Economie circulaire : Le Comesa mise sur les chaînes de valeur régionales pour accélérer l’industrialisation verte

Mardi 27 Octobre 2026

L’économie circulaire s’impose progressivement comme un levier de transformation industrielle, de création d’emplois et de croissance durable en Afrique orientale et australe. Réunis à Harare, au Zimbabwe, dans le cadre du 19ᵉ Forum des entreprises et de l’exposition du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa), des décideurs publics et privés ont plaidé pour le développement de chaînes de valeur circulaires afin de mieux valoriser les ressources du continent.


Organisée autour du thème « Industrialisation inclusive et investissement : faire progresser les chaînes de valeur circulaires au sein du Comesa », la deuxième rencontre Green Industry Connect a rassemblé des responsables politiques, des entreprises, des financiers, des partenaires au développement et des innovateurs. Les échanges ont porté notamment sur les filières du cuir, du textile, des plastiques et des déchets électroniques.
 
L’objectif est de promouvoir des modèles de production plus économes en ressources, d’attirer des investissements et de renforcer les échanges régionaux. Pour les participants, le développement de ces filières permettrait aux pays africains de conserver davantage de valeur ajoutée sur le continent, tout en répondant aux défis environnementaux.
 
Un potentiel de croissance et d’emplois
Les perspectives économiques de l’économie circulaire sont considérables. Selon les estimations présentées lors de la rencontre, celle-ci pourrait contribuer à hauteur de 4 500 milliards de dollars à l’économie mondiale d’ici à 2030 et générer environ six millions d’emplois nets dans le monde.
 
En Afrique, plusieurs activités restent à développer, notamment le recyclage, la réparation, le reconditionnement et la récupération des matières premières. Le traitement des déchets électroniques, le recyclage des plastiques, la récupération des batteries et la transformation du cuir figurent parmi les secteurs susceptibles de stimuler l’innovation, la productivité et l’emploi.
 
A l’ouverture des travaux, la secrétaire générale du Comesa, Chileshe Mpundu Kapwepwe, a souligné que l’industrie verte et circulaire n’est plus seulement une question environnementale, mais devient une condition de compétitivité, d’accès aux marchés et d’attraction des investissements.
 
Le ministre zimbabwéen des affaires étrangères et du commerce international, Amon Murwira, a, pour sa part, insisté sur la nécessité de renforcer les capacités locales de transformation et d’améliorer l’efficacité dans l’utilisation des ressources naturelles afin d’en tirer davantage de valeur économique.
 
Miser sur la transformation locale des ressources
La disponibilité de minerais critiques, indispensables aux transitions énergétique et numérique, constitue également un atout pour la région. Au nom du Conseil des ministres du Comesa, le secrétaire d’Etat kényan chargé des investissements, du commerce et de l’industrie, Lee Kinyanjui, a mis en avant les possibilités offertes par la fabrication de composants de batteries, la valorisation des minerais, la réparation et le reconditionnement, ainsi que la récupération de matériaux issus des déchets électroniques.

Cette orientation traduit la volonté de dépasser un modèle fondé principalement sur l’exportation de matières premières brutes. Les participants ont appelé les pays à renforcer les politiques favorisant la transformation locale, l’innovation et la création de chaînes de production régionales.

L’intégration économique apparaît également déterminante. Une mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) pourrait renforcer la compétitivité des industries circulaires, à condition de réduire les barrières tarifaires et non tarifaires qui entravent les échanges entre les pays.

Renforcer les partenariats et les financements
La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (Cea) a salué le rôle du Comesa dans la promotion de l’économie circulaire et appelé à une coopération renforcée entre les deux institutions. Cette collaboration pourrait notamment porter sur la coordination des programmes, la mobilisation des ressources, le partage des connaissances et le renforcement des capacités.

Le programme Switch to circular economy in Eastern and Southern Africa, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par le Comesa, accompagne notamment le développement de politiques publiques, l’accès au financement, l’adoption de technologies et la formation dans les filières des plastiques, des emballages et des équipements électroniques.

A l’issue de la rencontre de Harare, les participants ont identifié plusieurs priorités : développer les partenariats entre entreprises, améliorer l’accès des acteurs de l’économie circulaire au financement et aux technologies, et harmoniser les normes ainsi que les cadres réglementaires régionaux. La mise en place de mécanismes de responsabilité élargie des producteurs figure également parmi les pistes retenues.
Bassirou MBAYE
Actu-Economie

La rédaction

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