Au cœur du sommet, les Ministerial Compact Roundtables ont permis à des responsables politiques et techniques de premier plan d’identifier des mécanismes concrets pour financer et déployer des infrastructures nucléaires dans les pays africains qui souhaitent intégrer cette technologie à leur mix énergétique.
L’intégration régionale comme fondement
Jimmy Gasore, ministre rwandais des infrastructures, a insisté sur la nécessité d’une approche collective face aux coûts élevés et aux exigences réglementaires des programmes nucléaires. Pour lui, l’intégration régionale constitue le principal levier financier.
S’appuyant sur la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), il a rappelé que le continent représente un marché unifié de 1,4 milliard de personnes et plus de 3 000 milliards de dollars de Produit intérieur brut (Pib). « Pour nous, en Afrique, la coopération n’est pas une option, mais une nécessité », a-t-il déclaré, appelant à l’harmonisation des cadres réglementaires et à une planification coordonnée des investissements.
Robert Lisinge, directeur à la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (Cea), a renforcé cet appel en soulignant que l’énergie nucléaire doit être intégrée au Programme de développement des infrastructures en Afrique (Pida) afin de s’inscrire pleinement dans les objectifs de croissance continentaux.
Il a également mis l’accent sur l’importance du capital humain. Selon lui, la formation et le développement d’expertise locale doivent progresser au même rythme que les infrastructures, afin d’assurer l’autonomie technique des pays engagés dans cette voie.
Un cadre financier en construction
La session consacrée au financement a été synthétisée par Yohannes G. Hailu, économiste à la Cea. Il a résumé l’enjeu central du débat en rappelant que les Etats doivent évaluer non seulement le coût d’investissement du nucléaire, mais aussi « le coût de l’inaction » face aux déficits énergétiques persistants.
Plusieurs pistes structurantes ont été évoquées. Il s’agit notamment du développement conjoint de projets nucléaires entre pays voisins afin de partager les capitaux et les risques ; de la création de fonds nationaux et régionaux capables de mobiliser l’épargne locale, notamment les fonds de pension et les caisses de sécurité sociale ; des réformes des marchés de l’électricité pour garantir la viabilité financière des projets et attirer les financements multilatéraux.
Une avancée notable a également été soulignée : l’inclusion d’une représentation africaine au sein du panel consultatif chargé d’élaborer un Guide mondial sur le financement du nucléaire.
Un soutien international confirmé
L’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea) a réaffirmé son engagement aux côtés des pays africains. Gashaw Gebeyehu Wolde a assuré que l’agence poursuivra son accompagnement à travers son approche par jalons et ses programmes de renforcement des capacités.
A l’issue du NEISA 2026, le message est clair : le nucléaire africain entre dans une phase de structuration active. Entre intégration régionale, innovation financière et montée en compétences locales, le continent entend désormais passer de l’ambition à l’action.
Bassirou MBAYE
L’intégration régionale comme fondement
Jimmy Gasore, ministre rwandais des infrastructures, a insisté sur la nécessité d’une approche collective face aux coûts élevés et aux exigences réglementaires des programmes nucléaires. Pour lui, l’intégration régionale constitue le principal levier financier.
S’appuyant sur la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), il a rappelé que le continent représente un marché unifié de 1,4 milliard de personnes et plus de 3 000 milliards de dollars de Produit intérieur brut (Pib). « Pour nous, en Afrique, la coopération n’est pas une option, mais une nécessité », a-t-il déclaré, appelant à l’harmonisation des cadres réglementaires et à une planification coordonnée des investissements.
Robert Lisinge, directeur à la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (Cea), a renforcé cet appel en soulignant que l’énergie nucléaire doit être intégrée au Programme de développement des infrastructures en Afrique (Pida) afin de s’inscrire pleinement dans les objectifs de croissance continentaux.
Il a également mis l’accent sur l’importance du capital humain. Selon lui, la formation et le développement d’expertise locale doivent progresser au même rythme que les infrastructures, afin d’assurer l’autonomie technique des pays engagés dans cette voie.
Un cadre financier en construction
La session consacrée au financement a été synthétisée par Yohannes G. Hailu, économiste à la Cea. Il a résumé l’enjeu central du débat en rappelant que les Etats doivent évaluer non seulement le coût d’investissement du nucléaire, mais aussi « le coût de l’inaction » face aux déficits énergétiques persistants.
Plusieurs pistes structurantes ont été évoquées. Il s’agit notamment du développement conjoint de projets nucléaires entre pays voisins afin de partager les capitaux et les risques ; de la création de fonds nationaux et régionaux capables de mobiliser l’épargne locale, notamment les fonds de pension et les caisses de sécurité sociale ; des réformes des marchés de l’électricité pour garantir la viabilité financière des projets et attirer les financements multilatéraux.
Une avancée notable a également été soulignée : l’inclusion d’une représentation africaine au sein du panel consultatif chargé d’élaborer un Guide mondial sur le financement du nucléaire.
Un soutien international confirmé
L’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea) a réaffirmé son engagement aux côtés des pays africains. Gashaw Gebeyehu Wolde a assuré que l’agence poursuivra son accompagnement à travers son approche par jalons et ses programmes de renforcement des capacités.
A l’issue du NEISA 2026, le message est clair : le nucléaire africain entre dans une phase de structuration active. Entre intégration régionale, innovation financière et montée en compétences locales, le continent entend désormais passer de l’ambition à l’action.
Bassirou MBAYE

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