44ᵉ ASSEMBLEE GENERALE ORDINAIRE DES ACTIONNAIRES : Les bons comptes de CICA-RE

Vendredi 3 Juillet 2026

La 44ᵉ Assemblée Générale Ordinaire de la CICA-RE, tenue à
Dakar, ce jeudi 2 juillet 2026, s’est ouverte sur l’annonce d’une forte accélération de ses résultats 2025. Le bilan très favorable de la Compagnie Commune de Réassurance des États membres de la CIMA confirme la trajectoire de croissance continue, avec l’objectif de maintenir sa notation B+.


Un an et un mois après la tenue à Dakar de la 157e session de son Conseil d’Administration le 31mai 2025, la capitale sénégalaise accueille, ce 2 juillet 2026, la 44ème Assemblée Générale Ordinaire (AGO) des actionnaires de la Compagnie Commune de Réassurance des États membres de la CIMA (CICA-RE). Il s’agit concrètement pour les actionnaires de procéder à l'approbation des comptes  ; l'affectation du résultat ; le contrôle et la nomination ; la validation de la stratégie.

Une base d’actionnaires élargie et diversifiée car, aux côtés des douze Etats fondateurs dont le Sénégal, figurent désormais soixante-quatre Compagnies d'Assurances et de Réassurance, ainsi que quatre Institutions Financières (BAD, BOAD, CNPS Côte d'Ivoire, FSA).  
Présidée par Amadou Abdoulaye Badiane, directeur de cabinet du ministre chargé du Budget du Sénégal, en présence de la Présidente du Conseil d'Administration, Mme Antoinette Marie-Jubilaire Aboui, et du Directeur Général, M. Karim Diarassouba, cette 44ᵉ session de Dakar acte une nouvelle année de croissance solide pour la CICA-RE, avec un chiffre d’affaires qui passe de 136,520 milliards en 2024 à 163,121 milliards en 2025, en hausse de 19,5 %, et une distribution de dividendes proposée en progression.

Dynamique d’excellence

Tirant avec une fierté non dissimulée un bilan 2025 élogieux, Mme Antoinette Marie-Jubilaire Aboui parle d’”une augmentation de plus de 26 milliards de fonds séparés pour une réalisation budgétaire de 114,45% de l'objectif fixé”, et des revenus des placements “qui ont augmenté  de plus de 14%, passant de 6 milliards à plus de 7,4 milliards”

Le rythme de progression des charges de sinistres (+20,57 %) est cependant  légèrement supérieur à celui du chiffre d’affaires, mais pour Mme Aboui, cela traduit une politique prudente de provisionnement des sinistres”. 

Avec un résultat net de plus de 8,5 milliards de Fcfa, la proposition de distribution des bénéfices s'écrit par 3,75 milliards, pour une proposition de partage de subventions fixées à 2,5 millions, “traduisant la volonté de notre compagnie à maintenir la distribution pérenne et sage des dividendes à la voix de ses actionnaires”, poursuit la PCA de CICA-RE. 
Pour elle, tous ces chiffres sont le résultat de plusieurs décennies de travail, en 42 ans d’existence de CICA-RE durant lesquels la CICA-RE a démontré sa capacité à s’adapter aux mutations.

Insistant sur l’évolution de l’activité, le Directeur général de CICA-RE, Karim Diarassouba, rappelle que “le groupe a démarré avec un capital initial de 600 millions de Fcfa et aujourd’hui, “la CICA-RE affiche un capital de plus 60 milliards de Fcfa. De 5 milliards de Fcfa en 2020, le résultat net est ressorti à 11,3 milliards de Fcfa en 2024 avant de connaitre un fléchissement en 2025 (8,5 milliards de Fcfa)”.

Saluant la dynamique d’”excellence” de CICA-RE, le représentant du ministre chargé du Budget, Amadou Abdoulaye Badiane souligne qu’”elle témoigne d’une institution africaine qui conjugue rigueur, performance et crédibilité dans un environnement international particulièrement exigeant”. En lançant les travaux de cette 44ème session de l’AGO, Amadou Abdoulaye Badiane, Directeur de Cabinet souligne que, “Face à la multiplication des crises climatiques, aux tensions géopolitiques et à la volatilité des marchés financiers mondiaux, le secteur de l’assurance et de la réassurance n’est plus un simple mécanisme d’indemnisation”.

Pour lui, l’assurance et la réassurance constituent désormais “un instrument stratégique de souveraineté économique’’.

Toutefois, prévient M. Badiane, “Les résultats encourageants ne doivent pas masquer l’ampleur des défis qui nous attendent, dans le contexte actuel des risques alors que les marchés financiers réagissent instantanément aux incertitudes; et c’est pourquoi l’assurance et la réassurance occupent une place nouvelle et ne constituent plus uniquement des instruments de couverture des risques, mais aussi la voie pour investir, entreprendre et financer les grandes transformations de notre continent.

Dès lors, la CICA-RE a plus que jamais besoin du soutien de ses actionnaires institutionnels, en particulier les Etats, au regard des nouvelles orientations  (7:05) qu'elle s’apprête à entreprendre notamment l'augmentation du capital qui va venir consolider les ratios de solidarité, le renforcement des investissements et la consolidation de sa place de leader au niveau de l'Afrique. 

La CICA-RE semble avoir trouvé une oreille réceptive à travers le Directeur de Cabinet du ministre chargé du Budget, qui a réaffirmée le soutien du gouvernement sénégalais à l'institution, annonçant sa volonté d'accompagner la Compagnie dans le déploiement de son plan stratégique de développement 2025-2029.

Le point critique

Un point mérite d’être isolé de l’ensemble des bonnes nouvelles : selon les propres mots de la PCA, les charges de sinistres ont augmenté de 20,57 % sur l’exercice 2025 (soit un rythme supérieur à celui du chiffre d’affaires (+19,5 %)).

Ce simple écart, même modeste en apparence, est un signal technique important pour un réassureur : quand les sinistres croissent plus vite que les primes encaissées, cela exerce une pression à la hausse sur le ratio combiné (rapport entre sinistres + frais, d’une part, et primes, d’autre part). C’est l’indicateur clé de la rentabilité technique d’un assureur ou réassureur, indépendamment des revenus financiers.

Pour restituer ce point dans la durée : le ratio combiné net de la CICA-RE s’était déjà dégradé entre 2023 et 2024, passant de 86,25 % à 91,26 %, une hausse attribuée à plusieurs sinistres exceptionnels survenus hors zone CIMA (inondation de Dubaï, cyclone Belal à l’île Maurice, typhon Carina aux Philippines). La progression, plus rapide encore, des charges de sinistres en 2025 suggère que cette pression ne s’est pas relâchée (sans qu’on puisse, à ce stade, affirmer avec certitude que le ratio combiné a continué de se dégrader : le chiffre exact pour 2025 n’a pas été communiqué, et les revenus de placement en hausse (+14 %) pourraient avoir compensé une partie de cet effet dans le résultat final.

La PCA de CICA-RE a rappelé l’objectif de maintenir, voire améliorer, la notation financière de la Compagnie, actuellement B+ auprès de l’agence AM Best (la meilleure notation de la zone Afrique). C’est un fil conducteur qui relie tous les enjeux évoqués y compris la trajectoire du ratio combiné, la solidité des fonds propres et l’augmentation de capital annoncée qui seront autant d’éléments regardés par l’agence de notation lors de sa prochaine revue.

La question de la rentabilité technique (plus que celle du seul volume d’activité) reste ainsi le point à surveiller pour apprécier la solidité réelle de la Compagnie dans la durée, d’autant que l’augmentation de capital annoncée semble précisément conçue pour répondre à cet enjeu.
 
Malick NDAW
 
 
Actu-Economie

La rédaction

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