Dans son allocution d’ouverture, Claver Gatete a salué la présence des délégations venues en personne dans la capitale congolaise ainsi que celles connectées en ligne, soulignant l’importance de poursuivre des délibérations concertées face aux transformations structurelles qui affectent les économies africaines.
Le responsable africain est revenu sur les discussions tenues le mois dernier à Washington, en marge des réunions de printemps du Fmi et de la Banque mondiale. À cette occasion, les participants avaient examiné les évolutions économiques mondiales et leurs implications pour le continent, tout en identifiant des réformes prioritaires à mener en collaboration avec les institutions financières internationales et les banques régionales de développement.
« L’Afrique évolue désormais dans un nouvel environnement caractérisé par une croissance plus faible et une incertitude accrue », a-t-il souligné. Le coût du capital a augmenté, les conditions d’accès aux financements se sont durcies et l’espace budgétaire concessional se réduit, rendant indispensable une réponse à la fois immédiate aux crises et orientée vers des réformes structurelles de long terme.
Au cœur des discussions de cette session figure le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (Cbam) de l’Union européenne. Présenté comme un instrument de politique climatique, ce mécanisme est perçu par les responsables africains comme une question plus large touchant au commerce, à l’industrialisation et au développement.
Selon Claver Gatete, si sa conception et son calendrier de mise en œuvre ne sont pas soigneusement calibrés, le Cbam pourrait alimenter les tensions commerciales, accentuer la fragmentation économique mondiale et creuser les inégalités, tout en générant des bénéfices climatiques limités.
Les secteurs concernés – notamment le ciment, le fer et l’acier, l’aluminium, les engrais, l’électricité et l’hydrogène – occupent une place stratégique dans les ambitions industrielles du continent. Leur exposition à de nouvelles taxes carbone et à des obligations strictes de conformité pourrait freiner l’industrialisation, les projets d’infrastructures et les chaînes de valeur régionales.
Au-delà du prix du carbone, les défis techniques sont également considérables : mesure et vérification des émissions incorporées, accès aux technologies propres, mise en place de cadres réglementaires crédibles et mobilisation de financements pour accompagner la transition. Sans soutien adéquat et sans période d’adaptation suffisante, le mécanisme pourrait devenir un obstacle supplémentaire à l’accès aux marchés européens.
Les travaux de la réunion ont également prévu la présentation d’analyses approfondies sur l’impact du Cbam pour l’Afrique, notamment par les experts de la Division de l’intégration régionale et du commerce de la Commission économique pour l’Afrique.
En conclusion, Claver Gatete a appelé à une réponse africaine coordonnée, fondée sur des données probantes et ancrée dans les principes d’équité, de partenariat et de responsabilités communes mais différenciées. L’objectif affiché : protéger les économies africaines, soutenir l’industrialisation du continent et promouvoir une transition énergétique juste.
La réunion de Brazzaville devrait déboucher sur des recommandations concrètes destinées à orienter la position africaine dans les négociations internationales à venir sur l’architecture financière mondiale et les politiques climatiques.
Basssirou MBAYE
Le responsable africain est revenu sur les discussions tenues le mois dernier à Washington, en marge des réunions de printemps du Fmi et de la Banque mondiale. À cette occasion, les participants avaient examiné les évolutions économiques mondiales et leurs implications pour le continent, tout en identifiant des réformes prioritaires à mener en collaboration avec les institutions financières internationales et les banques régionales de développement.
« L’Afrique évolue désormais dans un nouvel environnement caractérisé par une croissance plus faible et une incertitude accrue », a-t-il souligné. Le coût du capital a augmenté, les conditions d’accès aux financements se sont durcies et l’espace budgétaire concessional se réduit, rendant indispensable une réponse à la fois immédiate aux crises et orientée vers des réformes structurelles de long terme.
Au cœur des discussions de cette session figure le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (Cbam) de l’Union européenne. Présenté comme un instrument de politique climatique, ce mécanisme est perçu par les responsables africains comme une question plus large touchant au commerce, à l’industrialisation et au développement.
Selon Claver Gatete, si sa conception et son calendrier de mise en œuvre ne sont pas soigneusement calibrés, le Cbam pourrait alimenter les tensions commerciales, accentuer la fragmentation économique mondiale et creuser les inégalités, tout en générant des bénéfices climatiques limités.
Les secteurs concernés – notamment le ciment, le fer et l’acier, l’aluminium, les engrais, l’électricité et l’hydrogène – occupent une place stratégique dans les ambitions industrielles du continent. Leur exposition à de nouvelles taxes carbone et à des obligations strictes de conformité pourrait freiner l’industrialisation, les projets d’infrastructures et les chaînes de valeur régionales.
Au-delà du prix du carbone, les défis techniques sont également considérables : mesure et vérification des émissions incorporées, accès aux technologies propres, mise en place de cadres réglementaires crédibles et mobilisation de financements pour accompagner la transition. Sans soutien adéquat et sans période d’adaptation suffisante, le mécanisme pourrait devenir un obstacle supplémentaire à l’accès aux marchés européens.
Les travaux de la réunion ont également prévu la présentation d’analyses approfondies sur l’impact du Cbam pour l’Afrique, notamment par les experts de la Division de l’intégration régionale et du commerce de la Commission économique pour l’Afrique.
En conclusion, Claver Gatete a appelé à une réponse africaine coordonnée, fondée sur des données probantes et ancrée dans les principes d’équité, de partenariat et de responsabilités communes mais différenciées. L’objectif affiché : protéger les économies africaines, soutenir l’industrialisation du continent et promouvoir une transition énergétique juste.
La réunion de Brazzaville devrait déboucher sur des recommandations concrètes destinées à orienter la position africaine dans les négociations internationales à venir sur l’architecture financière mondiale et les politiques climatiques.
Basssirou MBAYE

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