Forum économique Afrique-Portugal : Ce que proposent deux acteurs du secteur privé africain

Vendredi 23 Octobre 2026

Malgré l'importance de ses ressources et de ses perspectives de croissance, l'Afrique reste confrontée au défi de transformer son potentiel économique en investissements productifs et durables.


Forum économique Afrique-Portugal : Ce que proposent deux acteurs du secteur privé africain
Selon un communiqué de presse, réunis à Porto, au Portugal, les 8 et 9 octobre 2026, à l'occasion du Forum économique Afrique-Portugal (Fogeca), des acteurs du secteur privé africain ont défendu une approche de l'investissement davantage tournée vers la structuration des filières, la création d'emplois et les retombées économiques locales.
 
L'Afrique, ajoute la même source, dispose d'importants besoins d'investissement, notamment dans les infrastructures, l'industrie et les services essentiels. Selon le rapport Dynamiques du développement en Afrique 2025 de l'Ocde et de l'Union africaine, les besoins annuels d'investissement dans les infrastructures du continent sont estimés à 155 milliards de dollars, alors que les financements privés ne représentent qu'environ 11 % des investissements dans ce secteur. Un écart qui souligne la nécessité de mobiliser davantage de capitaux privés, mais également de développer des projets capables de générer des retombées économiques durables.
 
Au-delà de la mobilisation des financements, note le communiqué, l'enjeu réside dans leur capacité à stimuler l'activité économique, à renforcer les entreprises locales et à favoriser l'émergence de nouvelles chaînes de valeur. Présente au Fogeca, Habyba Thiero, directrice générale de Mopat et dirigeante d'Africa Currency Network (Acn), a défendu une vision intégrée du développement économique : « Au lieu de penser simplement le développement d'infrastructures, on pense à tout l'écosystème qui permet à cette infrastructure-là de développer effectivement le territoire », a-t-elle expliqué. Cette approche consiste à envisager les investissements au-delà de leur seule dimension financière, en intégrant les enjeux de formation, de développement entrepreneurial et de participation des acteurs locaux. L'objectif est de faire des projets structurants de véritables moteurs de croissance pour les territoires qui les accueillent.
 
Pour l'entrepreneur et investisseur sénégalais Mouhamad Rassoul Dieng, cofondateur de Mopat, les besoins essentiels du continent représentent autant d'opportunités pour développer des activités économiques structurantes. Il a expliqué que cette vision repose sur l'identification de secteurs à fort potentiel, capables de répondre à la demande locale tout en favorisant l'émergence d'entreprises africaines compétitives. Dans cette perspective, la réussite d'un investissement ne se limite pas aux capitaux mobilisés ou aux infrastructures réalisées. Elle repose également sur sa capacité à développer des compétences, à intégrer les entreprises locales dans les chaînes de valeur et à générer une activité économique pérenne.
 
Les échanges du Fogeca ont ainsi mis en lumière un enjeu central pour les économies africaines : passer d'une logique d'attractivité des investissements à une véritable stratégie de création de valeur sur les territoires. Une ambition qui suppose de renforcer les partenariats entre investisseurs, entrepreneurs et acteurs institutionnels, afin que le potentiel économique du continent se traduise concrètement en croissance et en développement durable.
 
 Adou Faye 
Actu-Economie

La rédaction

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