Les principaux indicateurs de performance révèlent une baisse de l’accessibilité des services financiers, conséquence directe de la fermeture de milliers de points de services à faible activité, notamment dans le secteur de la microfinance.
Repli du taux de pénétration démographique
Le premier indicateur clé retenu par la Bceao est le Taux global de pénétration démographique des services financiers (TGPSFd), qui mesure le nombre de points de services disponibles pour 10 000 adultes.
En 2024, cet indicateur s’est établi à 193 points de services (PoS) contre 204 PoS en 2023, soit une baisse de 11 points. Cette évolution traduit une diminution de l’offre de proximité destinée aux populations.
Selon la Bceao, cette contre-performance s’explique principalement par la fermeture de nombreux points de services de microfinance, dont le nombre a chuté de 54,5%, représentant 5 799 unités supprimées entre 2023 et 2024. Les points de services de monnaie électronique ont également reculé de 1,7%, soit 29 095 unités en moins.
Malgré cette contraction, les services de monnaie électronique demeurent largement dominants, représentant 99% de l’ensemble des points de services financiers de l’Union. Cette situation confirme le rôle central du mobile money dans la stratégie régionale d’inclusion financière.
Le Bénin reste leader de la proximité financière
Au niveau national, le Bénin conserve la meilleure performance démographique avec 417 points de services pour 10 000 habitants, malgré une forte baisse de 191 points sur un an. Le classement régional est complété par le Mali (238 PoS) ; la Côte d’Ivoire (224 PoS) ; le Sénégal (201 PoS) ; le Togo (116 PoS).
L’analyse des variations annuelles montre cependant des trajectoires contrastées. Les plus fortes baisses du TGPSFd ont été observées au Bénin (-191 PoS) et en Guinée-Bissau (-102 PoS). A l’inverse, le Niger (+40 PoS), le Togo (+12 PoS) et le Burkina Faso (+10 PoS) ont enregistré des progrès notables, traduisant une amélioration de la couverture des services financiers auprès des populations.
Une couverture géographique également en recul
Le second indicateur de performance analysé par la Bceao est le Taux global de pénétration géographique des services financiers (TGPSFg), qui mesure le nombre de points de services disponibles sur une superficie de 1 000 km². Là encore, la tendance régionale est orientée à la baisse. Le TGPSFg est passé de 480 à 470 points de services entre 2023 et 2024, soit une diminution de 10 points.
Cette évolution reflète les mêmes facteurs structurels observés pour le TGPSFd, notamment la rationalisation des réseaux de distribution et la fermeture des points de services jugés peu rentables.
Le Bénin domine largement la couverture territoriale
Malgré son recul, le Bénin demeure le pays présentant la plus forte densité géographique de services financiers avec 2 867 points de services pour 1 000 km². Il devance largement la Côte d’Ivoire (1 307 PoS) ; le Sénégal (1 170 PoS) ; le Togo (1 094 PoS).
En matière de progression annuelle, le Togo affiche la meilleure performance avec un gain de 131 points de services, suivi du Burkina Faso (+73 PoS), du Niger (+44 PoS) et de la Côte d’Ivoire (+12 PoS). Le Mali a maintenu un niveau stable sur la période.
A l’opposé, le Bénin (-1 184 PoS) et la Guinée-Bissau (-437 PoS) enregistrent les plus fortes contractions, conséquence de la fermeture de points de services à faible activité et d’opérations d’assainissement des bases de données.
Une inclusion financière toujours portée par le numérique
Les résultats de l’année 2024 montrent que l’inclusion financière dans l’Uemoa reste fortement dépendante des services de monnaie électronique, qui constituent l’épine dorsale du réseau de distribution financier régional.
Le rapport de la Bceao montre toutefois que la baisse simultanée des indicateurs démographiques et géographiques souligne un défi majeur pour les autorités monétaires : maintenir une couverture suffisante des populations tout en améliorant la rentabilité des réseaux de distribution.
Si certains pays, notamment le Niger, le Togo et le Burkina Faso, ont réussi à renforcer leur maillage territorial et démographique, la tendance régionale demeure marquée par une rationalisation des infrastructures. Cette situation appelle à une accélération des stratégies numériques et à une meilleure adaptation des modèles de distribution afin de préserver les acquis de l’inclusion financière dans l’espace Uemoa.
Bassirou MBAYE
Repli du taux de pénétration démographique
Le premier indicateur clé retenu par la Bceao est le Taux global de pénétration démographique des services financiers (TGPSFd), qui mesure le nombre de points de services disponibles pour 10 000 adultes.
En 2024, cet indicateur s’est établi à 193 points de services (PoS) contre 204 PoS en 2023, soit une baisse de 11 points. Cette évolution traduit une diminution de l’offre de proximité destinée aux populations.
Selon la Bceao, cette contre-performance s’explique principalement par la fermeture de nombreux points de services de microfinance, dont le nombre a chuté de 54,5%, représentant 5 799 unités supprimées entre 2023 et 2024. Les points de services de monnaie électronique ont également reculé de 1,7%, soit 29 095 unités en moins.
Malgré cette contraction, les services de monnaie électronique demeurent largement dominants, représentant 99% de l’ensemble des points de services financiers de l’Union. Cette situation confirme le rôle central du mobile money dans la stratégie régionale d’inclusion financière.
Le Bénin reste leader de la proximité financière
Au niveau national, le Bénin conserve la meilleure performance démographique avec 417 points de services pour 10 000 habitants, malgré une forte baisse de 191 points sur un an. Le classement régional est complété par le Mali (238 PoS) ; la Côte d’Ivoire (224 PoS) ; le Sénégal (201 PoS) ; le Togo (116 PoS).
L’analyse des variations annuelles montre cependant des trajectoires contrastées. Les plus fortes baisses du TGPSFd ont été observées au Bénin (-191 PoS) et en Guinée-Bissau (-102 PoS). A l’inverse, le Niger (+40 PoS), le Togo (+12 PoS) et le Burkina Faso (+10 PoS) ont enregistré des progrès notables, traduisant une amélioration de la couverture des services financiers auprès des populations.
Une couverture géographique également en recul
Le second indicateur de performance analysé par la Bceao est le Taux global de pénétration géographique des services financiers (TGPSFg), qui mesure le nombre de points de services disponibles sur une superficie de 1 000 km². Là encore, la tendance régionale est orientée à la baisse. Le TGPSFg est passé de 480 à 470 points de services entre 2023 et 2024, soit une diminution de 10 points.
Cette évolution reflète les mêmes facteurs structurels observés pour le TGPSFd, notamment la rationalisation des réseaux de distribution et la fermeture des points de services jugés peu rentables.
Le Bénin domine largement la couverture territoriale
Malgré son recul, le Bénin demeure le pays présentant la plus forte densité géographique de services financiers avec 2 867 points de services pour 1 000 km². Il devance largement la Côte d’Ivoire (1 307 PoS) ; le Sénégal (1 170 PoS) ; le Togo (1 094 PoS).
En matière de progression annuelle, le Togo affiche la meilleure performance avec un gain de 131 points de services, suivi du Burkina Faso (+73 PoS), du Niger (+44 PoS) et de la Côte d’Ivoire (+12 PoS). Le Mali a maintenu un niveau stable sur la période.
A l’opposé, le Bénin (-1 184 PoS) et la Guinée-Bissau (-437 PoS) enregistrent les plus fortes contractions, conséquence de la fermeture de points de services à faible activité et d’opérations d’assainissement des bases de données.
Une inclusion financière toujours portée par le numérique
Les résultats de l’année 2024 montrent que l’inclusion financière dans l’Uemoa reste fortement dépendante des services de monnaie électronique, qui constituent l’épine dorsale du réseau de distribution financier régional.
Le rapport de la Bceao montre toutefois que la baisse simultanée des indicateurs démographiques et géographiques souligne un défi majeur pour les autorités monétaires : maintenir une couverture suffisante des populations tout en améliorant la rentabilité des réseaux de distribution.
Si certains pays, notamment le Niger, le Togo et le Burkina Faso, ont réussi à renforcer leur maillage territorial et démographique, la tendance régionale demeure marquée par une rationalisation des infrastructures. Cette situation appelle à une accélération des stratégies numériques et à une meilleure adaptation des modèles de distribution afin de préserver les acquis de l’inclusion financière dans l’espace Uemoa.
Bassirou MBAYE

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