Seulement un tiers des eaux usées traité
Le traitement des eaux usées constitue l’un des points faibles de la gestion de l’eau sur le continent. Seul environ un tiers des eaux usées domestiques est traité en toute sécurité à l’échelle africaine. Plus préoccupant encore, certaines sous-régions enregistrent une tendance à la baisse.
Cette situation met en évidence l’ampleur des investissements encore nécessaires dans les infrastructures de collecte, de traitement et de réutilisation des eaux usées. Elle pose également des enjeux importants en matière de santé publique, d’environnement et de préservation des ressources hydriques.
Une efficacité encore très éloignée de la moyenne mondiale
L’utilisation efficace des ressources en eau s’est certes améliorée, mais à un rythme encore insuffisant. Elle est passée d’environ 8,8 dollars par mètre cube en 2015 à 9,8 dollars en 2022.
Malgré cette progression, l’Afrique reste très loin de la moyenne mondiale, qui dépasse 21,5 dollars par mètre cube. Cet écart traduit une faible capacité du continent à générer de la valeur économique à partir de chaque unité d’eau utilisée, alors même que les besoins en eau augmentent sous l’effet de la croissance démographique, de l’urbanisation et des activités économiques.
Le financement, principal obstacle
Le déficit de financement constitue l’un des principaux freins à l’amélioration de la gestion de l’eau et de l’assainissement. Alors que plusieurs pays africains déclarent enregistrer des niveaux élevés de mise en œuvre de la gestion intégrée des ressources en eau, les moyens financiers disponibles restent insuffisants pour transformer ces engagements en réalisations concrètes.
L’aide publique au développement consacrée à l’eau et à l’assainissement a ainsi diminué après avoir atteint un sommet en 2019, pour s’établir à environ 3,3 milliards de dollars en 2023.
Une accélération indispensable pour atteindre l’ODD 6
Le constat dressé par le rapport est sans équivoque : le rythme actuel des progrès ne permettra pas de réaliser l’ensemble des objectifs de l’ODD 6, consacré à l’accès universel à l’eau potable, à l’assainissement et à une gestion durable des ressources en eau.
L’Afrique devra donc accélérer les investissements dans les infrastructures hydrauliques et l’assainissement, améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau et renforcer les mécanismes de financement.
Au-delà de l’enjeu environnemental, la gestion de l’eau apparaît ainsi comme une question économique et stratégique, directement liée à la productivité, à la santé des populations, à l’agriculture, à l’industrie et à la résilience des économies africaines face aux changements climatiques.
Bassirou MBAYE
Le traitement des eaux usées constitue l’un des points faibles de la gestion de l’eau sur le continent. Seul environ un tiers des eaux usées domestiques est traité en toute sécurité à l’échelle africaine. Plus préoccupant encore, certaines sous-régions enregistrent une tendance à la baisse.
Cette situation met en évidence l’ampleur des investissements encore nécessaires dans les infrastructures de collecte, de traitement et de réutilisation des eaux usées. Elle pose également des enjeux importants en matière de santé publique, d’environnement et de préservation des ressources hydriques.
Une efficacité encore très éloignée de la moyenne mondiale
L’utilisation efficace des ressources en eau s’est certes améliorée, mais à un rythme encore insuffisant. Elle est passée d’environ 8,8 dollars par mètre cube en 2015 à 9,8 dollars en 2022.
Malgré cette progression, l’Afrique reste très loin de la moyenne mondiale, qui dépasse 21,5 dollars par mètre cube. Cet écart traduit une faible capacité du continent à générer de la valeur économique à partir de chaque unité d’eau utilisée, alors même que les besoins en eau augmentent sous l’effet de la croissance démographique, de l’urbanisation et des activités économiques.
Le financement, principal obstacle
Le déficit de financement constitue l’un des principaux freins à l’amélioration de la gestion de l’eau et de l’assainissement. Alors que plusieurs pays africains déclarent enregistrer des niveaux élevés de mise en œuvre de la gestion intégrée des ressources en eau, les moyens financiers disponibles restent insuffisants pour transformer ces engagements en réalisations concrètes.
L’aide publique au développement consacrée à l’eau et à l’assainissement a ainsi diminué après avoir atteint un sommet en 2019, pour s’établir à environ 3,3 milliards de dollars en 2023.
Une accélération indispensable pour atteindre l’ODD 6
Le constat dressé par le rapport est sans équivoque : le rythme actuel des progrès ne permettra pas de réaliser l’ensemble des objectifs de l’ODD 6, consacré à l’accès universel à l’eau potable, à l’assainissement et à une gestion durable des ressources en eau.
L’Afrique devra donc accélérer les investissements dans les infrastructures hydrauliques et l’assainissement, améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau et renforcer les mécanismes de financement.
Au-delà de l’enjeu environnemental, la gestion de l’eau apparaît ainsi comme une question économique et stratégique, directement liée à la productivité, à la santé des populations, à l’agriculture, à l’industrie et à la résilience des économies africaines face aux changements climatiques.
Bassirou MBAYE

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