif. L’objectif est d’intégrer les priorités sanitaires dans les plans nationaux de développement, les prévisions macroéconomiques et les cadres de dépenses à moyen terme.
L’institution souhaite également accompagner les ministères de la santé afin qu’ils présentent leurs besoins budgétaires sous la forme de véritables dossiers d’investissement, mettant en évidence les retombées économiques et sociales des dépenses de santé.
Cette approche doit permettre de mieux mesurer le coût économique de l’inaction et les gains associés à la prévention et au renforcement des systèmes de santé.
Des « pactes nationaux » pour mieux coordonner les ressources
La Cea propose également de passer de plans fragmentés à des pactes nationaux de financement de la santé. Ces mécanismes devraient réunir les ministères de la Santé, des Finances et de la Planification, mais également les administrations fiscales, les assureurs, les banques, les investisseurs privés et la société civile.
L’objectif est de définir clairement les résultats attendus, les réformes à mener, les ressources disponibles, les responsabilités de chaque acteur et les mécanismes de suivi.
Selon les travaux préliminaires de la Cea, la santé ne reçoit actuellement que 5 à 9% des budgets publics dans les pays étudiés, tandis que les paiements directs des ménages peuvent atteindre 64% des dépenses de santé dans certains cas. L’institution estime qu’il n’existe pas de solution unique et que les stratégies doivent être adaptées à la situation budgétaire et institutionnelle de chaque pays.
La transformation numérique constitue un autre levier identifié par la Cea. L’institution estime que les systèmes de santé et les systèmes financiers doivent pouvoir communiquer afin d’améliorer le suivi des dépenses, la transparence et l’efficacité des investissements.
Selon les données citées dans le discours, moins d’un tiers des systèmes de santé des pays à faible revenu sont capables de suivre numériquement leurs dépenses en temps réel. Pour la Cea, la réduction de ce déficit pourrait constituer l’un des moyens les plus rapides d’améliorer l’efficacité des finances publiques.
Mobiliser davantage le secteur privé
La Cea plaide enfin pour une mobilisation accrue des capitaux privés, notamment des fonds de pension, des assureurs et des banques africaines. Pour attirer ces investisseurs, trois conditions sont jugées essentielles : la prévisibilité des politiques publiques, l’existence de projets suffisamment structurés et la disponibilité de données fiables.
Pour l'institution, les financements privés doivent toutefois compléter et non se substituer à la responsabilité publique dans le domaine de la santé.
Au-delà des annonces et des engagements financiers, la Cea estime que la réussite de ces réformes devra être mesurée à leur impact concret sur les populations : permettre aux Africains d’accéder rapidement à des soins de qualité sans devoir vendre leurs biens ou compromettre les revenus de leur famille.
Bassirou MBAYE
Un financement sous forte pression
La Cea relève plusieurs contraintes qui fragilisent les systèmes de santé africains. L’aide extérieure destinée à la santé a notamment diminué de près de 30%, tandis que, dans le pays à faible revenu médian, le service de la dette absorbe désormais 7,5% des dépenses publiques, contre seulement 6% consacrés à la santé.
A cette pression financière s’ajoute le poids des dépenses directement supportées par les ménages. Celles-ci représentent en moyenne 35% des dépenses courantes de santé dans la région, dépassant largement le seuil de 20% considéré comme une référence par l’Oms. Selon les dernières estimations disponibles citées par la Cea, 150 millions de personnes ont été poussées dans la pauvreté ou dans une pauvreté plus profonde en raison de paiements directs liés aux soins.
Pour la Cea, le défi africain n’est donc pas uniquement celui du manque de financements. Il s’agit également d’un déficit de confiance, qui limite la capacité des pays à mobiliser efficacement des ressources publiques, privées et extérieures.
Faire de la santé un investissement productif
Face à cette situation, la Cea préconise notamment de repositionner la santé comme un investissement économique productif. L’objectif est d’intégrer les priorités sanitaires dans les plans nationaux de développement, les prévisions macroéconomiques et les cadres de dépenses à moyen terme.
L’institution souhaite également accompagner les ministères de la santé afin qu’ils présentent leurs besoins budgétaires sous la forme de véritables dossiers d’investissement, mettant en évidence les retombées économiques et sociales des dépenses de santé.
Cette approche doit permettre de mieux mesurer le coût économique de l’inaction et les gains associés à la prévention et au renforcement des systèmes de santé.
Des « pactes nationaux » pour mieux coordonner les ressources
La Cea propose également de passer de plans fragmentés à des pactes nationaux de financement de la santé. Ces mécanismes devraient réunir les ministères de la Santé, des Finances et de la Planification, mais également les administrations fiscales, les assureurs, les banques, les investisseurs privés et la société civile.
L’objectif est de définir clairement les résultats attendus, les réformes à mener, les ressources disponibles, les responsabilités de chaque acteur et les mécanismes de suivi.
Selon les travaux préliminaires de la Cea, la santé ne reçoit actuellement que 5 à 9% des budgets publics dans les pays étudiés, tandis que les paiements directs des ménages peuvent atteindre 64% des dépenses de santé dans certains cas. L’institution estime qu’il n’existe pas de solution unique et que les stratégies doivent être adaptées à la situation budgétaire et institutionnelle de chaque pays.
La transformation numérique constitue un autre levier identifié par la Cea. L’institution estime que les systèmes de santé et les systèmes financiers doivent pouvoir communiquer afin d’améliorer le suivi des dépenses, la transparence et l’efficacité des investissements.
Selon les données citées dans le discours, moins d’un tiers des systèmes de santé des pays à faible revenu sont capables de suivre numériquement leurs dépenses en temps réel. Pour la Cea, la réduction de ce déficit pourrait constituer l’un des moyens les plus rapides d’améliorer l’efficacité des finances publiques.
Mobiliser davantage le secteur privé
La Cea plaide enfin pour une mobilisation accrue des capitaux privés, notamment des fonds de pension, des assureurs et des banques africaines. Pour attirer ces investisseurs, trois conditions sont jugées essentielles : la prévisibilité des politiques publiques, l’existence de projets suffisamment structurés et la disponibilité de données fiables.
Pour l'institution, les financements privés doivent toutefois compléter et non se substituer à la responsabilité publique dans le domaine de la santé.
Au-delà des annonces et des engagements financiers, la Cea estime que la réussite de ces réformes devra être mesurée à leur impact concret sur les populations : permettre aux Africains d’accéder rapidement à des soins de qualité sans devoir vendre leurs biens ou compromettre les revenus de leur famille.
Bassirou MBAYE


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