Afrique subsaharienne :La Banque mondiale note une accélération de la croissance économique

Mercredi 7 Octobre 2026

L’économie de l’Afrique subsaharienne continue de faire preuve de résilience malgré une conjoncture marquée par les tensions géopolitiques, les chocs climatiques, le recul de l’aide au développement et les pressions budgétaires.


Afrique subsaharienne :La Banque mondiale note une accélération de la croissance économique
Selon la dernière édition du rapport économique semestriel du Groupe de la Banque mondiale consacré à l’Afrique, la croissance régionale devrait progresser de 4,1 % en 2025 à 4,3 % en 2026, soit 0,3 point de pourcentage au-dessus des prévisions établies en avril 2026.

Cette dynamique, explique-t-on,  est portée par une stabilité macroéconomique renforcée, une demande intérieure plus soutenue, ainsi que par les investissements liés à la transition énergétique mondiale et aux technologies numériques. Toutefois, le conflit au Moyen-Orient, le climat d’incertitude entourant les politiques commerciales, le durcissement des conditions financières, les catastrophes naturelles, les épidémies et l’insécurité continuent de peser sur l’activité économique dans plusieurs pays. La croissance reste par ailleurs insuffisante pour réduire sensiblement l’extrême pauvreté ou créer les emplois indispensables face à une main-d’œuvre en plein essor.

« Malgré un contexte mondial difficile, l’activité économique en Afrique subsaharienne continue de faire preuve d’une remarquable résilience, les prévisions de croissance ayant été revues à la hausse pour près des trois quarts des pays de la région, dont l’Angola, l’Éthiopie, le Nigéria et la Zambie, note Andrew Dabalen, économiste en chef de la Banque mondiale pour la Région Afrique. «Ces résultats sont le fruit de plusieurs années de réformes et d’une meilleure gestion économique. Le prochain défi consiste à transformer cette croissance en davantage d’emplois et de meilleures opportunités. En investissant dans les fondations d’une économie prête pour l’IA, les pays africains peuvent libérer des gains de productivité, stimuler l’innovation et accélérer la transformation structurelle nécessaire pour améliorer les niveaux de vie et réduire la pauvreté. », a-t-il dit.

Selon le rapport, le taux d’inflation médian en Afrique subsaharienne devrait passer de 3,7 % en 2025 à 5,5 % en 2026, la hausse des prix mondiaux des carburants, des engrais et des denrées alimentaires venant annuler une partie des progrès enregistrés récemment sur ce front. L’endettement public s’est globalement stabilisé aux alentours de 57 % du PIB, mais le poids élevé du service de la dette continue de restreindre les dépenses consacrées à la santé, à l’éducation et aux infrastructures. Dans un contexte de recul de l’aide au développement, les pays font face à une pression croissante pour renforcer la mobilisation des ressources intérieures, approfondir les marchés de capitaux locaux et obtenir des financements plus durables.

Les risques de dégradation des prévisions restent prépondérants. Une aggravation des tensions géopolitiques pourrait entraîner de nouvelles hausses des prix des produits de base, accentuer l’inflation et détériorer les soldes extérieurs et budgétaires. Les chocs climatiques, notamment les effets d’un éventuel épisode El Niño, pourraient perturber la production agricole et aggraver l’insécurité alimentaire, tandis qu’un durcissement des conditions de financement réduirait davantage les marges de manœuvre budgétaires.

L’accent particulier de cette édition, explique-t-on, examine comment l’intelligence artificielle peut accroître la productivité, améliorer les services et créer des emplois. La plupart des pays en sont encore aux premiers stades de l’adoption de l’IA, l’activité étant concentrée dans un petit nombre d’économies, notamment le Kenya, le Nigéria et l’Afrique du Sud. La plus grande opportunité pour la région réside dans les petites applications d’IA abordables et adaptées localement, c’est-à-dire des outils à faible bande passante pour l’éducation, l’agriculture, la santé, la finance, la logistique et l’administration publique, plutôt que des systèmes d’IA de pointe.
 
Au-delà de la disponibilité de données de qualité et d’infrastructures de calcul, la concrétisation des bénéfices de l’IA nécessitera également des investissements dans un approvisionnement électrique fiable, une connectivité abordable et des compétences numériques, conjugués à une gouvernance efficace. Des institutions solides, des capacités techniques, une mise en œuvre effective et une coopération régionale — notamment dans le cadre de la Stratégie continentale sur l’IA de l’Union africaine et de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) — peuvent contribuer à déployer à grande échelle des solutions basées sur l’IA et à favoriser ainsi la création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité.
Adou FAYE
Actu-Economie

La rédaction

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