Le secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (Cea) a insisté sur la nécessité de considérer l’eau non seulement comme un besoin fondamental, mais aussi comme une infrastructure économique essentielle. « L’eau, c’est la vie. Mais l’eau est aussi une infrastructure économique », a-t-il affirmé.
La rencontre, organisée sous le thème « Inverser la tendance : actions transformatrices et coordonnées en faveur du Programme 2030 et de l’Agenda 2063 », a réuni des décideurs politiques, des partenaires au développement, des acteurs de la société civile et du secteur privé.
Pour Claver Gatete, des avancées notables ont été enregistrées depuis 2015. A l’en croire, près de 300 millions d’africains ont désormais accès à l’eau potable et environ 190 millions à des services d’assainissement de base. Toutefois, ces progrès restent insuffisants face à l’ampleur des besoins.
D’après la Cea, seuls 40% des africains bénéficient d’un accès à une eau gérée en toute sécurité, et à peine 30% à des services d’assainissement adéquats. « Plus de 200 millions de personnes pratiquent encore la défécation à l’air libre, avec des conséquences majeures sur la santé publique et la dignité humaine », fait savoir la Cea.
L’eau, un enjeu économique et stratégique
Au-delà des enjeux sociaux, l’insécurité hydrique constitue désormais un risque systémique pour les économies africaines. Elle affecte directement les systèmes alimentaires, la production énergétique, l’industrialisation, le développement urbain et la stabilité sociale.
« L’avenir industriel de l’Afrique repose sur la sécurisation de ses ressources en eau », a souligné Claver Gatete, rappelant que des secteurs clés comme l’hydroélectricité, l’agro-industrie, l’exploitation minière ou encore la production d’hydrogène vert dépendent d’un approvisionnement fiable.
L’urbanisation rapide aggrave la situation, avec des villes qui s’étendent plus vite que les infrastructures d’eau et d’assainissement. Les quartiers informels sont particulièrement vulnérables, exposant des millions de personnes à des risques sanitaires accrus.
Le changement climatique accentue ces pressions, avec des sécheresses plus fréquentes, des inondations et une variabilité hydrologique croissante. Les écosystèmes d’eau douce se dégradent, tandis que les eaux usées restent largement non traitées.
Un déficit de financement à combler
Pour atteindre la sécurité hydrique universelle, l’Afrique a besoin d’environ 64 milliards de dollars par an, d’après la Cea. « Un objectif encore loin d’être atteint, faute d’investissements suffisants », renseigne l’organe des Nations unies.
Face à ce défi, Claver Gatete a appelé à une mobilisation accrue des ressources, notamment à travers des financements innovants, des obligations vertes et bleues, ainsi que des partenariats public-privé.
Plusieurs intervenants ont également souligné l’importance d’une action coordonnée. Moses Vilakati, commissaire de l’Union africaine, a rappelé que l’eau devait devenir une priorité nationale, essentielle à la santé, à la sécurité alimentaire et à la croissance économique.
De son côté, Christopher Mutasa, représentant de la Banque africaine de développement, a plaidé pour un renforcement des partenariats public-privé afin d’améliorer les infrastructures hydrauliques.
Des responsables locaux et gouvernementaux, notamment d’Afrique du Sud, d’Ouganda et de Somalie, ont également partagé leurs expériences et appelé à une meilleure coopération, notamment sur les bassins transfrontaliers.
Claver Gatete a, enfin, insisté sur l’urgence d’agir collectivement : « Ce n’est pas le moment d’agir isolément. L’eau est essentielle à nos économies, à nos villes et à nos sociétés. »
Bassirou MBAYE
La rencontre, organisée sous le thème « Inverser la tendance : actions transformatrices et coordonnées en faveur du Programme 2030 et de l’Agenda 2063 », a réuni des décideurs politiques, des partenaires au développement, des acteurs de la société civile et du secteur privé.
Pour Claver Gatete, des avancées notables ont été enregistrées depuis 2015. A l’en croire, près de 300 millions d’africains ont désormais accès à l’eau potable et environ 190 millions à des services d’assainissement de base. Toutefois, ces progrès restent insuffisants face à l’ampleur des besoins.
D’après la Cea, seuls 40% des africains bénéficient d’un accès à une eau gérée en toute sécurité, et à peine 30% à des services d’assainissement adéquats. « Plus de 200 millions de personnes pratiquent encore la défécation à l’air libre, avec des conséquences majeures sur la santé publique et la dignité humaine », fait savoir la Cea.
L’eau, un enjeu économique et stratégique
Au-delà des enjeux sociaux, l’insécurité hydrique constitue désormais un risque systémique pour les économies africaines. Elle affecte directement les systèmes alimentaires, la production énergétique, l’industrialisation, le développement urbain et la stabilité sociale.
« L’avenir industriel de l’Afrique repose sur la sécurisation de ses ressources en eau », a souligné Claver Gatete, rappelant que des secteurs clés comme l’hydroélectricité, l’agro-industrie, l’exploitation minière ou encore la production d’hydrogène vert dépendent d’un approvisionnement fiable.
L’urbanisation rapide aggrave la situation, avec des villes qui s’étendent plus vite que les infrastructures d’eau et d’assainissement. Les quartiers informels sont particulièrement vulnérables, exposant des millions de personnes à des risques sanitaires accrus.
Le changement climatique accentue ces pressions, avec des sécheresses plus fréquentes, des inondations et une variabilité hydrologique croissante. Les écosystèmes d’eau douce se dégradent, tandis que les eaux usées restent largement non traitées.
Un déficit de financement à combler
Pour atteindre la sécurité hydrique universelle, l’Afrique a besoin d’environ 64 milliards de dollars par an, d’après la Cea. « Un objectif encore loin d’être atteint, faute d’investissements suffisants », renseigne l’organe des Nations unies.
Face à ce défi, Claver Gatete a appelé à une mobilisation accrue des ressources, notamment à travers des financements innovants, des obligations vertes et bleues, ainsi que des partenariats public-privé.
Plusieurs intervenants ont également souligné l’importance d’une action coordonnée. Moses Vilakati, commissaire de l’Union africaine, a rappelé que l’eau devait devenir une priorité nationale, essentielle à la santé, à la sécurité alimentaire et à la croissance économique.
De son côté, Christopher Mutasa, représentant de la Banque africaine de développement, a plaidé pour un renforcement des partenariats public-privé afin d’améliorer les infrastructures hydrauliques.
Des responsables locaux et gouvernementaux, notamment d’Afrique du Sud, d’Ouganda et de Somalie, ont également partagé leurs expériences et appelé à une meilleure coopération, notamment sur les bassins transfrontaliers.
Claver Gatete a, enfin, insisté sur l’urgence d’agir collectivement : « Ce n’est pas le moment d’agir isolément. L’eau est essentielle à nos économies, à nos villes et à nos sociétés. »
Bassirou MBAYE


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