Accélération de la transformation digitale : La Cea mise sur l’entrepreneuriat féminin

Mardi 2 Juin 2026

La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (Cea) a lancé un nouveau projet régional visant à renforcer la place des femmes dans l’économie numérique africaine. Baptisée « Favoriser l’entrepreneuriat numérique des femmes en Afrique », cette initiative ciblera dans un premier temps quatre pays : le Burkina Faso, l’Éthiopie, la Namibie et la République du Congo.


Porté par la Division technologie, innovation, connectivité et infrastructures (Ticid) de la Cea, le projet entend répondre aux nombreux obstacles qui freinent encore l’accès des femmes entrepreneures aux compétences numériques, aux services financiers et aux marchés en ligne. Il ambitionne également d’améliorer les cadres réglementaires et les politiques publiques afin de créer un environnement plus favorable à l’inclusion économique des femmes.

Plus de 1 000 entrepreneures concernées
Selon la Cea, plus de 1 000 femmes entrepreneures devraient bénéficier directement du programme à travers des formations en culture numérique, en gestion financière et en utilisation des outils digitaux. L’initiative prévoit également le renforcement des capacités de plus de 200 décideurs publics et responsables gouvernementaux chargés de concevoir et de mettre en œuvre des politiques favorisant une transformation numérique inclusive.

Dans les quatre pays concernés, huit ateliers nationaux seront organisés, ainsi qu’un programme régional de formation, un module d’apprentissage en ligne et plusieurs voyages d’études destinés à favoriser le partage d’expériences et le renforcement des compétences.
Une approche combinant entrepreneuriat et politiques publiques
L’originalité du projet réside dans son approche à double niveau. D’une part, il vise à renforcer les capacités des femmes entrepreneures afin qu’elles puissent tirer pleinement parti des opportunités offertes par l’économie numérique. D’autre part, il accompagne les pouvoirs publics dans l’élaboration de politiques et de réglementations sensibles au genre et adaptées aux défis de la transformation numérique.

Dans cette perspective, la Cea a mis en place un groupe de travail multipartite chargé d’assurer la coordination de l’initiative. Cette structure, créée lors d’une réunion virtuelle de lancement tenue le 18 mai, rassemble plusieurs départements de l’institution ainsi que des partenaires de mise en œuvre. Elle aura pour mission de veiller à la cohérence des actions menées dans les différents pays et à leur alignement avec les priorités nationales.

Une étude de référence avant le déploiement
Lors d’une réunion technique de suivi, les membres du groupe de travail ont insisté sur la nécessité d’adapter les interventions aux réalités économiques et sociales propres à chaque pays. Ils ont également souligné l’importance de prendre en compte les enjeux liés au genre et à la jeunesse dans la mise en œuvre du projet.

La première étape consistera à réaliser une étude approfondie dans chacun des pays bénéficiaires au cours des six prochains mois. Cette évaluation permettra d’identifier les principaux défis rencontrés par les femmes entrepreneures et de définir les actions prioritaires à mettre en œuvre.

Un objectif à l’horizon 2029
Prévu sur une période de quatre ans, le projet devrait atteindre ses principaux objectifs d’ici à 2029. Il s’inscrit dans la stratégie plus large de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique visant à promouvoir une transformation numérique inclusive et durable sur le continent.

À travers cette initiative, la Cea entend faire de l’entrepreneuriat numérique féminin un levier de croissance économique, de création d’emplois et de réduction des inégalités, tout en contribuant à renforcer la compétitivité des économies africaines dans un environnement de plus en plus digitalisé.
Bassirou MBAYE
 
Actu-Economie

La rédaction

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