Rencontre entre le Premier ministre et les patrons de presse : Le plaidoyer de Mamadou Ibra Kane, président du Cdeps

Samedi 17 Octobre 2026


Le Premier ministre, Ahmadou Alhaminou Lo a rencontré le 16 octobre 2026, le patronat de la presse. Une occasion pour le président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse (Cdeps) de faire un plaidoyer pour relancer ce secteur.


Mamadou Ibra Kane a salué l’initiative de cette rencontre avec les acteurs des médias. Cela dénote selon lui, une ouverture de votre Gouvernement depuis son installation, une approche que notre ministre de tutelle a fait sienne.

«Mais, M. le Premier ministre, le secteur de la presse ne peut se satisfaire de bonnes intentions ou de promesses. Pour ne rien vous cacher, ce n’est qu’après une rencontre houleuse du patronat qu’il a été décidé de déférer à votre invitation, tellement l’attente est longue. Nous ne comprenons également pas qu’Appel n’ait pas été invité », a déclaré M. Kane. Il a souligné que  le secteur de la presse subit une crise inégalée depuis maintenant plus de 7 ans (2020-2026). «Avec le Covid-19, la presse, qui a perdu en moyenne plus de 70% de son chiffre d’affaires, n’a perçu aucun centime du Fonds Covid de mille milliards FCFA.

À la suite, le 1er gouvernement de la 3ème alternance politique, durant plus de deux ans, avait manifestement la volonté d’exterminer la presse privée : blocage du FADP 2024 et répartition inéquitable du Fadp 2025 ; non-paiement des créances dues aux entreprises de presse privées ; résiliation unilatérale par l’ancien PM des conventions et contrats de publicité ; étouffement fiscal ; renchérissement de la Tnt... », a révélé le président du Cdeps. Selon Mamadou Ibra Kane, la presse sénégalaise n’est plus en crise, mais en «état de putréfaction ».

Il a rappelé que le patronat, lors de notre première rencontre officielle, a exprimé au ministre de la Communication la nécessité d’une volonté politique de l’État pour sauver la presse. «Nous sommes en train de perdre cette presse, qui fait la fierté du Sénégal à l’international. Cette presse qui a favorisé les alternances politiques et la stabilité sociale, vulgarisé les politiques publiques, lutté contre les pandémies Ebola ou Covid-19, etc. En réalité, on pourrait même craindre la disparition déjà actée d’une frange importante de notre presse », a alerté le président du Cdeps.

Il a fait état de la fermeture de plusieurs médias durant ces années de terreur du premier gouvernement de la troisième alternance politique, perte de plusieurs centaines d’emplois de cadres de la presse, gel des recrutements de jeunes professionnels des médias, licenciements économiques, arriérés de salaires excédant 1 an, absence de cotisations sociales pour la retraite, familles disloquées, enfants déscolarisés, morts suspectes de travailleurs des médias, faute de couverture médicale…

«M. le Premier ministre, cette situation est certes dommageable pour le secteur de la presse et les professionnels des médias, mais encore plus pour le Sénégal en tant qu’État. Aujourd’hui, la souveraineté informationnelle du Sénégal est menacée par la manipulation des puissances étrangères, la désinformation, l’acculturation de nos populations... », a confié Mamadou Ibra Kane. Il a indiqué que cette rencontre est une excellente initiative, mais elle ne saurait dépasser le stade de prise de contact. Il a expliqué avoir demandé une audience avec le  chef du Gouvernement. En plus, Mamadou Ibra Kane affirme que l’ordre du jour proposé ici ne saurait en aucun cas être examiné concernant les préoccupations du patronat de la presse, qui nécessitent des rencontres techniques avec différents démembrements de l’État.

Concernant la régulation des médias, à l’initiative du Cdeps, il informe que cette loi a été retoquée par le Conseil constitutionnel, d’où la nécessité de concertation avec les acteurs des médias et la société civile.

«En résumé, les médias attendent l’affirmation d’une réelle volonté politique de l’État par des actions concrètes pour sauver la presse sénégalaise. Seule une presse viable pourra continuer de jouer son rôle dans le développement économique et social de notre pays », a martelé le président du Cdeps.
 
Adou FAYE
Actu-Economie

La rédaction

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