Mis en place par la Direction générale de la comptabilité publique et du trésor (Dgcpt) avec l'appui de la Banque mondiale et de l'Agence française de développement (Afd), l'Obfiloc (Observatoire des finances locales) s'inscrit dans les réformes engagées depuis l'Acte III de la décentralisation et dans le cadre du Programme d'appui aux communes et agglomérations du Sénégal (Pacasen).
Accessible en ligne, l'Obfiloc comprend un front office destiné aux collectivités territoriales, administrations, chercheurs, partenaires techniques et citoyens, ainsi qu'un back office réservé aux administrateurs du système, notamment la direction de l'informatique et la direction du secteur public local.
Un outil pour mieux piloter les finances locales
Lors de la cérémonie de lancement, le directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor a insisté sur la portée stratégique de l'Obfiloc.
« Cet outil constitue un véritable instrument stratégique de gouvernance financière territoriale », a affirmé Amadou Tidiane Gaye.
L'Obfiloc doit notamment permettre de suivre l'évolution des recettes et des dépenses des collectivités, mais aussi d'évaluer leur capacité d'autofinancement, leur effort d'investissement, leur niveau d'endettement et leur performance budgétaire.
Au-delà de la centralisation des données, l'enjeu est désormais de les transformer en outils de pilotage. La plateforme doit ainsi produire des tableaux de bord, des analyses comparatives, des statistiques et des études prospectives à destination des collectivités, des administrations et des autres utilisateurs.
Ses principales missions portent également sur le suivi de la mobilisation des recettes locales, l'analyse des dépenses et des investissements, la production d'indicateurs de performance financière et le renforcement de la transparence budgétaire.
Un maillon de la digitalisation des finances publiques
Les autorités estiment que l'Obfiloc répond aux exigences du Code de transparence dans les finances publiques en facilitant la diffusion des informations financières auprès du public.
L'Obfiloc s'inscrit dans un chantier plus large de transformation numérique de l'administration financière. La plateforme vient compléter les dispositifs existants, notamment le système Gfiloc, tandis qu'une future application, Koom Com, doit contribuer à digitaliser l'assiette et le recouvrement des taxes et impôts locaux.
L'objectif, à terme, est de constituer un écosystème numérique permettant une meilleure circulation des données financières entre l'État et les collectivités territoriales.
Pour les autorités, cette interconnexion doit faciliter le suivi des finances locales et renforcer la capacité des pouvoirs publics à identifier les difficultés, comparer les performances et orienter les politiques publiques.
La Banque mondiale salue une réforme structurante
Les partenaires techniques et financiers voient dans cette réforme un outil susceptible de renforcer la gouvernance locale. S'exprimant au nom des partenaires techniques et financiers, Pierre Bonneau, responsable des opérations de la Banque mondiale au Sénégal, a qualifié l'Obfiloc de « réponse concrète » aux défis de la gouvernance locale.
L'Obfiloc doit notamment offrir une vision consolidée des recettes fiscales et non fiscales, des dépenses de fonctionnement et d'investissement ainsi que de la situation budgétaire des collectivités.
L'appui de la Banque mondiale, notamment à travers le Programme d'appui aux communes et agglomérations du Sénégal (Pacasen), a également porté sur le renforcement des systèmes d'information, de gestion et de contrôle.
Selon les données avancées lors du lancement, 94 % des collectivités urbaines bénéficiaires du Pacasen satisfont désormais aux conditions minimales de gestion financière.
Le défi de la fiabilité des données
Le lancement de l'Obfiloc ouvre toutefois un nouveau chantier, moins visible mais déterminant : celui de la qualité et de la régularité des données.
Les autorités identifient trois conditions pour assurer le succès de la plateforme : son appropriation par les élus et les comptables publics, l'alimentation régulière du système avec des données fiables et l'utilisation effective des informations produites dans la prise de décision.
Autrement dit, la performance de l'Obfiloc dépendra moins de la plateforme elle-même que de la qualité des données qui l'alimenteront et de la capacité des acteurs à les utiliser.
Une ambition nationale et régionale
Le Sénégal entend désormais faire de l'Obfiloc le référentiel national des finances locales et, à terme, une référence à l'échelle de l'UEMOA en matière de gouvernance financière territoriale.
Cette ambition s'inscrit dans la perspective de la Vision Sénégal 2050, qui place la modernisation de l'action publique et l'amélioration de la gouvernance parmi ses priorités.
Avec l'Obfiloc, le Sénégal veut ainsi franchir une nouvelle étape dans la gestion de ses finances locales : passer d'une logique de collecte et de suivi des données à un véritable pilotage fondé sur l'information financière et la performance.
Bassirou MBAYE
Accessible en ligne, l'Obfiloc comprend un front office destiné aux collectivités territoriales, administrations, chercheurs, partenaires techniques et citoyens, ainsi qu'un back office réservé aux administrateurs du système, notamment la direction de l'informatique et la direction du secteur public local.
Un outil pour mieux piloter les finances locales
Lors de la cérémonie de lancement, le directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor a insisté sur la portée stratégique de l'Obfiloc.
« Cet outil constitue un véritable instrument stratégique de gouvernance financière territoriale », a affirmé Amadou Tidiane Gaye.
L'Obfiloc doit notamment permettre de suivre l'évolution des recettes et des dépenses des collectivités, mais aussi d'évaluer leur capacité d'autofinancement, leur effort d'investissement, leur niveau d'endettement et leur performance budgétaire.
Au-delà de la centralisation des données, l'enjeu est désormais de les transformer en outils de pilotage. La plateforme doit ainsi produire des tableaux de bord, des analyses comparatives, des statistiques et des études prospectives à destination des collectivités, des administrations et des autres utilisateurs.
Ses principales missions portent également sur le suivi de la mobilisation des recettes locales, l'analyse des dépenses et des investissements, la production d'indicateurs de performance financière et le renforcement de la transparence budgétaire.
Un maillon de la digitalisation des finances publiques
Les autorités estiment que l'Obfiloc répond aux exigences du Code de transparence dans les finances publiques en facilitant la diffusion des informations financières auprès du public.
L'Obfiloc s'inscrit dans un chantier plus large de transformation numérique de l'administration financière. La plateforme vient compléter les dispositifs existants, notamment le système Gfiloc, tandis qu'une future application, Koom Com, doit contribuer à digitaliser l'assiette et le recouvrement des taxes et impôts locaux.
L'objectif, à terme, est de constituer un écosystème numérique permettant une meilleure circulation des données financières entre l'État et les collectivités territoriales.
Pour les autorités, cette interconnexion doit faciliter le suivi des finances locales et renforcer la capacité des pouvoirs publics à identifier les difficultés, comparer les performances et orienter les politiques publiques.
La Banque mondiale salue une réforme structurante
Les partenaires techniques et financiers voient dans cette réforme un outil susceptible de renforcer la gouvernance locale. S'exprimant au nom des partenaires techniques et financiers, Pierre Bonneau, responsable des opérations de la Banque mondiale au Sénégal, a qualifié l'Obfiloc de « réponse concrète » aux défis de la gouvernance locale.
L'Obfiloc doit notamment offrir une vision consolidée des recettes fiscales et non fiscales, des dépenses de fonctionnement et d'investissement ainsi que de la situation budgétaire des collectivités.
L'appui de la Banque mondiale, notamment à travers le Programme d'appui aux communes et agglomérations du Sénégal (Pacasen), a également porté sur le renforcement des systèmes d'information, de gestion et de contrôle.
Selon les données avancées lors du lancement, 94 % des collectivités urbaines bénéficiaires du Pacasen satisfont désormais aux conditions minimales de gestion financière.
Le défi de la fiabilité des données
Le lancement de l'Obfiloc ouvre toutefois un nouveau chantier, moins visible mais déterminant : celui de la qualité et de la régularité des données.
Les autorités identifient trois conditions pour assurer le succès de la plateforme : son appropriation par les élus et les comptables publics, l'alimentation régulière du système avec des données fiables et l'utilisation effective des informations produites dans la prise de décision.
Autrement dit, la performance de l'Obfiloc dépendra moins de la plateforme elle-même que de la qualité des données qui l'alimenteront et de la capacité des acteurs à les utiliser.
Une ambition nationale et régionale
Le Sénégal entend désormais faire de l'Obfiloc le référentiel national des finances locales et, à terme, une référence à l'échelle de l'UEMOA en matière de gouvernance financière territoriale.
Cette ambition s'inscrit dans la perspective de la Vision Sénégal 2050, qui place la modernisation de l'action publique et l'amélioration de la gouvernance parmi ses priorités.
Avec l'Obfiloc, le Sénégal veut ainsi franchir une nouvelle étape dans la gestion de ses finances locales : passer d'une logique de collecte et de suivi des données à un véritable pilotage fondé sur l'information financière et la performance.
Bassirou MBAYE

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