L’initiative intervient dans un contexte marqué par le coût élevé du financement sur le continent. Selon Hanan Morsy, secrétaire exécutive adjointe de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), les primes de risque persistantes coûteraient à l’Afrique environ 75 milliards de dollars par an en intérêts supplémentaires. Une charge qui réduit les marges budgétaires disponibles pour financer les infrastructures, la santé, l’éducation et d’autres priorités de développement.
L’AfCRA entend répondre à cette problématique en apportant davantage de données, d’expertise et de perspectives africaines à l’analyse du risque de crédit. Elle viendra compléter les agences internationales existantes, sans chercher à les remplacer. L’objectif est notamment de mieux prendre en compte les réalités économiques du continent, ses trajectoires de réforme et ses capacités de remboursement.
L’indépendance, condition de crédibilité
Pour le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, le lancement de l’agence constitue une étape importante dans le développement économique du continent. Il a toutefois souligné que cette nouvelle institution ne pourrait, à elle seule, faire baisser significativement le coût du capital. Des réformes plus larges restent nécessaires pour améliorer les conditions de financement des économies africaines.
La question de l’indépendance de l’agence apparaît ainsi centrale. La directrice générale du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), Marie-Antoinette Rose-Quatre, a insisté sur la nécessité de protéger l’institution contre les interférences politiques et de garantir des évaluations rigoureuses et impartiales.
Dans la même perspective, la ministre mauricienne des Services financiers et de la Planification économique, Jyoti Jeetun, a précisé que l’enjeu n’était pas d’obtenir des notes plus favorables pour les pays africains, mais de parvenir à une appréciation plus juste de leurs économies.
Des réformes nécessaires au-delà de la notation
La création de l’AfCRA s’inscrit dans une démarche plus large de réforme de l’architecture financière internationale et de mobilisation des capitaux nécessaires au développement durable. Pour concrétiser ses ambitions, les pays africains devront également consolider leurs fondamentaux économiques, notamment à travers une gestion macroéconomique rigoureuse, des politiques budgétaires responsables, une mobilisation accrue des ressources intérieures et la production de données économiques fiables.
La CEA, en collaboration avec l’Union africaine, la Banque africaine de développement et d’autres partenaires, accompagne les Etats dans le renforcement de leur solvabilité et de leur capacité à accéder aux marchés financiers. Le président ougandais Yoweri Museveni a, pour sa part, souligné l’importance d’articuler l’intégration commerciale du continent avec une intégration financière plus poussée. Le développement des marchés de capitaux, la crédibilité des institutions financières et la fiabilité des informations sur le crédit sont, selon lui, essentiels pour soutenir les investissements régionaux et la transformation économique, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Au-delà de la dette souveraine, l’AfCRA prévoit également d’évaluer les entités infranationales et les entreprises africaines. Cette extension pourrait contribuer à améliorer l’accès à l’information financière, à approfondir les marchés de capitaux locaux et à favoriser les investissements au sein du continent.
Basée à Maurice, l’agence sera dirigée par Sifiso Falala. Sa crédibilité dépendra désormais de sa capacité à garantir des évaluations indépendantes, transparentes et reconnues par les investisseurs africains et internationaux. L’enjeu sera de transformer cette initiative en un instrument durable au service du financement des économies africaines.
Bassirou MBAYE
L’AfCRA entend répondre à cette problématique en apportant davantage de données, d’expertise et de perspectives africaines à l’analyse du risque de crédit. Elle viendra compléter les agences internationales existantes, sans chercher à les remplacer. L’objectif est notamment de mieux prendre en compte les réalités économiques du continent, ses trajectoires de réforme et ses capacités de remboursement.
L’indépendance, condition de crédibilité
Pour le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, le lancement de l’agence constitue une étape importante dans le développement économique du continent. Il a toutefois souligné que cette nouvelle institution ne pourrait, à elle seule, faire baisser significativement le coût du capital. Des réformes plus larges restent nécessaires pour améliorer les conditions de financement des économies africaines.
La question de l’indépendance de l’agence apparaît ainsi centrale. La directrice générale du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), Marie-Antoinette Rose-Quatre, a insisté sur la nécessité de protéger l’institution contre les interférences politiques et de garantir des évaluations rigoureuses et impartiales.
Dans la même perspective, la ministre mauricienne des Services financiers et de la Planification économique, Jyoti Jeetun, a précisé que l’enjeu n’était pas d’obtenir des notes plus favorables pour les pays africains, mais de parvenir à une appréciation plus juste de leurs économies.
Des réformes nécessaires au-delà de la notation
La création de l’AfCRA s’inscrit dans une démarche plus large de réforme de l’architecture financière internationale et de mobilisation des capitaux nécessaires au développement durable. Pour concrétiser ses ambitions, les pays africains devront également consolider leurs fondamentaux économiques, notamment à travers une gestion macroéconomique rigoureuse, des politiques budgétaires responsables, une mobilisation accrue des ressources intérieures et la production de données économiques fiables.
La CEA, en collaboration avec l’Union africaine, la Banque africaine de développement et d’autres partenaires, accompagne les Etats dans le renforcement de leur solvabilité et de leur capacité à accéder aux marchés financiers. Le président ougandais Yoweri Museveni a, pour sa part, souligné l’importance d’articuler l’intégration commerciale du continent avec une intégration financière plus poussée. Le développement des marchés de capitaux, la crédibilité des institutions financières et la fiabilité des informations sur le crédit sont, selon lui, essentiels pour soutenir les investissements régionaux et la transformation économique, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Au-delà de la dette souveraine, l’AfCRA prévoit également d’évaluer les entités infranationales et les entreprises africaines. Cette extension pourrait contribuer à améliorer l’accès à l’information financière, à approfondir les marchés de capitaux locaux et à favoriser les investissements au sein du continent.
Basée à Maurice, l’agence sera dirigée par Sifiso Falala. Sa crédibilité dépendra désormais de sa capacité à garantir des évaluations indépendantes, transparentes et reconnues par les investisseurs africains et internationaux. L’enjeu sera de transformer cette initiative en un instrument durable au service du financement des économies africaines.
Bassirou MBAYE

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