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Afrique du Sud: « Le modèle d’affaire d’African Bank Investment Limited ne pouvait pas survivre »

Lundi 18 Août 2014

De l’avis de Jean Pierre Verster, le secours de la banque centrale a été bien perçu, mais il y a une nécessité à revoir le modèle d’affaire qui était celui d’ABIL.


Afrique du Sud: « Le modèle d’affaire d’African Bank Investment Limited ne pouvait pas survivre »
Agence Ecofin : On a récemment appris que la banque centrale sud-africaine (SARB) a décidé de venir en aide à African Bank Investment Limited en difficulté, quelles sont les mesures qui ont été exactement prises ?
Jean Pierre Verster : Comme vous le savez, la banque centrale a décidé de placer la banque sous curatelle.  Un groupe d’investisseurs privés composé d’entreprises comme Absa BankCapitecFirstrandInvestec,NedbankStandard Bank ou encore Public Investment Corp ont accepté de souscrire à une augmentation de capital de 10 milliards de rands. Les déposants ont reçu la garantie que leurs comptes sont en sécurité et qu’ils peuvent y retirer de l’argent à tout moment. Selon Gill Marcus (gouverneur de la Banque centrale), les prêts productifs et les actifs positifs seront transférés dans la « Bonne Banque ». Le Curateur donnera le temps à ABIL de se faire un plan de restructuration et de présenter un business viable.
AE : Quel sera la position de la Banque par rapport au Johannesburg Stock Exchange (JSE) et aux autres parties prenantes comme les actionnaires et les détenteurs de titre de créance à son encontre ?
JPV : Pour ce qui est de la situation sur le JSE d’African Bank, le gouverneur de la SARB a indiqué que cela devrait faire l’objet de discussion entre le gouverneur et le curateur. Il a été retenu que la « Bonne Banque » sera restructurée et introduite en bourse. Toujours dans le cadre de la bonne banque, il y aura des aménagements concernant les déposants, les créanciers divers et les détenteurs de titres, selon les formules suivantes: les déposants et les créanciers divers seront reversés dans la bonne banque entièrement. Les détenteurs d’instruments (actions ou obligations) seront reversés dans la bonne banque pour 90% de la valeur de restructuration. Le taux d’intérêt sera adossé sur cette nouvelle valeur faciale. Les actionnaires restants et les créanciers non privilégiés se verront offrir la possibilité de participer à la « Bonne Banque ».
AE : Il y a eu des discussions à propos de ceux qui ont investi dans la banque à travers les fonds d’investissement comme Coronation  Fund. Avec la perte de 90% de la valeur boursière d’African Bank quel est le sort de ceux-ci ?
JPV : Les fonds d’investissement comme Coronation Fund ont pour la plupart ramené l’ensemble de leurs actifs au sein d’African Investment Bank à zero.
AE : Pensez-vous que les différentes mesures prises soient suffisantes pour sauver la banque malgré un modèle d’affaire critiqué ?
JPV : La « Bonne Banque » le sera probablement, mais la « mauvaise banque »posera plus de difficultés. C’est la raison pour laquelle le régulateur est sur ce dossier. Je pense pour ma part que l’ancien modèle d’affaire ne survivra pas et que le cahier des prêts va se rétrécir un peu. Désormais il faudra s’assurer de ne plus prêter autant d’argent à des personnes qui ne peuvent pas rembourser.
AE : Quel sera le sort des détenteurs de titres obligataires, beaucoup les estiment en sécurité ?
JPV : Les détenteurs de titres obligataires seniors  peuvent se consoler de ce que la restructuration n’aura écorché que 10% de la valeur de leurs titres, et que leur dette sera servie par la « Bonne Banque » actuellement en construction. Toutefois il existe un risque, celui de voir la bonne banque ne pas réaliser les performances qu’on en attend. Une telle situation  pourrait entraîner d’autres complications dans le futur.
AE : De nombreux observateurs estiment que la crise est contenue et que le risque de contagion à l’ensemble du système financier sud-africain était faible, quel est votre avis sur ce point précis ?
JPV : Je pense personnellement que cela aura quelques conséquences. Déjà cela va mordre un peu sur la confiance, notamment des investisseurs qui ont perdu de l’argent dans les fonds de marché monétaire. En principe cela ne devrait pas arriver et cela pose problème. Cela devrait aussi impacter sur la crédibilité de la signature sud-africaine à l’international. Des entreprises locales comme BMW et Toyota Afrique du sud, ont repoussé leurs projets d’emprunts internationaux à plus tard.
AE : Quelle dernier avis donnerez-vous aux investisseurs et quelle leçon tirer de ce qui arrive chez ABIL ?
JPV : Nous conseillons à nos clients d’être prudents et de bien évaluer et comprendre les différences et les similarités entre les acteurs du marché. Pour ce qui est de la leçon apprise, je dirais simplement que les modèles d’affaire de ce type ne survivent pas.
Ecofin
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